Kenzopedia #21: U comme ...Underground - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

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« D’où vient la magie de L.A.? L.A., véritable bouillon de culture musical, est une source d’inspiration perpétuelle. Différents styles y évoluent, se divisent et se rassemblent : voilà ce qui rend la ville unique. Comme un secret bien gardé, la cité des anges est un carrefour culturel qui offre une source d’inspiration baignée de soleil, en opposition avec Paris, Londres ou Berlin, qui eux sont en saturation totale. On sent clairement que l’ambiance à L.A. est  plus jeune. »


Pour la seconde partie de notre incursion dans le milieu de la musique à L.A., Milly McMahon a rencontré trois représentants de la scène électro à L.A. : les groupes Inc. et Rare Times, et l’artiste P. Morris, afin d’avoir leur point de vue sur la nouvelle scène musicale et de savoir comment tout reste frais, alors que la température ne cesse de grimper !

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P.Morris

 

Natif du Kansas, P.Morris a déménagé à L.A. pour vivre sa vie de façon étincelante et solaire. Membre du collectif Fade to Mind et patron du label Bear Club Music Group, P. Morris a déjà produit des morceaux pour Kelela, Solange, Feist and LE1F. Il est aussi un fin connaisseur des tacos de Los Angeles et de la cuisine Thaï.


Milly McMahon : Quelle est la chose qui t’a le plus frappé quand tu es arrivé à LA ?
P. Morris : En gros, dès que je suis arrivé à LA, j’ai adoré le climat. C’est un énorme cliché, mais venant du Kansas où tu peux passer de l’hiver à l’été en une journée, c’était pour moi un vrai avantage d’avoir un temps stable. Un des autres aspects positifs de Los Angeles est la proximité avec la nature, alors qu’à New York tout n’est que béton. Ici, je suis à moins de 30 minutes en voiture de l’océan, de la montagne, et je peux aller me promener dans la nature.

 

M.M. :  Est-ce que tu as changé ton style de musique depuis que tu as emménagé ici ?
P. M. : Bien qu’il soit trop tôt pour en parler, je pense que LA a commencé à avoir une influence sur ma musique. Je crois qu’au plus profond de moi, j’ai toujours eu le sentiment que j’étais un artiste « expérimental ». En étant ici, j’ai découvert d’autres façons de tenter de nouvelles expériences musicales et avoir le sentiment que j’ai ce genre de liberté n’a pas de prix pour moi. En général, quand je travaillais sur des morceaux à Lawrence dans le Kansas, j’étais un peu replié sur moi-même, j’avais tendance à rester chez moi au lieu de sortir. Depuis que j’habite ici, je ne peux pas m’empêcher d’entrer en contact avec d’autres influences, d’autres idées que j’arrive à intégrer dans mon processus créatif.

 

M.M. : Comment te situes-tu par rapport à la scène musicale de LA dans son ensemble ?
P. M.  : En général, L.A. est représenté comme un terrain fertile pour la culture pop et la musique pop. Etre ici, entouré de cette culture, m’a aidé à remettre en question et à élargir l’idée que je me faisais de ma musique et la façon dont je la définissais. Je n’ai pas vraiment sorti de nouveaux morceaux depuis que je suis ici, mais je crois que la prochaine étape sera de puiser dans les influences qui m’ont marqué depuis que je suis arrivé. 

 

M.M.  :  Outre la Californie, y a-t-il d’autres endroits du monde qui te plaisent ?
P. M.  : Récemment, je suis allé sur la côte Pacifique dans le Nord-Ouest des Etats-Unis, et je suis littéralement tombé amoureux de cet endroit. L’Oregon et Washington sont deux Etats incroyables, et je peux très bien me projeter là-bas.

 

Ecoutez P. Morris sur Soundcloud.

 

Rare Times, un duo composé de Alex Talan and Anthony Calonico.

 

Alex Taland et Anthony Calonico, plus connus sous le nom de Rare Times, ont sorti leurs disques sur le label local Feel So Real. Leur musique s'inspire laregement des ambiances sexuelles des soirées illégales de la côte Ouest, ils partagent même leur espace de travail avec une boite de production classée X..

 

(Photo par Mike Harris)


Milly McMahon : Comment Rare Times a-t-il été commencé ?
Alex Talan : Anthony et moi, on s’est rencontré à la fac et on s’est mis à faire de la musique ensemble, des morceaux riches et romantiques, avec des influences de Vangelis et de David Bowie. Je suis de LA au départ, et j’ai convaincu Anthony de venir vivre ici. On a emménagé dans un entrepôt au croisement d’Alameda Street et OIympic Boulevard, et on a commencé à sortir dans les endroits underground du quartier. La dance nous a beaucoup influencés. 

 

M.M.  : Pourquoi la Californie est-elle devenue selon vous un tel vivier de nouveaux talents ?
A.T.  : La Californie est un endroit magnifique, avec des gens cools et ouverts d’esprit. LA dispose d’un nombre incroyable d’espaces industriels qu’on peut louer pour trois fois rien, et les musiciens ont besoin d’espace pour vivre, jouer et faire du bruit ! La scène est assez variée et tu peux aller écouter du jazz, du funk, de la techno, de la house, du disco et de l’industriel. La culture underground est très présente et il y a très peu de limites pour les artistes, le public est facilement disposé à écouter de nouveaux sons.

