CE QUE SUSIE PENSE DE NOTRE SHOW...

Notre bloggeuse préférée - Susie Bubble - était à la Cité du Cinéma dimanche matin et elle nous a donné ses impressions sur le show en exclusivité pour vous !

 

"Après plusieurs collections à explorer le passé de Kenzo Takada, c’est dans leurs propres racines américaines qu’Humberto Leon et Carol Lim sont allés puiser leur inspiration pour la collection printemps-été 2014 de Kenzo. Et plus précisément en Californie, dont ils sont originaires tous les deux. Certes, la mode a déjà surexploité l’océan. Mais c’est de l’océan Pacifique, de son immensité et de sa vie marine que Leon et Lim se sont nourris pour transformer la Cité du Cinéma de Saint-Denis en vibrant et spectaculaire monde sous-marin. 

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Dangereusement alignées le long du podium, plusieurs centaines d’enceintes remplies d’eau et éclairées en bleu et blanc se mettent à marteler une ligne de basse signée du groupe parisien The Aikiu. Une bande son capable de tirer tout à fait de sa torpeur le public encore somnolent.


Au fond du runway, derrière un impressionnant mur aquatique façon cascade qui peut donner au parterre d’invités l’impression de se trouver sous la mer, apparaissent les mannequins, un à un. Non pas comme ces sirènes ou autres créatures marines diaphanes, ultra-clichés, qui inondent les podiums quand les créateurs jouent l’inspiration marine, mais tout simplement comme des femmes imprégnées de la culture plage californienne, capables de fusionner look décontracté et style soigné. Car Lim et Leon ont opté pour l’esprit tailleur. L’essence littéralement « smart casual » de la collection prend la forme de pantalons courts et de vestes à empiècements noirs, de blousons en cuir découpés au laser avec soufflets dans le dos ouvrant sur des débardeurs, de shorts et de jupes à zips multiples. Les tops cropés finis dans des découpes ondulées forment le clin d’œil le plus littéral aux vagues marines, mais les matières « mouillées » à l’aspect miroitant tissent une référence plus subtile encore à la puissance de l’océan. Tout est vif et décontracté, bref : Cali-Kool. Ou doit-on écrire Kali-Cool ?
 

La plongée de Kenzo dans l’univers marin n’est pas innocente : la maison a noué un partenariat avec l’ONG Blue Marine Foundation, dédiée à la conservation des ressources marines. Et pour apporter un soutien financier à l’association, Kenzo lance une ligne de pulls et de tee-shirts pour homme et pour femme. Le message de Blue Marine Foundation est relayé par la collection, puisque le sweatshirt logo présent sur tous les défilés Kenzo est cette saison frappé du slogan « No Fish No Nothing ». Un bestseller à n’en pas douter, d’autant qu’il soutient une bonne cause. Quant à l’implication militante de la marque imaginée par Lim et Leon, elle constitue un véritable tournant par rapport aux collaborations habituelles des défilés.
 

 

Les imprimés aquatiques, dessinés à la main et présents dans toute la collection, sont délibérément griffonnés, chaotiques, pour attirer l’attention sur les problèmes de la pêche intensive et de la pollution. C’est d’ailleurs en rouge que les motifs apparaissent à la fin du défilé, illustrant le fait que si nous ne réagissons pas, nous aurons littéralement du sang sur les mains. D’un point de vue esthétique, les griffonnages sont agréables à l’œil, comme sur cette veste droite en toile denim où ils apparaissent en panneaux, dans différentes teintes de bleu.
 

Côté accessoires, le sac Kalifornia – fusion du K de Kenzo et des racines californiennes de Lim et Leon – est l’objet phare du défilé, décliné dans différentes teintes de bleu, de vert, et dans plusieurs textures évoquant la mer. De gros colliers en spirale rappellent les antivols pour vélos que l’on doit trouver à Venice Beach. Mais ce sont surtout les tennis maison qui ont retenu mon attention. Après la collaboration de Kenzo avec Vans, on attendait que la griffe propose enfin ses propres chaussures de sport. Elles apparaissent comme la parfaite alternative aux talons rectangulaires à grille métallique qui ponctuent la collection.
 

Au-delà de la mise en scène aquatique, c’est le brio avec lequel Lim et Leon ont réussi à élargir le langage stylistique de Kenzo qui m’a le plus impressionnée. Le confort du sportswear demeure ancré dans leur travail, mais ces deux-là ne se reposent pas sur leurs lauriers et donnent toujours davantage d’eux-mêmes au Kenzo new generation. À la fin du défilé, alors que, flou mirage, les mannequins reprennent place derrière le rideau d’eau, nous sommes invités à venir les voir de plus près – petit supplément au forfait également adopté par d’autres créateurs. Sur le podium, les enceintes remplies d’eau continuent à battre au rythme de la musique,  marquant le pouls de cette nouvelle vie que Lim et Leon ont su insuffler à la maison".

 

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