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La rubrique Book Corner s'emploie à vous donner un petit aperçu de la culture californienne tout au long de l'été, à travers une sélection d'ouvrages choisis et commentés par Angelo Cirimele. Cette semaine, il a choisi l’autobiographie du peintre anglais David Hockney, qui a passé quatre ans en Californie dans les sixties. Dès son arrivée, Hockney a décidé de mettre au placard sa peinture à l'huile habituelle pour des tons plus vifs d'acrylique et des aplats lisses et brillants à l'image du Golden State.

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« Je lis peu de biographies, je pense que les œuvres sont souvent plus intéressantes que la vie. Mais les artistes réinventent parfois le genre ; ainsi David Hockney, qui raconte les œuvres qu’il a réalisées et se raconte par la même occasion. Peintre anglais, il est notamment connu pour sa série des piscines, réalisée à Los Angeles, sur le conseil d’Andy Warhol. Si sa pratique est classique, Hockney est notre contemporain parce qu’il utilise la photographie pour repenser sa peinture. Et, par leurs couleurs et leurs cadrages, ses images sont étrangement cinématographiques. Ecrit à la première personne, ce livre de peintures et de dessins nous en apprend autant sur l’art que sur l’homme. »

"David Hockney" by David Hockney, 1976, 312 p. Ed. Thames & Hudson.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

La rubrique Book Corner s'emploie à vous donner un petit aperçu de la culture californienne tout au long de l'été, à travers une selection d'ouvrages choisis et commentés par Angelo Cirimele. Cette semaine, il a choisi de revenir sur l'un des artistes les plus emblématiques de Los Angeles des 90 : Mike Kelley.

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« Ce que je préfère dans une exposition de Mike Kelley, c’est regarder les gens regarder les installations – je l’accorde, c’est plus confortable. Reste que les dispositifs que l’artiste de Los Angeles met en place, ici des couvertures et des peluches, en apparence si inoffensifs retournent littéralement leur public tant ils peuvent se révéler cruels ou pervers. Je passe sur les métaphores ou les transpositions qu’on peut opérer avec le monde adulte, la masculinité et la féminité. Le public est balloté, pris dans une douceur plus rude que prévue. Ce livre, paru à l’occasion d’une exposition, joue sur les angles : il juxtapose des cadrages descriptifs et neutres avec des gros plans plus dramatiques, révélant ainsi l’arrière plan humain derrière les peluches. Pas un livre d’enfant, donc. »

« Arenas », Mike Kelley, 2010, 44 p. Ed. Skarstedt gallery, New York.

Kenzo - 60, rue de Rennes, Paris.

Cette saison, nous essaierons de vous faire partager le regard que portent Carol et Humberto sur l’état où ils ont grandi : la Californie.  La rubrique Book Corner s'emploiera à vous donner un petit aperçu de cette culture à travers une selection d'ouvrages choisis et commentés par Angelo Cirimele. Cette semaine, il a choisi un supplément du magazine Vogues Hommes International dédié au photographe Bruce Weber et à sa muse : Kate Moss. Bruce est bien connu pour ses photos provocantes qui dépeignent une jeunesse frivole et idéalisée, représentée le temps d'un numéro par Kate.

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« Si j’aime les magazines de style, au point d’y consacrer une publication, c’est qu’ils échappent parfois à leur statut d’objet jetable pour accéder à autre chose : une mémoire du temps. Ainsi, ce supplément gratuit à Vogue Hommes International de septembre 2006, consacré à Kate Moss, sous l’objectif de Bruce Weber, qui l’avait découvert quelques années plus tôt. C’est autant un recueil d’images de mode qu’un album de photos intimes, maquetté de manière parfois enfantine en compilant autant de photos que possible. La spontanéité et la présence sont de toutes les pages et la sincérité n’est pas feinte. Ce supplément en papier glacé ne valait rien, il est aujourd’hui un collector. »

 

« Kate Moss is the girl that got away », 2006, 48 p. Supplément à Vogue Hommes International, Ed. Condé Nast.

