MAT MAITLAND IS BACK TO THE WILD - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

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La californie est l'inspiration principale des collections printemps-été chez KENZO. C'est aussi l'endroit où ont grandi Carol et Humberto. L'occasion rêvée pour nous de tenter d'en savoir plus sur le golden state, avec l'aide de locaux qui nous inspirent particulièrement. Hala Matar faisait bien sûr partie de ceux-là. Hala a réalisé le court-métrage « Automobile Waltz » que nous avons publié ce mois-ci. Elle nous parle de la relation spécifiquement californienne qui existe entre musique et paysage et fait le tour d'un cliché : écouter la radio en voiture à Los Angeles.

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KENZINE : Comme dans « Automobile Waltz », l'action de ton premier film « Streetcar », se déroulait déjà dans une voiture vintage. Qu’est-ce que les voitures ont de si spécial pour un réalisateur ?
Hala Matar : Elles permettent des travellings à l’infini, des jeux de reflet, et des nuages de fumée. La voiture peut voyager à la fois dans l’espace et dans le temps, car quand on écoute de la musique en voiture les souvenirs refont surface et donc on est toujours entre le passé et le présent quand on conduit.

 

K : Quel genre de musique la ville de L.A. évoque-t-elle pour toi ? 
H. M. : La pop baroque et le rock progressif.

 

K : Est-ce qu’on peut expliquer les liens qui existent entre la musique et L.A. par le fait que les gens écoutent tout le temps la radio en voiture ?
H.M. : J’aimerais que ce soit une expérience partagée et qu’on écoute tous la même radio, mais malheureusement c’est très individualiste – selon vos goûts et votre humeur du jour. Donc ce que vous écoutez change tout le temps. De plus, on écoute de moins en moins la radio, mais ses propres playlists. Du coup on passe des heures perdu dans ses pensées, porté par une playlist qu’on s’est créé, et on est terriblement seul. L.A est une ville où on est terriblement seul. La musique que j’associe à L.A est fondée davantage sur mes premières impressions et ma vision romantique de la ville que sur ce que j’écoute en ce moment.

 

K : Combien de temps passes-tu en voiture chaque jour ?
H.M. : Entre trois et cinq heures.

 

K : Écouter la radio en voiture nous ramène à des images de films dont l’intrigue se déroule dans les années 50 et où les couples se retrouvent dans les drive in ou à Mulholland Drive. Crois-tu qu’on ressente encore cette nostalgie de façon inconsciente ?
H.M. : J’allais te répondre que non, persuadée que la compagnie d’assurances Geico n’existait pas dans les années cinquante, mais en fait si.

 

K : Penses-tu que cette idée incarne une certaine image de la liberté dans la culture américaine ?
H.M. : Tout à fait. Prendre le volant quand on en a envie, partir et traverser le pays. Cependant la radio est l’antithèse de la liberté, parce qu’on vous dit quoi écouter et quoi acheter.

 

K : Est-ce qu’on retrouve la même chose au cinéma ?
H.M. : Si l'on songe par exemple à la route 66 sous un ciel radieux ou la fin de « Fear and Loathing in Las Vegas ».

 

K : En France, les radios ne sont pas diffusées par satellite et il n’y a pas beaucoup de choix. Dix stations maximum, en fonction de là où tu roules. Je sais que le choix à L.A. est incroyable, quelle est ta station de radio favorite et pourquoi ?
H.M. : Je n’ai pas de voiture hybride ou de Tesla, qui permettent l’accès à des tonnes de stations. Et puisque je n’écoute pas de pop, il y a seulement deux stations que je tolère, les vieux tubes de K-EARTH 101 ou la musique classique de KUCS. Je choisis du classique, parce que c’est ce que ma mère écoutait en voiture quand j’étais petite. Mais généralement je me connecte à Spotify, la meilleure invention de tous les temps !

