DE "SURF'S UP" AU "BLUE SKY THINKING" - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

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Dean Mayo Davies est l'éditeur de HERO Magazine et de sa petite soeur HEROINE. Il était auparant rédacteur mode pour Dazed and Confused et éditeur adjoint pour i-D.

 

Dean a réunit les meilleurs morceaux lui rappelant l'état de Washington dans cette playlist pour KENZO, principalement inspirée par les villes de Seattle et d'Olympia. Cette région et ces villes sont marquées par un héritage musical important : du garage au grunge en passant par le mouvement des Riot Grrl.

 

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Night Beats – Hidden Circle

Plongée dans le rock psychédélique avec ce morceau extrait du premier album "Sonic Bloom" sorti sur Burger Records, label désormais mythique de la côte ouest.

 

The UFO Club – Wolfman
Wooh! The UFO Club est une collaboration entre Christian Bland de The Black Angels et Lee Blackweel de Night Beats dont le nom est emprunté à un club londonien très connu dans le milieu underground des années 1960.

 

Naomi Punk – Firehose Face

Tube lapidaire et bruyant du groupe d'Olympia signé sur le label new-yorkais Captured Tracks.

 

Prom Body – Guttuggering

Extrait de l'album tout juste sorti "Naughty by Natural" sur le label Temple of Cairo. 

 

La Luz – Big Big Blood

Ce groupe 100% féminin nous donne des frissons dans ce clip drôlement cauchemardesque.

 

Acapulco Lips – So Long

Un morceau de 2013 qui nous replonge dans les années 1960s, extrait du premier album du groupe disponible sur Bandcamp.

 

Stickers – Outlet

Le premier album du groupe, "Swollen", sorti le mois dernier et à écouter de toute urgence.

 

Dude York – The Lake

Mon morceau préféré du trio.

 

So Pitted – Holding The Void

Basse envoûtante, vocalise harmonieuse et refrains accrocheurs... un recette qui fonctionne à merveille sur Holding the Void.

 

The Pharmacy – It’s Over

Actif depuis 2002, ce groupe qui a assuré la première partie de Kimy Dawson des Moldy Peaches en 2005, a depuis densifié son style pour délivrer ce fantastique "It's Over".
 

Les uniformes occupent une place importante dans le vestiaire masculin. Depuis le bleu de travail, qui rappelle les usines, les mécanos et ceux qui se salissent les mains, aux uniformes de l’armée et des organisations paramilitaires. Prenez l’exemple du jean, un basique de notre garde-robe : au départ, il a été conçu pour les cowboys et les mineurs, avant d’être adopté par les adolescents, imitant James Dean dans La Fureur de vivre, puis repris par tous une fois le choc passé. 

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Dans le nord-ouest des Etats Unis, nombreux sont ceux qui ont un travail au grand air plutôt physique : agriculture, pêche, activités forestières et minières… Autrefois, il y avait aussi des fonderies d’aluminium. L’influence importante des cultures espagnoles et amérindiennes a donné à la région noblesse et progressisme. L’écologie y est centrale, le mouvement hippie est né ici et en Californie. D’un point de vue musical, certains des artistes les plus talentueux du 20e siècle sont nés ici, parmi eux Jimi Hendrix, les membres de Nirvana et Elliott Smith. En 2008, Sam Adams devient le premier maire gay d’une ville de la taille de Portland aux États-Unis, tandis que Silverton élit Stu Rasmussen, le premier maire  transgenre dans l’histoire du pays. 

 

Pour la collection homme automne-hiver 2014, Carol et Humberto rendent hommage à cette région qui conjugue traditionalisme et ouverture d’esprit. Ils ont choisi des pièces typiques du nord-ouest Pacifique : boots de sécurité, vestes de travail, pantalons à poches, accessoires industriels, pour les réinterpréter avec une touche résolument nouvelle. 

Ici, pour affronter le froid en ville, les traditionnels blousons zippés sont en fourrure de kangourou, les doudounes sans manche sont en laine et mohair et se portent avec des pantalons de jogging en nylon. Les « Tools créatures » sont épinglées telles des broches sur la maille et portées autour du poignet en bracelets, conjuguant artisanat et machines mécaniques et industrielles. Par touches de jaune, rouge, violet et des motifs à carreaux aux tons électriques, la vie de tous les jours se transforme. Tandis que les paysages lunaires illuminent les vêtements d’extérieur. 