Kenzo - 60, rue de Rennes, Paris.

Cette saison, nous essaierons de vous faire partager le regard que portent Carol et Humberto sur l’état où ils ont grandi : la Californie. Nous tenterons de vous faire partager leur connaissance de cette nature sauvage, désertique et dans le même temps proche de l’océan, des contre-cultures et mouvements underground  aussi variés que la scène punk d’Orange County ou la scène rap de South Los Angeles, la cuisine typique des fermes locales comme celle inspirée de la cuisine mexicaine… La rubrique Book Corner elle aussi s’emploiera à vous donner un petit aperçu de cette culture. Cette semaine, Angelo Cirimele nous parle du livre "Rewilding" de Cass Bird.

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« C’est le titre, plus que la photo de couverture, qui m’a fait ouvrir ce livre : "Rewilding", intraduisible en français, mais dont on saisit immédiatement l’idée. La photographe Cass Bird embarque quelques amies et connaissances féminines – choisies pour leur énergie, leur esprit et leur spontanéité – loin de tout, dans le Tennessee. Là : l’eau, le soleil, les corps, la nudité, le mouvement… Cassie Bird trouve les moments (les provoque ?) qui sont du présent pur, du ici et maintenant. La nudité fréquente n’est pas érotique, juste « naturelle » et l’atmosphère du livre est celle d’un petit monde à côté du monde, un espace-temps préservé des codes et des conventions – au point que les jeunes femmes y pissent debout. »

« Rewilding », Cass Bird, 2012, 88 p. Ed. Damiani, Italie.

Kenzo - 60, rue de Rennes, Paris.

On peut se demander quel est le statut du dessin ou de la peinture, comme pratiques, mais aussi comme objets, quand l’essentiel des images que nous voyons sont photographiques et dématérialisées. C’est à cette étrange expérience que nous invite l’artiste Elizabeth Peyton, augmentant notre trouble puisqu’elle se plait à choisir ses sujets dans l’actualité princière, du sport ou de la pop.

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Du coup, un Jarvis Cocker ou Sid Vicious dessinés renvoient à une certaine intimité, celle du temps de la pose, celle du même espace partagé entre qui tient le crayon et le modèle. Peyton nous montre ainsi des personnes que nous ne voyons sinon que comme des images, de télé, d’Internet ou de tabloïds. Mais il y a aussi Napoléon, Elisabeth ou Charles, qui eux aussi deviennent des humains sous le pinceau de l’artiste. Ce livre, qui rassemble près de 200 œuvres choisies par Peyton, est encore un étrange chassé croisé entre photographie et peinture, rejouant les cadrages de l’un dans la pratique de l’autre.

 

"Elizabeth Peyton", 2005, 264 p. Ed. Rizzoli.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

Si la publicité grand public peut être agaçante dans son injonction obsessionnelle à la consommation, elle n’en demeure pas moins le témoin d’une époque, de ses clichés, de son vocabulaire et de son style – raison pour laquelle des musées s’y intéressent aujourd’hui. Ad/Art, qui rassemble les images publicitaires de Cheyco Leidmann, fait ainsi office de voyage dans le temps, non que les années 80 soient si éloignées, mais on y mesure que la vitesse du style est supérieure à toutes les autres. 

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Images multicolores, univers fantastico-cinématographique, objets aujourd’hui interdits (cigarettes et ses dérivés), mannequins irréels… l’imagerie publicitaire des eighties reste un objet à part, figurant du rêve et stylisant le réel. On mesure aussi à quel point les productions bénéficiaient de budgets confortables et la retouche était un métier naissant. Et si le nom du photographe ne dit presque plus rien aujourd’hui, c’est qu’on pouvait être une star, hier, quand on travaillait dans la publicité.

"Ad/Art", Cheyco Leidmann, 1983, 132 p. Ed. Love me tender.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

Le charme du métier de directeur artistique est de rester anonyme pour la plupart des personnes à qui l’on destine les signes que l’on compose et, pour les meilleurs, de jouir de la reconnaissance de ses pairs et collègues (photographes, éditeurs…). 

