Rue de Rennes - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

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La rubrique Book Corner s'emploie à vous donner un petit aperçu de la culture californienne tout au long de l'été, à travers une selection d'ouvrages choisis et commentés par Angelo Cirimele. Cette semaine, il a choisi de revenir sur l'un des artistes les plus emblématiques de Los Angeles des 90 : Mike Kelley.

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« Ce que je préfère dans une exposition de Mike Kelley, c’est regarder les gens regarder les installations – je l’accorde, c’est plus confortable. Reste que les dispositifs que l’artiste de Los Angeles met en place, ici des couvertures et des peluches, en apparence si inoffensifs retournent littéralement leur public tant ils peuvent se révéler cruels ou pervers. Je passe sur les métaphores ou les transpositions qu’on peut opérer avec le monde adulte, la masculinité et la féminité. Le public est balloté, pris dans une douceur plus rude que prévue. Ce livre, paru à l’occasion d’une exposition, joue sur les angles : il juxtapose des cadrages descriptifs et neutres avec des gros plans plus dramatiques, révélant ainsi l’arrière plan humain derrière les peluches. Pas un livre d’enfant, donc. »

« Arenas », Mike Kelley, 2010, 44 p. Ed. Skarstedt gallery, New York.

Kenzo - 60, rue de Rennes, Paris.

Cette saison, nous essaierons de vous faire partager le regard que portent Carol et Humberto sur l’état où ils ont grandi : la Californie.  La rubrique Book Corner s'emploiera à vous donner un petit aperçu de cette culture à travers une selection d'ouvrages choisis et commentés par Angelo Cirimele. Cette semaine, il a choisi un supplément du magazine Vogues Hommes International dédié au photographe Bruce Weber et à sa muse : Kate Moss. Bruce est bien connu pour ses photos provocantes qui dépeignent une jeunesse frivole et idéalisée, représentée le temps d'un numéro par Kate.

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« Si j’aime les magazines de style, au point d’y consacrer une publication, c’est qu’ils échappent parfois à leur statut d’objet jetable pour accéder à autre chose : une mémoire du temps. Ainsi, ce supplément gratuit à Vogue Hommes International de septembre 2006, consacré à Kate Moss, sous l’objectif de Bruce Weber, qui l’avait découvert quelques années plus tôt. C’est autant un recueil d’images de mode qu’un album de photos intimes, maquetté de manière parfois enfantine en compilant autant de photos que possible. La spontanéité et la présence sont de toutes les pages et la sincérité n’est pas feinte. Ce supplément en papier glacé ne valait rien, il est aujourd’hui un collector. »

 

« Kate Moss is the girl that got away », 2006, 48 p. Supplément à Vogue Hommes International, Ed. Condé Nast.

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Cette saison, nous essaierons de vous faire partager le regard que portent Carol et Humberto sur l’état où ils ont grandi : la Californie. Nous tenterons de vous faire partager leur connaissance de cette nature sauvage, désertique et dans le même temps proche de l’océan, des contre-cultures et mouvements underground  aussi variés que la scène punk d’Orange County ou la scène rap de South Los Angeles, la cuisine typique des fermes locales comme celle inspirée de la cuisine mexicaine… La rubrique Book Corner elle aussi s’emploiera à vous donner un petit aperçu de cette culture. Cette semaine, Angelo Cirimele nous parle du livre "Rewilding" de Cass Bird.

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« C’est le titre, plus que la photo de couverture, qui m’a fait ouvrir ce livre : "Rewilding", intraduisible en français, mais dont on saisit immédiatement l’idée. La photographe Cass Bird embarque quelques amies et connaissances féminines – choisies pour leur énergie, leur esprit et leur spontanéité – loin de tout, dans le Tennessee. Là : l’eau, le soleil, les corps, la nudité, le mouvement… Cassie Bird trouve les moments (les provoque ?) qui sont du présent pur, du ici et maintenant. La nudité fréquente n’est pas érotique, juste « naturelle » et l’atmosphère du livre est celle d’un petit monde à côté du monde, un espace-temps préservé des codes et des conventions – au point que les jeunes femmes y pissent debout. »

« Rewilding », Cass Bird, 2012, 88 p. Ed. Damiani, Italie.

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On peut se demander quel est le statut du dessin ou de la peinture, comme pratiques, mais aussi comme objets, quand l’essentiel des images que nous voyons sont photographiques et dématérialisées. C’est à cette étrange expérience que nous invite l’artiste Elizabeth Peyton, augmentant notre trouble puisqu’elle se plait à choisir ses sujets dans l’actualité princière, du sport ou de la pop.

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Du coup, un Jarvis Cocker ou Sid Vicious dessinés renvoient à une certaine intimité, celle du temps de la pose, celle du même espace partagé entre qui tient le crayon et le modèle. Peyton nous montre ainsi des personnes que nous ne voyons sinon que comme des images, de télé, d’Internet ou de tabloïds. Mais il y a aussi Napoléon, Elisabeth ou Charles, qui eux aussi deviennent des humains sous le pinceau de l’artiste. Ce livre, qui rassemble près de 200 œuvres choisies par Peyton, est encore un étrange chassé croisé entre photographie et peinture, rejouant les cadrages de l’un dans la pratique de l’autre.

 

"Elizabeth Peyton", 2005, 264 p. Ed. Rizzoli.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

Si la publicité grand public peut être agaçante dans son injonction obsessionnelle à la consommation, elle n’en demeure pas moins le témoin d’une époque, de ses clichés, de son vocabulaire et de son style – raison pour laquelle des musées s’y intéressent aujourd’hui. Ad/Art, qui rassemble les images publicitaires de Cheyco Leidmann, fait ainsi office de voyage dans le temps, non que les années 80 soient si éloignées, mais on y mesure que la vitesse du style est supérieure à toutes les autres. 

