DE "SURF'S UP" AU "BLUE SKY THINKING" - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

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Le « Blue sky thinking » qu’on pourrait traduire en français par  « donner libre cours à sa pensée », c’est le type de cliché dont sont friands des créatifs dans les grandes entreprises. Mais si vous sortez cette expression de ce contexte-là, vous obtenez une description parfaite de l’attitude californienne. Ce tempérament a inspiré toute la culture des jeunes du XXe siècle : c’est l’emblème de la côte Ouest, qui s’est répandu dans le monde entier. Le sport, l’art, la musique sont les fondements d’un style de vie, qui a donné naissance à des tribus d’adolescents.


Carol et Humberto rendent hommage à leur Californie natale dans cette collection printemps-été, depuis les stations balnéaires du Pacifique à la musique underground. Fluidité, limpidité et imprimés dessinés à la main incarnent leur vision d’une vie nonchalante en bord de mer, où le surf est tellement ancré dans la culture qu’il ne s’agit pas d’en parler, mais d’en faire. 

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C’est Henry Huntington, un grand propriétaire terrien, qui a introduit le surf en Californie en 1907, après avoir vu, en vacances à Hawaï, des garçons glisser sur les vagues debout sur des planches. Depuis Redondo Beach, le surf a gagné toute la côte Ouest pour en devenir la première sous-culture contemporaine, donnant naissance à un nouveau genre musical dans les années soixante, le surf rock.  Cette libération de la jeunesse s’est accompagnée de son propre langage et de son propre style : elle s’est mise rapidement à porter des tee-shirts larges ornés des logos de ses fabricants de planches préférés.


Le skate est un dérivé naturel du surf, né du désir de faire du béton (et surtout des piscines vides) un terrain de jeu aussi grisant que les vagues. Tout cela était tellement excitant qu’il fallut vite l’immortaliser, en photo d’abord, puis en vidéo grâce à l’apparition du caméscope. Bim ! Les films de skate étaient nés : ils ont permis de documenter le style des skateurs, qui est apparu comme un véritable lifestyle. Il a donné naissance à toujours plus en plus de marques de street wear et est devenu pour la mode une source d’inspiration perpétuelle.


Côté musique, la Californie évoque surtout le hardcore et le rap, grâce à South Bay et Orange County pour le premier, et Watts et Compton pour le second. Le hardcore en particulier a forgé un véritable langage grâce aux visuels de ses pochettes d’albums, qui allèrent même jusqu’à influencer l’art contemporain. Mais la première génération d’artistes californiens a aussi fait preuve de beaucoup d’audace dans les années cinquante et soixante, avec notamment la légendaire Ferus Gallery, à une période où il est reconnu que L.A. était la ville la plus rock’n’roll des États-Unis, grâce à l’émergence d’une scène musicale expérimentale.


Certes, une histoire abrégée des sous-cultures californiennes nécessite du temps, des recherches et une analyse fouillée. Mais ce que vous comprendrez je l’espère c’est que tout est lié, du surf au style, en passant par la musique. Et dans une Californie où la voiture règne et la jeunesse est prête à bouger, tout se propage (bravo au passage à ceux qui ont leur permis à seize ans !).


Le maître mot, c’est le mode de vie. L’idée est bien celle d’un style de vie, où une chose en façonne une autre. C’est pourquoi la Californie est un terreau si fertile pour l’expression, et ce depuis plus de cinquante ans. Et puis le soleil est toujours au rendez-vous, c’est bien pour ça que le surf est roi là-bas.

ndlr : "Surf's Up'' est le nom d'un morceau et également du dix-septième album studio des Beach Boys.