 

M.M. : Comment expliquer que la côte Ouest soit un endroit si particulier pour les mouvements underground ?
A.T. : Je crois que l’esprit de la côté Ouest est hédoniste. Même si ta musique a un côté super sombre, dehors, il fait toujours beau et chaud.
Anthony Calonico : il n’y a pas vraiment de séparation entre les différents genres ici. Tous les musiciens, les producteurs et les DJ ont des potes qui écoutent différents styles. Et puis il y a tous ceux qui font que ces mélanges et ces rencontres marchent, et ils sont nombreux : Dublab, Mount Analog, No Way Back, As You Like It, Droid Behavior, A Club Called Rhonda, Funkmosphere…

 

M.M.  : Comment décririez-vous le son qui est le vôtre ?
A.C.  : C’est un mix sensuel, avec une touche de variétés, de la house un peu mélo, et un soupçon de jazz. J’adore poser ma voix sur le beat, offrir quelque chose de doux et de beau sur une base rythmique un peu brutale, sans la remettre en cause mais au contraire en dialoguant avec elle. On a envie d’attirer les gens dans notre monde, un monde fait d’imagination tout autant que de réalité. Notre musique est souvent qualifiée de rétro, ce qui lui rend justice. Mais on s’intéresse aussi à des associations un peu bizarres, des gammes new age, de la pop commerciale, avec un rythme de plus en plus marqué. Certains de nos morceaux les plus récents s’écartent un peu de la pop et explorent d’autres formats, qui durent plus longtemps.

 

M.M.  : La plupart de vos compositions font référence à LA, est-ce que vous vous voyez plutôt comme des voyeurs qui observent la ville de l’extérieur, ou bien est-ce que vous envisagez les choses depuis l’intérieur ? 
A.C. : Quand on habitait sur Alameda Street, au-dessus du club de striptease Sam’s Hofbrau, c’était difficile de ne pas être un voyeur. Parfois, quand je suis sur le toit de mon immeuble dans le quartier de Koreatown, je joue de la trompette pour les gens qui passent dans la rue. J’essaie de ressentir et de retranscrire leur humeur et leur tempo. J’ai l’impression d’être la gargouille du jazz ! J’adore regarder les autres et qu’on me regarde.

 

M.M. : Quels sont les avantages d’être à LA pour un musicien ?
A.T. : Les gens sont ouverts d’esprit et ils sortent tous les soirs !

 

M.M. : Y a-t-il beaucoup de différence entre LA le jour et la nuit ?
A.C. : Ca peut être assez brutal la journée, surtout si tu es coincé dans ta voiture sans la clim. La nuit, on a l’impression que tout peut arriver et que tout est possible. Il y a beaucoup à faire, et c’est plus facile de se déplacer. Koreatown est en ébullition 24 heures sur 24. Wi Spa bouge plutôt vers 3h du matin.

 

M.M. : Quelle est la dernière chose vue ou entendue qui vous a vraiment touchés ?
A.C.  : Jessie Lanza au Bootleg Theatre en janvier dernier. C’était une expérience magnifique et hypnotique. Elle est arrivée sur scène telle une déesse, auréolée d’une lumière blanche, ses cheveux longs au vent. La salle était pleine à craquer, et tout le monde a adoré la musique. Chaque morceau donnait parfaitement sur scène et les arrangements, réduits au minimum, étaient d’autant plus efficaces. Et elle avait une voix incroyable.     

 

Ecoutez Rare Times sur Soundcloud.

Inc.

 

Inc. est le duo formé par les frères Andrew et Daniel Aged résidents de longue date de Los Angeles. Le groupe a déjà partagé la scène avec Raphael Saadiq, Dam-Funk, Steve Arrington, John Legend ou encore FKA Twigs. Signé sur 4AD, le duo prépare actuellement une tournée en Europe et la sortie de leur album.

 

Milly McMahon  : Pourquoi est-ce que vous avez commencé à faire de la musique ensemble ?

Alexander Aged : Nous n’avions pas le choix, la musique, c’est tout pour nous. Ca nourrit et apaise l’esprit.

 

M.M.  : Avant de former un duo, vous avez travaillé aux côtés de gens tels que Pharell, Cee-Lo et Elton John. Dans quel contexte avez-vous décidé de former INC. ?
A.A.  : Ces expériences nous ont beaucoup apporté. En ce qui concerne INC., c’était juste un truc qui s’est imposé à nous, une rencontre entre instincts et esprits.

 

M.M. : Comment le fait de grandir à LA vous a-t-il influencé en tant qu’artistes et en tant qu’individus ?
D.A.  : On a grandi dans une petite ville de Californie. Depuis quelque temps, LA ne nous réussit pas trop et en ce moment on essaie de réunir assez d’argent pour quitter la ville.

 

M.M.  : Comment décririez-vous la scène musicale actuelle à LA et en Californie ?
A.A. : L’autre jour, j’étais au marché avec mon amant(e) et on a vu un vieux couple qui jouait de la musique ensemble et on aurait dit Tony et Esther en vieux. J’ai acheté deux pots de houmous, et un avocat. C’était idéal.

 

Ecoutez Inc. ici

Carol et Humberto sont tous deux de grands amateurs des cultures underground qu’ils adorent confronter au monde et aux codes plus conventionnels du mainstream.

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Une démarche singulière qu’ils défendent tout particulièrement à travers leur vision créative, des différentes collaborations, au choix des photographes pour les campagnes, en passant par les compositeurs de nos bandes sons de défilé. Pour les collections KENZO, le duo s’inspire sans cesse d’un underground qu’ils retraduisent grâce à leur vocabulaire vestimentaire si particulier. Cette saison le punk, le skateboard et la beach culture sont notamment à l’honneur. Cet hiver ce sera au tour du cinéma expérimental de Lynch.

 

Découvrir plus sur les influences underground de la collection printemps-été 2014:

'Scratch your name on my Arm' par Deanna Templeton.

La scène underground de la côte Ouest par Milly McMahon.

Mike D. du groupe Beastie Boys.

Le punk British de Malcolm Maclaren.