Book Corner #34 : Juan Gatti Photo Graphics - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

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La rubrique Book Corners'emploie à vous donner un petit aperçu de la culture californienne tout au long de l'été, à travers une sélection d'ouvrages choisis et commentés par Angelo Cirimele. Cette semaine, il a choisi l'ouvrage "Scratch my arm" de Deanna Templeton qui retranscrit à travers ses photos l'état d'esprit gentiment impertinent de la jeunesse californienne.

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« Un cliché sur Los Angeles qui a la vie dure est que l’on peut y passer l’année en maillot de bain. Plus intéressant est ce qu’en font les ados américains : armé de marqueurs et pochoirs, ils inscrivent sur le corps de leurs amis, parfois fraichement rencontrés, autographes, numéros de téléphones ou même logos… Ce n’est pas du tatoo, c’est beaucoup plus léger, comme un jeu qui dédramatise la nudité et est à la fois très sensuel. La série d’images est réalisée par Deanna Templeton, compagne de Ed, californien, skateborder et artiste. Malgré le soleil omniprésent, la série est en noir et blanc, sans mise en scène et propose une collection de portraits d’ados insouciants et souriants. »

Scratch my name on your arm, Deanna Templeton, 2010, 128 p. Ed. Schunck.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

La rubrique Book Corner s'emploie à vous donner un petit aperçu de la culture californienne tout au long de l'été, à travers une sélection d'ouvrages choisis et commentés par Angelo Cirimele. Cette semaine, il a choisi l’autobiographie du peintre anglais David Hockney, qui a passé quatre ans en Californie dans les sixties. Dès son arrivée, Hockney a décidé de mettre au placard sa peinture à l'huile habituelle pour des tons plus vifs d'acrylique et des aplats lisses et brillants à l'image du Golden State.

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« Je lis peu de biographies, je pense que les œuvres sont souvent plus intéressantes que la vie. Mais les artistes réinventent parfois le genre ; ainsi David Hockney, qui raconte les œuvres qu’il a réalisées et se raconte par la même occasion. Peintre anglais, il est notamment connu pour sa série des piscines, réalisée à Los Angeles, sur le conseil d’Andy Warhol. Si sa pratique est classique, Hockney est notre contemporain parce qu’il utilise la photographie pour repenser sa peinture. Et, par leurs couleurs et leurs cadrages, ses images sont étrangement cinématographiques. Ecrit à la première personne, ce livre de peintures et de dessins nous en apprend autant sur l’art que sur l’homme. »

"David Hockney" by David Hockney, 1976, 312 p. Ed. Thames & Hudson.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

La rubrique Book Corner s'emploie à vous donner un petit aperçu de la culture californienne tout au long de l'été, à travers une selection d'ouvrages choisis et commentés par Angelo Cirimele. Cette semaine, il a choisi de revenir sur l'un des artistes les plus emblématiques de Los Angeles des 90 : Mike Kelley.

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« Ce que je préfère dans une exposition de Mike Kelley, c’est regarder les gens regarder les installations – je l’accorde, c’est plus confortable. Reste que les dispositifs que l’artiste de Los Angeles met en place, ici des couvertures et des peluches, en apparence si inoffensifs retournent littéralement leur public tant ils peuvent se révéler cruels ou pervers. Je passe sur les métaphores ou les transpositions qu’on peut opérer avec le monde adulte, la masculinité et la féminité. Le public est balloté, pris dans une douceur plus rude que prévue. Ce livre, paru à l’occasion d’une exposition, joue sur les angles : il juxtapose des cadrages descriptifs et neutres avec des gros plans plus dramatiques, révélant ainsi l’arrière plan humain derrière les peluches. Pas un livre d’enfant, donc. »

« Arenas », Mike Kelley, 2010, 44 p. Ed. Skarstedt gallery, New York.

Kenzo - 60, rue de Rennes, Paris.

La rubrique Book Corner s'emploie à vous donner un petit aperçu de la culture californienne tout au long de l'été, à travers une selection d'ouvrages choisis et commentés par Angelo Cirimele. Cette semaine, il a choisi de metter en avant nos trois "S" favoris cet été : "Sand, Sea et Sky", soit le sable, la mer et le ciel !