 

K : Les musiciens du monde entier évoquent souvent l’idée d’un album « à écouter en voiture à LA ». À ton avis, quels sont les critères pour que ce soit le cas ?
H.M. : Une grande influence des années soixante, beaucoup de soleil, un soupçon d’Hollywood, un mélange de suspense et de meurtre. Et si vous êtes branchés high tech, vous devriez programmer la musique pour qu’elle vous accompagne selon l’itinéraire et le moment de la journée.

 

K : Crois-tu qu’écouter la musique à la radio lui apporte quelque chose en plus ?
H.M. : C’est ce que je préfère, écouter de la musique en voiture, car c’est la meilleure façon de rêver éveillé. Il n’y a rien à faire d’autre que d’être attentif à la route. Cependant, c’est quand même un risque quand on conduit parce qu’il faut être concentré et on ne peut pas vraiment être en pilotage automatique. C’est pourquoi je préfère être assise derrière et en profiter vraiment que d’être au volant.

 

K : Est-ce que tu mets la musique à fond en voiture ? Est-ce que tu chantes ?
H.M. : C’est cela, oui ! Je suis une conductrice très tendue, en fait je n’ai commencé à écouter de la musique que très récemment. J’ai peur d’être déconcentrée et donc je ne mets pas la musique très fort. Mais mettez-moi dans une décapotable dans cinq ans et je me mettrai à chanter.

 

K : Est-ce que tu peux nous donner tes trois extraits de films préférés où les gens chantent en voiture ?
H.M. : Les scènes en voiture dans "Pierrot le Fou" sont très drôles. La tentative de suicide de Kirk Douglas dans "L’arrangement" est épique. Il n’a même pas besoin de chanter. Je n’en n’ai pas d’autres en tête. "8 1/2" ?

 

K : Est-ce que tu aurais une anecdote à nous raconter où tu étais en train de chanter dans ta voiture coincée dans les embouteillages quand quelque chose de drôle est arrivé ?
H.M. : Cela fait seulement un an que j’ai le permis, donc je n’ai pas beaucoup d’histoires amusantes à raconter, mais je peux t’en raconter une qui est terrifiante : j’étais au volant en train d’écouter Devendra Banhart et j’étais complètement absorbée par l’un de ses morceaux. Je ne me suis pas rendue compte que je me dirigeais vers l’entrée de l’autoroute. L’autoroute est ma peur ultime. Je n’ai jamais pris l’autoroute, et je n’en n’ai pas l’intention. Donc je me suis arrêtée au milieu de la bretelle d’autoroute et mis les feux de détresse. Je devais faire marche arrière pour quitter la bretelle et regagner à contresens la route d’où je venais. Toutes les voitures se sont arrêtées pour me laisser passer. C’était un vrai miracle. Jacques Tati aurait été fier de moi !

 

K : Quelle est la musique parfaite pour conduire à LA ?
H.M. : J’aurais insisté sur celle des années soixante, mais j’ai écouté Frank Sinatra dans ma voiture hier et c’était la meilleure expérience de conduite que j’ai jamais eue.

 

K : Est-ce que tu écoutes différents types de musique selon que tu ailles à à Echo Park, que tu roules sur Sunset ou sur la Pacific Coast Highway (ndlr l’autoroute qui longe le Pacifique) ? Crois-tu que le paysage que tu traverses influence tes choix musicaux ?

H.M. : Mes choix dépendent davantage de mon humeur, ou bien de mon titre ou mon album du moment, que du paysage que je traverse. Généralement, j’écoute un morceau ou un album trois jours d’affilée jusqu’à ce qu’en j’aie assez et que je passe à autre chose. J’aimerais explorer davantage les différents paysages de L.A., mais je ne le peux pas à cause de ma peur de conduire et de l’autoroute. Par exemple, je n’ai pas le courage de conduire sur la Pacific Coast Highway. Cependant l’heure de la journée joue vraiment un rôle. J’ai tendance à écouter des morceaux qui bougent le matin, et des titres plein de suspense ou des compositeurs Russes en fin de journée.