Comme pour le jean, le vêtement de travail des cols bleus de la classe ouvrière, fut d’abord récupéré par les jeunes, pour finalement toucher le plus grand nombre ensuite. Dans les années quatre-vingt-dix, des skaters à TLC, tout le monde se mit à porter salopettes, pantalons de charpentiers et vestes de travail. En 1993, le Seattle Times écrivait que « la silhouette carrée du vêtement de travail vient naturellement du style hip hop oversize qui a influencé les jeunes ces dernières années et du look de guérilla urbaine, qui est lié au grunge, la tendance de l’année dernière ». L’article précisait que personne « n’aurait pu anticiper le succès du vêtement de travail auprès des ados urbains. » Ce phénomène qui avait pu sembler surprenant à l’époque était en fait totalement en adéquation avec la culture pop, où l’on s’approprie des choses familières et banales pour leur donner un sens nouveau, comme le font les jeunes avec les vêtements. 

Sur un pull de la nouvelle collection automne-hiver 2014, on peut lire « KENZO ALL HOURS, CLOSED NEVER ». Description parfaite de la vie que nous menons aujourd’hui : toujours ouverts, toujours dans l’action, toujours connectés. Il est évident que l’on a besoin de quelque chose de casual, d’utile, de simple, sans prétention : en gros, du vêtement de travail. 

Le « Blue sky thinking » qu’on pourrait traduire en français par  « donner libre cours à sa pensée », c’est le type de cliché dont sont friands des créatifs dans les grandes entreprises. Mais si vous sortez cette expression de ce contexte-là, vous obtenez une description parfaite de l’attitude californienne. Ce tempérament a inspiré toute la culture des jeunes du XXe siècle : c’est l’emblème de la côte Ouest, qui s’est répandu dans le monde entier. Le sport, l’art, la musique sont les fondements d’un style de vie, qui a donné naissance à des tribus d’adolescents.


Carol et Humberto rendent hommage à leur Californie natale dans cette collection printemps-été, depuis les stations balnéaires du Pacifique à la musique underground. Fluidité, limpidité et imprimés dessinés à la main incarnent leur vision d’une vie nonchalante en bord de mer, où le surf est tellement ancré dans la culture qu’il ne s’agit pas d’en parler, mais d’en faire. 

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C’est Henry Huntington, un grand propriétaire terrien, qui a introduit le surf en Californie en 1907, après avoir vu, en vacances à Hawaï, des garçons glisser sur les vagues debout sur des planches. Depuis Redondo Beach, le surf a gagné toute la côte Ouest pour en devenir la première sous-culture contemporaine, donnant naissance à un nouveau genre musical dans les années soixante, le surf rock.  Cette libération de la jeunesse s’est accompagnée de son propre langage et de son propre style : elle s’est mise rapidement à porter des tee-shirts larges ornés des logos de ses fabricants de planches préférés.


Le skate est un dérivé naturel du surf, né du désir de faire du béton (et surtout des piscines vides) un terrain de jeu aussi grisant que les vagues. Tout cela était tellement excitant qu’il fallut vite l’immortaliser, en photo d’abord, puis en vidéo grâce à l’apparition du caméscope. Bim ! Les films de skate étaient nés : ils ont permis de documenter le style des skateurs, qui est apparu comme un véritable lifestyle. Il a donné naissance à toujours plus en plus de marques de street wear et est devenu pour la mode une source d’inspiration perpétuelle.


Côté musique, la Californie évoque surtout le hardcore et le rap, grâce à South Bay et Orange County pour le premier, et Watts et Compton pour le second. Le hardcore en particulier a forgé un véritable langage grâce aux visuels de ses pochettes d’albums, qui allèrent même jusqu’à influencer l’art contemporain. Mais la première génération d’artistes californiens a aussi fait preuve de beaucoup d’audace dans les années cinquante et soixante, avec notamment la légendaire Ferus Gallery, à une période où il est reconnu que L.A. était la ville la plus rock’n’roll des États-Unis, grâce à l’émergence d’une scène musicale expérimentale.


Certes, une histoire abrégée des sous-cultures californiennes nécessite du temps, des recherches et une analyse fouillée. Mais ce que vous comprendrez je l’espère c’est que tout est lié, du surf au style, en passant par la musique. Et dans une Californie où la voiture règne et la jeunesse est prête à bouger, tout se propage (bravo au passage à ceux qui ont leur permis à seize ans !).


Le maître mot, c’est le mode de vie. L’idée est bien celle d’un style de vie, où une chose en façonne une autre. C’est pourquoi la Californie est un terreau si fertile pour l’expression, et ce depuis plus de cinquante ans. Et puis le soleil est toujours au rendez-vous, c’est bien pour ça que le surf est roi là-bas.

ndlr : "Surf's Up'' est le nom d'un morceau et également du dix-septième album studio des Beach Boys.