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C’est graphique, c’est infini, c’est toujours unique et la lumière varie inlassablement. J’ai plongé mon regard dans les images de Tria Giovan, comme dans un écran de cinéma, où l’on connaîtrait l’histoire mais qu’on ne pourrait quitter des yeux jusqu’au bout. La (non) action se situe sur les plages de Sagaponack (NY), les acteurs sont cités dans le titre : la plage, l’eau, le ciel et à partir de là, rien ne se passe comme prévu. Le calme ou la tempête, les nuages, l’écume, la crépuscule… on sent surtout le temps passé non pas à guetter la bonne vague, mais à composer avec les éléments. Tria Giovan est aussi connue pour ses portraits et ses images de déco – mais on préfère la mer.

 

"Sand Sea Sky, Tria Giovan", 2011, 84 p. Ed. Damiani, Italy.
Kenzo - 60, rue de Rennes, Paris

Cette saison, nous essaierons de vous faire partager le regard que portent Carol et Humberto sur l’état où ils ont grandi : la Californie.  La rubrique Book Corner s'emploiera à vous donner un petit aperçu de cette culture à travers une selection d'ouvrages choisis et commentés par Angelo Cirimele. Cette semaine, il a choisi un supplément du magazine Vogues Hommes International dédié au photographe Bruce Weber et à sa muse : Kate Moss. Bruce est bien connu pour ses photos provocantes qui dépeignent une jeunesse frivole et idéalisée, représentée le temps d'un numéro par Kate.

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« Si j’aime les magazines de style, au point d’y consacrer une publication, c’est qu’ils échappent parfois à leur statut d’objet jetable pour accéder à autre chose : une mémoire du temps. Ainsi, ce supplément gratuit à Vogue Hommes International de septembre 2006, consacré à Kate Moss, sous l’objectif de Bruce Weber, qui l’avait découvert quelques années plus tôt. C’est autant un recueil d’images de mode qu’un album de photos intimes, maquetté de manière parfois enfantine en compilant autant de photos que possible. La spontanéité et la présence sont de toutes les pages et la sincérité n’est pas feinte. Ce supplément en papier glacé ne valait rien, il est aujourd’hui un collector. »

 

« Kate Moss is the girl that got away », 2006, 48 p. Supplément à Vogue Hommes International, Ed. Condé Nast.

Kenzo - 60, rue de Rennes, Paris.

Cette saison, nous essaierons de vous faire partager le regard que portent Carol et Humberto sur l’état où ils ont grandi : la Californie. Nous tenterons de vous faire partager leur connaissance de cette nature sauvage, désertique et dans le même temps proche de l’océan, des contre-cultures et mouvements underground  aussi variés que la scène punk d’Orange County ou la scène rap de South Los Angeles, la cuisine typique des fermes locales comme celle inspirée de la cuisine mexicaine… La rubrique Book Corner elle aussi s’emploiera à vous donner un petit aperçu de cette culture. Cette semaine, Angelo Cirimele nous parle du livre "Rewilding" de Cass Bird.

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« C’est le titre, plus que la photo de couverture, qui m’a fait ouvrir ce livre : "Rewilding", intraduisible en français, mais dont on saisit immédiatement l’idée. La photographe Cass Bird embarque quelques amies et connaissances féminines – choisies pour leur énergie, leur esprit et leur spontanéité – loin de tout, dans le Tennessee. Là : l’eau, le soleil, les corps, la nudité, le mouvement… Cassie Bird trouve les moments (les provoque ?) qui sont du présent pur, du ici et maintenant. La nudité fréquente n’est pas érotique, juste « naturelle » et l’atmosphère du livre est celle d’un petit monde à côté du monde, un espace-temps préservé des codes et des conventions – au point que les jeunes femmes y pissent debout. »

« Rewilding », Cass Bird, 2012, 88 p. Ed. Damiani, Italie.

Kenzo - 60, rue de Rennes, Paris.

Si la publicité grand public peut être agaçante dans son injonction obsessionnelle à la consommation, elle n’en demeure pas moins le témoin d’une époque, de ses clichés, de son vocabulaire et de son style – raison pour laquelle des musées s’y intéressent aujourd’hui. Ad/Art, qui rassemble les images publicitaires de Cheyco Leidmann, fait ainsi office de voyage dans le temps, non que les années 80 soient si éloignées, mais on y mesure que la vitesse du style est supérieure à toutes les autres. 

