"Une expérience cinématographique totale" par ALICE CAVANAGH - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

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Chez KENZO, Carol et Humberto ont fondé leur vision contemporaine sur l’alliance entre précision technique et silhouettes inattendues. Ainsi se poursuit cette saison le mash-up multiculturel unique du duo, grâce au mariage de leurs racines américaines et du savoir-faire de la maison parisienne dans la coupe et la confection du vêtement. 

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Pour la collection printemps-été 2014, ils se sont inspirés de leurs racines californiennes et de son éternelle ambiance estivale : le ciel bleu de la Côte Ouest, la plage à perte de vue, l’océan Pacifique sans fin… Et le sens du style relax des locaux. Les jupes frôlent les cuisses, les crop tops et l’oversize sont à l’honneur, créant un chic à la fois casual et confortable. Les crop pants, incontournables de cette saison, s’arrêtent aux genoux, pour donner une plus grande liberté de mouvement et laisser circuler l’air frais marin. Vestes et robes sont tout aussi aérées, le genre de détail qui prouve que cette collection, ce n’est pas que du plaisir pour les yeux. Les tissus se gonflent, les ceintures sur les robes ou les pantalons sanglent les vêtements et donnent du volume aux épaisseurs déjà présentes. 

De telles innovations apparaissent non seulement dans la coupe du vêtement, mais aussi dans l’exploration du motif de la vague, la pierre angulaire de toute cette collection. La vague est le leitmotiv qui sous-tend toute la collection. Elle prend de multiples formes : les ourlets figurent le ressac clapotant contre la taille, le tibia et les cuisses des mannequins, elle apparaît sur les doublures, produisant sur certaines robes ou tops un effet patchwork qui donne l’impression que les tissus se fondent l’un dans l’autre. C’est aussi un imprimé, une illustration griffonnée à la main qui reproduit le flux et le reflux. La vague parfaite en ligne de mire…

 

Carol et Humberto ont puisé leur inspiration dans le monde fantasque de David Lynch pour leurs deux dernières collections (hommes et pré-collection automne) et leur engouement pour son travail a atteint un nouveau sommet aujourd’hui avec la présentation de leur collection femme automne-hiver 2014 à Paris. Pour le final grandiose de cette trilogie cinématographique, le duo s’est associé au réalisateur mythique : Lynch, qui a composé la musique du défilé, imaginé toute une ambiance et élaboré la scénographie, qui incluait de façon théâtrale une sculpture géante au bout du podium. « On avait depuis longtemps prévu de collaborer avec lui pour le final », nous a confié Humberto avec enthousiasme après le défilé. 


 

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L’empreinte de Lynch se donnait à voir partout et tout le temps : l’ambiance clandestine du lieu tendu de noir, la configuration du podium semblable à un labyrinthe, le rythme de la batterie martelant la musique… Même le popcorn au caramel servi aux invités semblait être un clin d’œil à son obsession pour l’Amérique. « Tout a été conçu par lui », a déclaré Humberto. « Les miroirs, la configuration du podium, même la façon de marcher des filles… tout devait donner l’impression qu’elles étaient en train de se perdre. »


 

Bien que l’œuvre de Lynch soit considérable et variée, ce défilé marque sa première incursion dans le milieu des défilés de mode. « Il n’avait jamais travaillé sur un défilé, donc je crois que le processus l’intriguait », a expliqué Carol.


 

Quant aux vêtements, le duo a entrepris de créer une collection “à travers le regard de David Lynch”, une garde-robe pour l’héroïne lynchéenne moderne. Comme toujours chez Kenzo, les imprimés sont le point fort de cette collection, et les silhouettes sont comme jamais auparavant mises à l’honneur. Les volumes sont exagérés et contrastés pour créer un effet dramatique : les jupes de patineuses volumineuses se portent sur les looks ajustés, les tops péplum sont près du corps et les tailleurs pantalons matelassés surprennent par leur épaisseur. Les apparences sont trompeuses.


