TÊTE À TÊTE: NGUZUNGUZU - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

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Puisque la vue est le sens par excellence des cinéastes, le fait que « eyes » apparaisse dans un titre n’est pas anodin et souvent synonyme de subtilité, de double jeu ou de mise en abyme.

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 Comme si les réalisateurs voulaient nous inciter à y regarder à deux fois, plutôt que de nous laisser bercer par une histoire au long cours. A l’heure où chacun a un œil mécanique sur soi, avec l’appareil photo de son téléphone, la question des yeux et de ce qu’ils voient n’a jamais été aussi actuelle.

"Tokyo Eyes" (Jean-Pierre Limosin, France, 1998) est une déambulation dans Tokyo, poétique et technologique, avec le prétexte d’une enquête policière. C’est le début des téléphones portables et de la vague de miniaturisation des machines, comme les caméras… qui sont aussi des yeux.

Notre été est dédié à la jungle et à son exploration.
Nous avons traversé les forêts psychédéliques, les massifs d’orchidées, approché les panthères nébuleuses, vêtus de Jungle Camo ou de Spotted Zebra. Cette fois, c’est un voyage plus scientifique mais tout aussi inspiré que nous souhaitons vous faire partager…

Mokèlé Mbembé est un projet de cryptozoologie (la science qui étudie les animaux non recensés), à l’initiative de Jérôme Raynaud, biologiste de formation et réalisateur de documentaires découverte (animaliers, anthropologiques, voyages, cultures etc …), Michel Ballot, chercheur autodidacte, acteur clé de la cryptozoologie sur le plan international (il a consacré plus de dix années de sa vie à la recherche du Mokèlé-Mbembé) et du Comptoir Général, lieu dédié à l’art ghetto, sur le canal St Martin. Ensemble ils prévoient de monter une expédition sur les traces d’un mystérieux diplodocus africain…L’animal aurait la taille d’un éléphant de forêt, un long cou terminé par une tête de serpent, une longue queue et quatre pattes aux pieds tridactyles!
 

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K : Qu'est-ce qui vous fait penser que ce voyage n'est pas une cause perdue?

LCG : C'en est une. Mais les causes perdues ne le sont jamais complètement. Surtout quand on a la foi. Nous trouvons que le monde est dans une situation assez paradoxale: ce qui est négligé ou rejeté a très souvent une immense valeur. La notion de « richesse » et de « pauvreté » est à revisiter intégralement. La notion de modernité aussi. La notion de colonisateur/colonisé aussi. Les valeurs comme l'exotisme, le traditionalisme, malheureusement devenues très péjoratives, doivent être réappropriés. Le monde est en mouvement. L'avenir n'est pas celui qu'on croyait encore récemment. Beaucoup de gens considèrent l'Afrique comme un « continent perdu », et ne jurent que par la Chine et l'Inde. Nous sommes d'un autre avis.
J. R.: Ce voyage serait une cause perdue si nous quelqu'un pouvait me regarder dans les yeux et m’affirmer que plus rien ne reste à découvrir au sein de notre univers, et même plus précisément sur notre planète. Les scientifiques s’accordent à dire qu’il existerait sur notre planète, à ce jour, plusieurs millions d’espèces non découvertes. Ils en trouvent tous les ans 16 000 nouvelles. Cette zone est l’une des plus primitive et en même temps reste l’une des régions les moins explorées de la planète, elle abriterait le plus grand nombre d’espèces endémiques. En quelque mot, quiconque s’enfoncera dans  cette forêt serait capable de découvrir une nouvelle espèce, insecte, poisson, rongeur, amphibien, plantes… Une telle découverte, aussi mineure soit elle pour le grand public, restera toujours une découverte extraordinaire à l’échelle de la vie, de la science et de l’humanité.