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Images multicolores, univers fantastico-cinématographique, objets aujourd’hui interdits (cigarettes et ses dérivés), mannequins irréels… l’imagerie publicitaire des eighties reste un objet à part, figurant du rêve et stylisant le réel. On mesure aussi à quel point les productions bénéficiaient de budgets confortables et la retouche était un métier naissant. Et si le nom du photographe ne dit presque plus rien aujourd’hui, c’est qu’on pouvait être une star, hier, quand on travaillait dans la publicité.

"Ad/Art", Cheyco Leidmann, 1983, 132 p. Ed. Love me tender.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

L’artiste John Baldessari se méfie des images. S’il les déjoue souvent, son œil ne peut s’empêcher de regarder et parfois de construire une pseudo réalité. Tout a certainement commencé à l’apéritif, avec une bière et des chips.  irregular shapes that offer obvious comparisons to human features. 

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Leur forme ronde, ondulée, irrégulière… les analogies avec le vivant sont nombreuses. Et Baldessari y décèle des visages cachés, des yeux clos ou des pommettes saillantes. Résultat : il propose une galerie de portraits, de célébrités qu’on peine à reconnaître ou plutôt à découvrir sous les ombres et transparences d’une chips. Revenons à l’apéritif : le chemin, inventif et subtil, qu’on peut emprunter à partir d’une tranche de pomme de terre grillée est séduisant et à la fois une blague. C’est ce qui nous fascine dans l’art, un léger twist et la poésie affleure. Et Baldessari d’emballer le tout avec une pointe d’humour en précisant en couverture que ses chips sont « guaranteed fresh ».

Miracle chips, John Baldessari, 2009, 96 p. Ed. Little Steidl, Gottingen.

Kenzo, 27, place de la Madeleine, Paris.

Dès lors que les années 90 commencent à être digérées comme vintage, il est tentant de regarder un peu plus loin dans le rétroviseur, jusqu’au punk par exemple. Ce livre recueil de Julie Davis en offre le prétexte : il présente une vingtaine de groupes punk (Ramones, Buzzcoks, Damned…), à travers des chroniques de concerts et quelques interviews. 

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Mais ce ne sont pas tant les ingrédients qui nous intéressent que la manière de les accommoder. L’esthétique est celle du fanzine (machine à écrire, titres à la règle à lettres, corrections manuscrites…) les images sont en noir et blanc et spontanées et le ton est à la limite de l’oral. Ce n’est pas une pose ou un style, mais l’écho de cette musique, généreuse et accessible, dans laquelle la performance vaut autant que l’harmonie. Ce qui a changé ? A la fin des années 70, ce qu’on nomme le style se définissait d’abord à travers une musique (punk, ska puis new wave, etc.), ses idées, son énergie et, bien sûr, des vêtements et une attitude. Aujourd’hui, le style est souvent déconnecté de tout contenu et on regarde les années 70 comme la fin de la préhistoire.

 


 

"Punk", Julie Davis, 1977, 96 p. Ed. Davison publishing, London.
Kenzo, 27, place de la Madeleine, Paris.

Le charme du métier de directeur artistique est de rester anonyme pour la plupart des personnes à qui l’on destine les signes que l’on compose et, pour les meilleurs, de jouir de la reconnaissance de ses pairs et collègues (photographes, éditeurs…). 

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Ainsi, le nom de Juan Gatti ne dira rien à qui ne s’intéresse pas aux affiches ou pochettes de disque produites en Espagne depuis les années 80. Almodovar, Miguel Bosé, le logo de l’agence Elite, de nombreux parfums mais aussi les livres de photo de Peter Lindbergh, qui lui rend un émouvant hommage dans ce double livre rétrospectif. Double car un tome est consacré à la DA et l’autre à la photo, que Juan Gatti pratique également. Ce qui caractérise le patte Gatti est sans doute lié à ses origines argentines, donc des codes européens remixés, qu’il va réintroduire dans l’Espagne d’aujourd’hui, et au-delà…

"Juan Gatti Photo Graphics", Juan Gatti, 2011, 620 p. Ed. La Fabrica, Madrid.
Kenzo, 49, avenue George V, Paris.