IMPRIMÉS DE LA SAISON #1 : NEON PLAID - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

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Dans la main de Mme la Liberté elle-même, cette main tendue à la teinte vert-de-gris, se trouve l’origine de la fascination ancestrale des Amériques pour les illuminations, qu’elles soient en néon ou sous d’autres formes. Balayant New York de son regard omniscient, du port jusqu’aux nombreux lieux de mémoire, La Liberté Eclairant le Monde, sa torche pour toujours brandie aux yeux de la nation, symbolise pour tous l’indépendance et la liberté américaines, inébranlables.
Malgré l’affection que portent les Américains à la luminescence colossale, le néon n’a cependant pas été inventé sur ces rivages dorés. Il s’agit en fait de deux chimistes britanniques, Sir William Ramsay et un certain Morris W. Travers, qui à la fin du 19e siècle à Londres découvrirent le gaz de néon, dont le nom provient du grec νέον, qui signifie nouveau.


C’est en 1923 que le néon est apparu dans le pays de la liberté, plus précisément dans la cité des Anges, par le biais du parisien Georges Claude et d’un concessionnaire automobile Packard en Californie. Ainsi, la première enseigne au néon célébrait Packard, en mêlant inextricablement l’obsession américaine pour l’automobile, sa fascination pour la consommation et la publicité avec le néon lui-même, que l’on surnommait déjà le « feu liquide ».

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Se propageant à travers tout le pays d’une côte à l’autre, adopté avec un enthousiasme sans bornes par tous les Etats, depuis l’Oregon jusqu’au Maryland, le néon a frayé son chemin incandescent jusqu’au croisement le plus célèbre du monde, entre Broadway et la 7e Avenue à New York : Times Square. C’est là que le néon a pris ses quartiers, disséminant ses effets séduisants et spectaculaires, ses écrans géants qui éblouissent des millions de touristes et de passants. A présent Times Square rivalise en densité lumineuse avec cet eldorado du désert qu’est Las Vegas, la capitale mondiale du jeu,  ville du péché, de tous les excès, entre gloire et déchéance, toute en luminosité et en débordements.


Las Vegas, ses enseignes de néon enchanteresses, ses cérémonies de mariage express, ses casinos rapaces… Las Vegas, une ville principalement construite pas les syndicats du crime organisé de New York et de Chicago. Las Vegas, la ville du monde la plus lumineuse vue de l’espace, Xanadu flamboyante que Tom Wolf a immortalisée comme étant « la seule ville au monde où l’horizon n’est pas constitué d’immeubles, comme à New York, ni d’arbres comme à Wilbraham dans le Massachussetts, mais d’enseignes lumineuses… Mais quelles enseignes ! Elles surplombent tout, leurs formes toutes en circonvolution, oscillantes, défient les limites du vocabulaire de l’Histoire de l’art. »


Bien sûr, Las Vegas est synonyme depuis longtemps des aléas capricieux de la chance au jeu, ainsi la brillance des néons de Las Vegas peut aussi être vue comme emblématique de la destinée américaine, entre triomphe et rédemption, aux ascensions et chutes spectaculaires, récompensant l’audace de ceux qui savent prendre leur destinée en main. Et Las Vegas, qui brille pour toujours au fond du désert Mojave, possède aux côtés de Times Square à New York et de Sunset Boulevard à Los Angeles une proéminence symbolique dans la culture américaine et la conscience collective.

Tel Icare s’approchant inévitablement du soleil, toujours plus haut, oison rêveur attiré par le feu, le néon est inextricablement lié avec la mythologie, l’idéologie, la cosmologie de la nation américaine. Ses lanternes rassemblent les hommes que Kerouac célèbre, «  ceux qui veulent tout en même temps, ceux qui ne bâillent jamais, qui ne disent pas de platitude, mais qui brûlent, brûlent, brûlent comme un feu d’artifice, explosant comme des araignées à travers les étoiles », depuis chaque route, chaque chemin, chaque village, chaque ville et chaque comté du pays. 


Révélant le vice et l’immortalité, les aspirations et les rêves, ces théâtres et ces restaurants baignés de néon, qui offrent loisir et rafraichissements, la chair et la fortune que la vaste nuit américaine dévoile, servent de constellations guidant ces voyageurs avides de récompense, de rédemption, de gloire et même de déification. Saisissez-les, saisissez-votre destin. Voir son nom en lettres de lumière et posséder la plus formidable expression de l’iconographie culturelle américaine. Car vous aussi, vous pouvez avoir vos quinze minutes de gloire, comme l’a prédit Warhol. Vous aussi, vous rejoindrez le panthéon lumineux de Sunset boulevard. Et pourquoi pas, vous pourriez être président, un jour.


Le néon enchanteur peut cependant se révéler la plus cruelle des mégères. Et malgré les implorations de Dédale, tenter désespérément d’avoir ses faveurs devient bien trop souvent une quête chimérique. Car l’incandescence brillante du néon reste pour toujours amnésique, la course à la célébrité souvent éphémère scintille un moment dans les cieux, les mémoires et les consciences avant de s’achever brutalement, inévitablement, de façon spectaculaire. Des étoiles pâlies, des rêves brisés, une étoile polaire affaiblie, pour courtiser le néon, il faut être prudent, si l’envie vous prend de le posséder pour plus d’une seule soirée lumineuse.


Parce qu’après tout, tout ce qui brille n’est pas or.

 

 


Le Neon Plaid est l’un des imprimés principaux de notre saison automne-hiver 2014. Il s’inspire d’un élément typique de la culture du nord-ouest américain (il n’y a qu’à compter le nombre de personnages de Twin Peaks arborant la fameuse chemise à carreaux par exemple) mais le détourne en y injectant un élément lumineux rappelant les tubes de néon, comme vus à travers un filtre brumeux.

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La lumière émergente de la pénombre est un élément bien connu de l’univers de David Lynch qui est au cœur de l’inspiration pour les collections automne-hiver 2014. Dan Flavin quant à lui, connu pour son travail utilisant abondamment les néons, est l’un des artistes préférés de Carol et Humberto. Ce n’est donc pas un hasard si les tons lumineux et pétants sont si caractéristiques de presque toutes leurs collections pour KENZO.

 

Le vacillement des lignes de ce motif est presque hypnotisant, comme une métaphore visuelle de la célèbre devise de Lynch « things are not what they seem » que l’on pourrait traduire en français par « les apparences sont trompeuses ». Cet imprimé Neon Plaid, décliné en trois couleurs, blanc, fuschia, et ‘Wild Lime ‘, illumine les robes, les pantalons et les hauts de la collection femme et vitalise les jeans de la collection homme.