 

K: Chez Kenzo, la jungle est la thématique de notre saison printemps-été et c'est un motif  vraiment récurrent aujourd'hui, tant dans la musique que dans la mode.
Qu'est-ce que la jungle représente pour vous d'un point de vue culturel et environnemental mais également d'un point de vue conceptuel ou mystique?

LCG: Effectivement, le thème tropical est très présent dans les sphères artistiques, c'est quelque chose qu'on défend depuis plus de dix ans, on se sent un peu pionnier de cette vague, notamment dans la musique. Etienne « DJ » Tron, l’un des deux fondateurs du Comptoir Général, est le premier à avoir remis au gout du jour ce néo tropicalisme dès 2003 avec des projets comme Radioclit, The Very Best, les soirées et compilations Secousse... Cela fait sûrement suite à quelques années un peu froides, où on pensait que les robots domineraient le monde, que l'avenir de l'art  était « électronique ». L'album des Daft Punk « Human After All » a vraiment résonné de manière forte. L'organique est revenu au gout du jour, le terrien, la transe originelle...  L'exotisme a fait son grand retour, après avoir été dénigré pendant des décennies. Ce qui nous plaît dans cette idée de jungle c'est cette idée de désordre équilibré, de fourmillement, de mystères, c'est l'inconnu, le monde animal et végétal, quelque chose qui nous dépasse. Et nous donne envie d'explorer.
J. R.: La jungle est à la fois l’environnement dont nous sommes tous issus, car oui, nous pouvons aujourd’hui l’admettre sans honte, l’homme est un animal qui s’assume. Nous avons quitté cet environnement sauvage, dans lequel nous n’avons finalement jamais pu réellement nous adapter. Faibles, lents, nous n’avons jamais pu faire face aux espèces dominantes, et étions plus souvent de belles proies que de féroces prédateurs. Jusqu’au jour où…profitant de notre cerveau plutôt que de nos muscles ou de nos canines, nous avons préféré vivre dans un environnement que nous avons façonné à notre image. En maîtrisant l’art de la chasse et de l’agriculture, nous avons pris le contrôle, « dompté » la nature, mais dans un environnement délimité, contrôlé, à l’abri, et petit à petit nous nous sommes extrait du monde « sauvage » pour fabriquer un nouveau monde dit « évolué ». Le temps a passé. Pourtant ce monde sauvage existe toujours, mais aujourd’hui ces deux univers sont comme le jour et la nuit au point que cette Jungle est devenue invivable pour l’homme moderne et évolué.
S’y retrouver reste pourtant une sensation fascinante, comme celle de nager dans l’océan. Quelque chose en nous se souvient… et pourtant nous sommes terrifiés de savoir que ce milieu n’est plus le nôtre, que nous ne pouvons y survivre.

Aujourd’hui la Jungle, mais aussi les déserts, les savanes, les montagnes… nous fascine, nous touchent pour des raisons que l’on ignore. Nous les contemplons, nous les photographions, car on craint qu’ils nous échappent alors qu’ils nous touchent au plus profond de nous-même. Nous de les comprenons plus et pourtant ils nous disent quelque chose, comme un écho de notre vie d’avant. La Jungle n’a rien de mystique ni de magique, elle parle juste à ceux qui savent l’écouter.

 

K: Qu'est-ce l'art ghetto et est-ce que la vocation du Comptoir Général est de le sortir de la marginalisation justement?