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Images multicolores, univers fantastico-cinématographique, objets aujourd’hui interdits (cigarettes et ses dérivés), mannequins irréels… l’imagerie publicitaire des eighties reste un objet à part, figurant du rêve et stylisant le réel. On mesure aussi à quel point les productions bénéficiaient de budgets confortables et la retouche était un métier naissant. Et si le nom du photographe ne dit presque plus rien aujourd’hui, c’est qu’on pouvait être une star, hier, quand on travaillait dans la publicité.

"Ad/Art", Cheyco Leidmann, 1983, 132 p. Ed. Love me tender.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

Et si l’ordinateur avait été un carcan, un process contraignant pour les faiseurs de magazines et autres fanzines ? Certes, ils sont nés avec une souris au bout des doigts et un Mac jamais loin, mais s’affranchir des typo et des grilles pour revenir à l’illustration, aux ciseaux et la colle, voilà qui ressemble à un revival 70’s : back to nature! 

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Galore, c’est un peu ça, avec le glamour en plus. Des pin-up illustrées ou photographiées, des typos dans tous les sens, un calendrier sexy, beaucoup de noir et blanc, du papier journal… en somme tous les ingrédients qui ont fait le succès des Ritz (de David Bailey), de Façade ou du Andy Warhol’s Interview des débuts. Avec Galore, on fait un voyage dans le temps : 100 pages pour visiter les années 60, leur insouciance et leur sexyness.

Galore, n°1, 2012, 100 p.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

Un catalogue d’exposition de graphisme qui s’ouvre sur une citation d’Ulysse de Joyce est de bon augure. Dan Rickwood n’aime pas beaucoup la notoriété, puisqu’il se fait appeler Stanley Donwood, et est célèbre pour les pochettes du groupe Radiohead qu’il a dessinées. Très complice avec Thom Yorke, le chanteur du groupe, on parvient d’ailleurs mal à démêler le travail de l’un et de l’autre et, bien sûr, ils prennent un malin plaisir à n’en rien dévoiler. Le travail de Stanley Donwood est polymorphe : dessin naïf et typographie, pixels et layout, peinture et collage… 

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Ce catalogue, organisé en chapitres, marque les allers-retours entre le travail personnel et celui appliqué à une commande. Nourri de nombreux textes et de récits, il décrit les méandres mais aussi les trouvailles qui alimentent la production d’un graphiste. On éprouve toutefois un léger pincement en refermant le livre : les pochettes de disque sont (presque) de l’histoire ancienne…

Red Maze de Stanley Donwood, 2010, 160 p. Ed. Schunk, Netherlands.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

Un autre livre consacré à Marilyn ? Oui, un autre… Celui-ci frappe par l’humilité de son format (23 x 23 cm) et la fragilité de l’image de couverture, un peu floue et granuleuse. Le livre reprend 45 images, extraites d’un film Super8 réalisé en 1955 par un jeune fan de 14 ans, Peter Mangone, qui attendait Marylin à la sortie de son hôtel. 

 

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Loin de l’esprit paparazzi, le jeune homme l’accompagne le temps d’une après-midi normale, qui laissera la spontanéité de l’actrice se glisser dans chaque image ainsi que sa bonne humeur dès qu’une caméra est enclenchée. Le grain des images cristallise le côté précieux de ce moment comme un autre, mais d’une (vraie) star de cinéma. La fascination opère aussi car, en contrepoint des films hollywoodiens écrits et parfois surjoués, Marylin apparaît ici sans détour, comme dans une vidéo qu’on filmerait aujourd’hui avec notre smartphone. Sauf que nous ne sommes plus jamais spontanés dès qu’une machine est dans les parages…

 

 

 

"Marilyn Monroe NYC, 1955", Peter Mangone, 2012, 54 p. Ed. Danziger gallery, New York.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

 

Se faire un nom dans le design français, qui est écrasé par Le Corbusier, Charlotte Perriand, Pierre Paulin, et autres Roger Tallon est assez délicat. Maria Pergay y est parvenu, en cultivant sa spécificité : l’acier inoxydable, qu’elle a travaillé pour tous types d’objets et de mobilier.

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Son travail est donc hérité de l’ère industrielle, qui domestiquait les matériaux « non nobles ». Maria Pergay disait de l’acier : « soit vous le charmez, soit il vous charme », comme s’il s’agissait d’un animal de compagnie fidèle mais rusé. La designer a aussi associé l’acier à des matières plus végétales comme le bois, créant ainsi des contraste et ouvrant la voie à une démarche plus poétique que les fonctionnalistes qui l’ont précédée. Cet ouvrage est le catalogue raisonné des créations de Maria Pergay, qui entre dans sa sixième décennie de création.

Maria Pergay, Complete Works 1957-2010, 2011, 304 p. Ed. Damiani.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.

Cela fait bien trois décennies que la mode revisite le passé avec une certaine application. Les périodes particulièrement remises à l’honneur vont des 50’s aux 80’s ; mais avant ? 

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Ce livre compilation vient opportunément passer en revue la mode des années 1900 à 1940. Si l’accent est mis sur les produits, les looks et les attitudes transparaissent et, comme au cinéma, le voyage dans le temps opère. Le sur-mesure étant alors très répandu, on vend des matières premières, au premier rang desquelles les étoffes. On voit aussi la représentation évoluer : les catalogues et publicités se sophistiquent et le livre se transforme en cours de graphisme appliqué. Une dernière chose frappe : l’absence de photos, laissant la place à l’illustration et donc à une construction idéalisée de l’homme et de la femme modèles.

 

 

00’s-40’s, Vintage fashion, 2011, 304 p. Ed. Monomagazine
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.