Les « créatures outils » que l’on avait déjà vues déjà dans la collection homme automne-hiver 2014 ont fait leur retour. D’autres imprimés sont directement inspirés de l’univers de Lynch : des chaines de montagne se reflétant dans des miroirs brisés se détachent sur du jaune citron et un motif à chevron poussé à l’extrême en devient presque psychédélique.

 

Au premier rang, Leigh Lezark, Jessica Alba et Mademoiselle Yulia, habituées des défilés Kenzo, faisaient déjà leur shopping, et il est fort probable que les pochettes portant l’inscription « Forever, no ? » figureront sur leurs wishlists ! Bien que Lynch ne pût être présent, une autre personnalité lumineuse était là : le fondateur de la marque - M. Kenzo Takada - a fait acte de présence pour montrer son soutien sans faille à la nouvelle équipe. « Lorsque nous préparons notre collection, c’est à lui que nous pensons. Nous sommes donc ravis de voir son enthousiasme pour ce que nous faisons », a commenté Humberto backstage.

« Ce matin, le froid parisien n’a pas empêché les invités de se presser au défilé, quitte à patienter à l’extérieur en se réchauffant avec un mug de café siglé Kenzo. À l’intérieur, un parterre central de maisons de bois avec des toits en tôle ondulée plante un décor industriel décoré de signalisations urbaines.

 

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Continuant à montrer leur attachement à la culture américaine, Carol et Humberto regardent, cette saison, vers le Nord de la côte pacifique et soulignent la culture ouvrière et industrielle de cette région aux paysages époustouflants. L’homme de la collection automne-hiver 2014-2015 KENZO travaille dur mais soigne son élégance. Sa garde-robe est composée de costumes classiques, de pulls confortables, de vestes courtes et de larges cabans. Les incontournables et imposantes bottes de sécurité lui donnent l’allure d’un ouvrier urbain, s’il en est.

Humberto confie à l’issue du défilé : « Nous avons voulu rendre hommage au visage industriel des États-Unis. Tout y est fonctionnel : l’idée que le vêtement est conçu pour une certaine fonction est très répandue. Nous avons donc voulu explorer cette fonctionnalité et montrer que ces objets du quotidien ont aussi leur part de beauté et d’élégance. »
Cette collection se démarque de l’ordinaire, et révèle, dans le plus pur style KENZO, un parti-pris détourné de la culture traditionnelle. Le plaid, étoffe très courante, est revisité avec un imprimé façon néon, quadrillage luminescent tels des tubes électriques. Les « tools creatures », pièces mécaniques présentes dans toutes les boîtes à outils d’ouvrier - écrous, boulons ou encore clous - sont repris dans les motifs en imprimé ou sous la forme de bijoux. Les pulls à torsades, basiques des chantiers du Northwest américain, sont plastifiés et proposés dans une couleur citron vert acidulé qui évoque le fluo des gilets de sécurité.

 

À l’exception de cette teinte plus que saturée en pigments, la palette de la collection est principalement constituée de tons plus minéraux : bruns intenses café expresso ou chocolat, bleus profonds, gris, noir charbon et pour secouer légèrement la collection, des injections lilas. « Notre point de départ, c’étaient les tons bruns » déclare Humberto. « C’est une couleur qui crée chez nous un sentiment d'attraction/répulsion et je voulais vraiment m’en emparer pour l’élégance et la beauté qu’elle dégage. » 

L’imprimé paysage présent sur quelques pièces de la fin du défilé, tranche tout en délicatesse avec ce nuancier de couleurs. Scènes bucoliques campée d'une rivière, silhouette d’une chaîne de montagne ou lune en arrière-plan, ces décors sont appliqués sur des blousons en cuir ou des manteaux longs. Cet imaginaire, s’inspirant des fabuleux paysages du Northwest, du Montana ou de l’Idaho, pays des cow-boys, adopte d’une manière étonnante et tout en douceur des tons entre chien et loup. L’ensemble donne une collection KENZO à l’humeur légèrement sombre, et la bande-son singulière de la new yorkaise Fatima Al Qadiri a fait de la présentation de cette collection un moment totalement spectaculaire».