LCG: L'art ghetto c'est un terme que nous hésitons encore à employer après des années de réflexion. Nous parlons plus souvent aujourd'hui de « cultures ghettos ».  Il s'agit de désigner tout phénomène culturel naissant en marge, dans l'ombre, sans moyens, délaissé, abandonné, oublié, incompris... Il peut s'appliquer à tout secteur artistique, mais aussi à la religion, la science, l'éducation, la médecine. Il existe aujourd'hui, selon nous, des plantes ghettos, des médecines et croyances ghettos, des théories architecturales ghettos. Il concerne en grande partie la culture noire. Nous sommes toujours surpris de constater l'immense valeur de certains individus ou projets que la société marginalise.  C'est la musique qui nous a ouvert les yeux, la découverte de toutes ces scènes locales extrêmement vivantes (coupé décalé, baile funk, kuduro, ghetto house, grime, funana...) et pourtant complètement mises à l'écart. Si nous souhaitons aujourd'hui préserver et faire connaitre toutes ces cultures, ce n'est pas par sentiment qu'elles ont besoin de nous. Le rap n'a pas eu besoin de notre aide pour s'imposer comme la musique la plus vendue au monde. C'est plutôt nous qui avons besoin de ces cultures. Nous souhaitons avant tout nous aider nous, qu'il s'agisse de notre descendance, de la France, de l'Europe, de l'occident, ou du monde. Celui-ci est en danger, il est en train de se réinventer, et nous souhaitons canaliser cette énergie ghetto au service d'un avenir plus durable et éthique.


Plus d’informations sur :
www.mokele.fr
www.lecomptoirgeneral.com


Pour soutenir le projet : http://www.kisskissbankbank.com/mokele

Avant sa représentation ce soir, lors de notre soirée avec Purple Magazine pour célébrer la Fashion Week londonienne, Devonté Hynes (Blood Orange) a passé cinq minutes avec Kenzine ! Né à Houston, il a grandi au Royaume-Uni, mais c’est New York qui a constitué la véritable source d’inspiration de l’auteur, compositeur et producteur au cours des cinq dernières années. Pour son travail sur les chansons de Florence and the Machine ou des Chemical Brothers, Hynes réalise souvent des compilations dans son appartement de Brooklyn et les écoute en se déplaçant dans la ville la nuit.

 

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Qu’est-ce qui vous inspire tant à New York ?
Je vis la nuit. Quand j’écrivais l’album « Coastal Grooves », je passais beaucoup de temps à me déplacer la nuit, en skateboard ou en vélo. Je me promenais longtemps à pied ou j’allais dans des bars de travestis. Je peux écrire partout, mais New York est la meilleure ville du monde.


Que voudriez-vous changer à New York ?
New York a beaucoup changé depuis que je m’y suis installé mais seulement de la façon dont toutes les grandes villes occidentales ont changé. Je ne m’en plains pas autant que la plupart des gens. Tout ne se passe pas forcément comme prévu mais on doit faire avec.


Quelle différence y a-t-il entre composer de la musique pour vous-même et pour quelqu’un d’autre ? Vous travaillez avec Solange Knowles actuellement…
Il n’y a aucune différence. Quand j’écris des chansons, je veux toujours que quelqu’un d’autre puisse les chanter, donc pour moi, c’est pareil. Je ne suis pas très protecteur de mes chansons. Je dirais même que si je le faisais, ça ne leur rendrait pas service.


Vous avez grandi au Royaume-Uni. Quelles influences en tirez-vous ?
Ma vie ici a dû m’influencer mais je ne pourrais pas dire comment. Tout ce que j’ai connu ces cinq dernières années, c’est New York.


Comment la musique est-elle entrée dans votre vie ? J’ai lu quelque part que vous avez commencé à jouer du piano à 7 ans.
En fait, ma sœur jouait du piano et nous étions très proches. Je voulais toujours être avec elle alors j’ai suivi des cours de piano également. Après, je suis passé au violoncelle, mais c’est le piano qui m’a fait découvrir la musique. À la maison, il y avait une radio allumée dans chaque pièce et je pense que ça a dû m’influencer d’une certaine manière.


Avez-vous besoin de silence quand vous travaillez ?
Oh non, je regarde la télévision ou des films quand j’écris. Il n’y a rien que j’aime regarder en boucle, je mets juste quelque chose en fond quand je travaille. Le seul moment où j’ai besoin de silence, c’est quand j’ai la gueule de bois !