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Ainsi, le nom de Juan Gatti ne dira rien à qui ne s’intéresse pas aux affiches ou pochettes de disque produites en Espagne depuis les années 80. Almodovar, Miguel Bosé, le logo de l’agence Elite, de nombreux parfums mais aussi les livres de photo de Peter Lindbergh, qui lui rend un émouvant hommage dans ce double livre rétrospectif. Double car un tome est consacré à la DA et l’autre à la photo, que Juan Gatti pratique également. Ce qui caractérise le patte Gatti est sans doute lié à ses origines argentines, donc des codes européens remixés, qu’il va réintroduire dans l’Espagne d’aujourd’hui, et au-delà…

"Juan Gatti Photo Graphics", Juan Gatti, 2011, 620 p. Ed. La Fabrica, Madrid.
Kenzo, 49, avenue George V, Paris.

La fast fashion aura presque réussi à nous faire croire qu’on s’habille maintenant quasiment de la même manière sous toutes les latitudes. Mais le regard de documentaristes de Ari Versluis et Ellie Uyttenbroeck démontre que l’identité vestimentaire reste présente, très élaborée et compose des groupes.

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Teenagers, Young executives, Tattoo babes, Chairmen, Bimbos… le livre en recense 58 à travers 12 portraits, toujours sur fond blanc, adoptant le même cadrage et demandant la même pose au « modèle » – puisqu’Exactitudes est la contraction de exact et attitude. Plus qu’une archive à un moment précis (entre 1994 et 2002), ce travail montre la combinaison entre des éléments et d’un style, d’une personne et d’une appartenance (sociale, politique, sportive…), signe que la mode n’est pas donnée prête à l’emploi.

"Exactitudes", Ari Versluis et Ellie Uyttenbroeck, 2002, 128 p. Ed. 010 publishers, Rotterdam.
Kenzo, 49, avenue George V, Paris.

Et si l’ordinateur avait été un carcan, un process contraignant pour les faiseurs de magazines et autres fanzines ? Certes, ils sont nés avec une souris au bout des doigts et un Mac jamais loin, mais s’affranchir des typo et des grilles pour revenir à l’illustration, aux ciseaux et la colle, voilà qui ressemble à un revival 70’s : back to nature! 

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Galore, c’est un peu ça, avec le glamour en plus. Des pin-up illustrées ou photographiées, des typos dans tous les sens, un calendrier sexy, beaucoup de noir et blanc, du papier journal… en somme tous les ingrédients qui ont fait le succès des Ritz (de David Bailey), de Façade ou du Andy Warhol’s Interview des débuts. Avec Galore, on fait un voyage dans le temps : 100 pages pour visiter les années 60, leur insouciance et leur sexyness.

Galore, n°1, 2012, 100 p.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

Un catalogue d’exposition de graphisme qui s’ouvre sur une citation d’Ulysse de Joyce est de bon augure. Dan Rickwood n’aime pas beaucoup la notoriété, puisqu’il se fait appeler Stanley Donwood, et est célèbre pour les pochettes du groupe Radiohead qu’il a dessinées. Très complice avec Thom Yorke, le chanteur du groupe, on parvient d’ailleurs mal à démêler le travail de l’un et de l’autre et, bien sûr, ils prennent un malin plaisir à n’en rien dévoiler. Le travail de Stanley Donwood est polymorphe : dessin naïf et typographie, pixels et layout, peinture et collage… 

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Ce catalogue, organisé en chapitres, marque les allers-retours entre le travail personnel et celui appliqué à une commande. Nourri de nombreux textes et de récits, il décrit les méandres mais aussi les trouvailles qui alimentent la production d’un graphiste. On éprouve toutefois un léger pincement en refermant le livre : les pochettes de disque sont (presque) de l’histoire ancienne…

Red Maze de Stanley Donwood, 2010, 160 p. Ed. Schunk, Netherlands.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.