Dans un entrepôt étrangement glacial à l’ombre du stade olympique à l’extrémité est de Londres, l’équipe frissonne pendant que Nadia, une fille magnifique, cogne sans arrêt dans le vide. La réalisatrice Quentin Jones, garçon manqué nonchalant en baskets et veste d’aviateur, bondit dans la lumière des néons et montre une posture de combattante : « un peu plus comme ça ». Le tournage de la vidéo de Quentin pour la pré-collection automne-hiver de Kenzo était une journée surchargée et exaltante. Les films de Quentin montés en stop motion nous passionnent depuis quelques temps maintenant, nous avons donc sauté sur l’occasion de travailler avec elle. J’ai posé quelques questions à Quentin à l’occasion de la sortie du film sur Internet cette semaine.

 

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Rory Satran: Sur le tournage, c’était incroyable de voir à quel point vous étiez précise. Chaque mouvement est justifié. Y a-t-il eu seulement une surprise ou une improvisation pendant les prises de vue ?

Quentin Jones: Chaque tournage présente des moments spontanés – ce sont généralement les meilleurs, mais vous devez avoir méticuleusement prévu tout le reste pour vous accorder la liberté de jouer et de vous éloigner des plans nécessaires.

 



 

 

RS: Tout le monde veut connaitre les bases de votre méthode de réalisation de films montés en stop motion. Pouvez-vous nous décrire très brièvement le processus ?

QJ: Cela consiste à superposer numériquement des éléments animés faits à la main et des images animées de la fille/du sujet. C’est un peu comme recoudre des éléments visuels différents sur une frise temporelle.

 

RS: Votre femme Kenzo est très forte et indépendante. Comment l’avez-vous conçue ? Comment envisagez-vous la nouvelle image Kenzo ?

QJ: Nous avons voulu qu’elle soit élégante, mais qu’il y ait une dureté en elle – c’est une combattante ensorcelante. Je pense que c’est le type de femme qui représente la collection – parfois magnifique et douce avec des imprimés féminins, parfois assez sportive et dure. J’ai pensé que ce serait sympa de la lâcher sur un terrain de jeu urbain, de la voir s’échauffer et jouer avec des cerceaux et d’autres structures.

RS: La très talentueuse Agata Belcen, une de vos condisciples de Cambridge, était la styliste de ce projet. Comment travaillez-vous avec elle ?
QJ: Agata et moi, nous avons maintenant un peu l’habitude de collaborer sur des films, de l’échange d’idées, au début du projet, à la conception des scénarios, en passant par le fait de ne pas trop nous marcher sur les pieds pendant le tournage. C’est elle qui a eu l’idée des gants en rubans pour ce film, qui rendent extrêmement bien.

 

RS: Comment vos études de philosophie influencent-elles votre travail dans la réalisation ?
QJ: Je suppose et j’espère qu’elles influencent la manière dont je résous les problèmes dans mon travail. J’aime penser que j’ai un esprit plutôt analytique et que j’affronte les dilemmes visuels comme autant d’énigmes à résoudre.

 

RS: Nous avons tourné à l’ombre de la construction du stade olympique. Êtes-vous enthousiaste ou effrayée devant l’imminence de ces Jeux Olympiques britanniques ?
QJ: Je n’y ai pas beaucoup pensé, peut-être parce que je ne regarde pas beaucoup la télévision. Cela dit, ça devrait être un bon moment pour être à Londres – avec les fêtes et l’ambiance estivale générale.

 

 

RS: Les films de mode sont un phénomène (relativement) nouveau sur lequel vous surfez incontestablement. Comment un film peut-il accroitre la visibilité d’une marque ? Quels sont les films de mode que vous avez admirés récemment ?
QJ: Je pense qu’un film permet à une marque de créer un moment d’évasion dans un monde où règnent sa vision et sa personnalité. S’il est réussi, le public peut ressentir ce que c’est que de « vivre » cette marque depuis son bureau ou son lit. Il doit être amusant pour attirer de nouveaux publics, et ne doit pas s’arrêter à une simple succession de belles images qui bougent. Deux de mes films de mode préférés sont de Stephanie Di Giusto et Barnaby Roper (mais c’est vrai qu’ils datent un peu !)


 

RS: Où travaillez-vous ? Décrivez la scène : musique, en-cas, équipe, vue ?
QJ: Je travaille dans le studio d’une ancienne usine à Camden, à Londres. Nous sommes sur une mezzanine qui surplombe un autre bureau, et notre espace est rempli de vieux accessoires et de brouillons d’illustrations. Je dirais que ça ressemble plus à un atelier d’artiste qu’au bureau d’un réalisateur. Nous mangeons des M&M’s au beurre de cacahuètes, en ingurgitant des litres de thé Earl Grey. Mon assistante et vieille amie Kamila a bien meilleur goût que moi en musique, alors je la force à préparer des playlists pour le studio… sinon, je la punis avec ma nostalgie des années 90 en boucle.
 

RS: Et vos projets ?
QJ: Comme d’habitude, la plupart d’entre eux sont secrets jusqu’à ce qu’ils sortent – mais personnellement, je veux que chaque projet soit nouveau/différent, et que j’aie au moins envie de travailler dessus… parce qu’ils ont ainsi une chance d’être intéressants pour tout le monde.

Mardi soir, Robyn a donné un concert à la Ricoh Arena de Coventry (Angleterre), pour la première date de sa tournée avec Coldplay, lors de laquelle elle sera habillée en Kenzo. Après le concert, nous avons posé quelques questions à Decida Wahlberg, la styliste et chorégraphe de Robyn, sur le show et le travail de la chanteuse suédoise. Elle est également la fondatrice du site Web 2FACED1.com.

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Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs du Kenzine ? Vous avez l’air d’être un peu touche-à-tout : danse, stylisme, direction artistique, séduction… tout se rejoint selon ce qu’on trouve sur vous sur Internet.
J’appartiens à la génération Y, je déteste les stéréotypes et je suis une transnationale deux-en-un qui vit à Stockholm ! Comme tous les fans de la culture pop, je cherche à la comprendre le mieux possible et à décrypter la manière dont elle affecte le quotidien moderne dans son identité. Pour moi, le style vestimentaire est un marqueur d’identité, il véhicule des symboles et s’inscrit dans un contexte. Je préfère travailler pour divers médias, j’ai mon propre style et ma propre manière d’envisager ce qui peut être communiqué par les différents canaux. Le stylisme, la direction artistique et la chorégraphie sont autant de voies possibles.

 

Comment avez-vous trouvé le concert de Robyn l’autre jour ?
Fantastique ! La Ricoh Arena de Coventry en Angleterre rassemblait 40 000 fans de Coldplay. On ressent une vibration extraordinaire dans ce genre d’endroit ! Robyn était explosive comme à son habitude, mais c’est bien sûr différent de jouer devant le public d’un autre groupe alors qu’elle avait pu se produire quelque temps avant devant 12 000 de ses propres fans au Hollywood Bowl !

 

Comment vous êtes-vous rencontrées et quelle est la nature de votre collaboration aujourd’hui ?
Nous fonctionnons de manière très naturelle. Nous avons beaucoup de points communs et nous comprenons nos références respectives. Nous collaborons surtout pour le stylisme et la scénographie/chorégraphie de ses shows mais nous parlons à peu près de tout…!
Stockholm est une petite ville. Nous nous sommes rencontrées par le biais d’un ami commun, Lojsan. Robyn m’a demandé comment je pouvais envisager d’intégrer la danse dans Body Talk, la trilogie d’albums que je m’apprêtais à sortir (c’était en 2009) et qui contiendrait pas mal d’électro. Nous avons discuté autour d’un café pendant trois heures et voilà.

 

Quelle est votre approche de la danse et comment votre stylisme dans la mode entre-t-il en résonance avec votre création chorégraphique et inversement ?
Je suis autodidacte dans le hip-hop, la house et tout ce qu’il y a entre deux, mais ma spécialité a toujours été le freestyle et l’improvisation. Ma propre danse est venue de mon corps. Bien sûr, tout le monde est différent et je recherche toujours l’expression personnelle du danseur. C’est pourquoi lorsque je m’occupe de la chorégraphie ou de la scénographie d’un spectacle, je m’intéresse aux schémas corporels propres des danseurs.

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Nguzunguzu, c’est Asma Maroof et Daniel Pineda, des DJs et producteurs natifs de Los Angeles, mais aussi de ce coin hyperactif du dancefloor international où se mélangent et prolifèrent toutes sortes de genres musicaux. Dans leurs remixes, qui font l’unanimité, le R&B mainstream découvre ses racines tropicales, le rap se trouve des affinités secrètes avec le zouk caribéen et le kizomba angolais tandis que le footwork de Chicago s’engage dans une équation surprise avec la musique concrète ou avec le grime originaire, lui, du Royaume-Unis: la pop dans ce qu’elle a de mieux à offrir! Leurs albums, comme « Timesup » sorti l’été dernier chez Fade To Mind, ressemblent à ce que donnerait le second avènement de Timbaland pour la génération YouTube. Pour notre défilé Automne-Hiver 2012, Nguzunguzu nous a concocté une bande originale composée de basse, de noise et de mélodie, du coup on a voulu en savoir un peu plus sur eux.

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On dirait que vous plaisez autant aux gens de l’art et aux noctambules qu’aux fadas de musique. Quel est votre artiste visuel du moment et votre DJ ou producteur préféré? En musique, une perle rare à nous faire découvrir?

Chez les artistes visuels, nous aimons particulièrement Fatima Al Qadiri et Subtranca. Pour les DJs : Total Freedom et Kingdom! J’adore le mix jungle du white label d’Anita Baker "Sweet Love".

 

Comment vous y êtes-vous pris pour faire un mix aussi incroyable que celui du défilé Automne-Hiver 2012 de Kenzo?
On s’est entraîné à défiler dans notre appartement! Non, je plaisante. Humberto et Carol nous avaient expliqué qu’ils voulaient quelque chose de très enjoué et qu’ils s’étaient notamment inspirés d’« intérieurs » pour le défilé. Ils nous avaient montré des photos du lieu de la présentation, complétement dingue cet endroit! C’était très inspirant, donc on est parti de tout ça!

 

Parlez-nous un peu de votre groupe avec Total Freedom et Kingdom. Vous faites toujours beaucoup d’improvisation lors des enregistrements?
Oui, à fond ! C’est notre façon de collaborer. On est tellement en phase qu’il n’y a plus qu’à appuyer sur « enregistrer »!

 

Vous avez quelques chansons de zouk, ou des remixes, à conseiller?
Trop bien! Tu dois avoir des super morceaux! Hmm, il y a deux morceaux qui ne figurent pas sur notre mix et qui sont très bien : « Touch My Body » de Mariag Carey remixé par Phraze et « Rehab » de Rihanna, remixé par Peejay.

 

Quand j’ai écouté votre maquette « Moments in Love », j’ai pas pu m’empêcher de penser à ces compétitions reggae avec vingt mecs qui bougent au son du dernier riddim en date. Vous en avez une version préférée?
Ahah, oui c’est clair! J’ai ce morceau extra que m’a donné Kingdom ; il l’a trouvé sur MySpace, ça vient d’une fille qui s’appelle Katarina et le morceau c’est « Break Up ». C’est la version que j’écoute le plus en ce moment.

 

Est-ce que vous sortez bientôt un nouvel album? Une tournée de prévue?
On est en tournée aux Etats-Unis en ce moment-même! On sort bientôt une démo sur Hippos in Tank et on continue notre projet avec Fade To Mind!! 2012