 

AUTOMOBILE WALTZ

Pour retranscrire parfaitement l’ambiance et le thème de nos collections printemps 2014, nous avons choisi de collaborer avec la réalisatrice Hala Matar ainsi qu’avec les acteurs Anton Yelchin et Lydia Hearst. Ce film cherche à restituer à la fois l’esprit de la côte ouest américaine et l’atmosphère qui y régnait au début des années 60. Une introduction toute trouvée pour notre thème de prédilection cette saison. Bienvenue en Californie !

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Dans ce film, les personnages roulent au milieu d’un décor de cinéma en voitures de collection, évoluant dans différents paysages typiques des vieux films hollywoodiens. Les cheveux sont gominés, la conversation  est rare. La scène est une reminiscence des sensations que l'on peut avoir devant un film avec Rock Hudson ou en regardant des photos de fêtes incroyables à Palm Springs. Pour Hala Matar, le point commun entre les voitures et la collection, c’est « leur caractère intemporel et classique ».  Pour nous l’imprimé "Waves" de la collection évoque la grande époque des surfeurs sur les plages californiennes dans les années 60.


Anton et Lydia incarnent avec talent les personnages emblématiques des films de cette période flamboyante : l’homme sûr de lui et la jeune ingénue. La musique, jouée par un mini-orchestre de musiciens en live, accompagne la narration de chaque scène et fait naturellement le lien entre l’homme et la femme, l’amour et les regrets.

KENZO campaign gets animated!

Dans la même veine que la campagne précédente, cette nouvelle collaboration avec TOILETPAPER bascule encore un peu plus dans le surréalisme et dépeint une autre facette de l'univers KENZO.

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Inspirée par les grands thèmes de la collection printemps-été, on se retrouve plongé dans un monde fantastique peuplé de poissons géants, de vagues et d'éléments marins hypnotiques.
On découvre l'actrice et mannequin Devon Aoki aux côté de Paul Boche dans une séries d'images qui invitent au voyage.

 

Animation par Thomas Traum
Musique: "Groove-Script" de Joe Howe (à venir sur Sound Pellegrino)
 

INVISIBLE EYE

Le groupe Chateau Marmont est, tout comme nous, très porté sur les yeux !
Voilà leur toute nouvelle vidéo "Invisible Eye" par Shinya Sato.

 

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Les Chateau Marmont jouent à la Maroquinerie, à Paris, ce jeudi 19 septembre !

BACK 2 THE WILD

Le film "Electric Jungle" que j'ai fait pour Kenzo était ma première expérience de la vidéo, j'avais toujours eu envie de voir comment mon travail de collages pouvait s'animer. Le résultat a eu tellement de succès que j'ai eu envie de remettre l'expérience rapidement. J'ai travaillé régulièrement avec Basement Jaxx depuis 12 ans, ayant travaillé sur les artworks autour de l'album "Rooty" où j'ai eu en charge la D.A. à partir des visuels de quelqu'un d'autre ou plus récemment sur "Scars", où j'ai réalisé toute l'imagerie: un panel de collages avec des guerriers/animaux pour la pochette. Comme avec ma collaboration avec KENZO, mon travail avec Basement Jaxx est basé sur le partage d'univers visuels assez proches où je n'ai pas eu beaucoup à m'adapter (ou trop modifier mon style personnel). On m'a donné beaucoup de liberté. 

 

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Quand le groupe m'a demandé de travaillé sur leur nouveau single "Back 2 The Wild" j'ai eu envie d'essayer de rassembler mon travail de DA, de graphiste et mon travail photographique pour la pochette mais aussi pour la vidéo et le film "Electric Jungle" venait de me donner la possibilité de travailler dans ce sens justement. Il y a une parenté entre ces deux films et ils sont tous deux inspirés par des images de mon travail personnel que j'appelle "Jungle Love" mais chaque film avait des élément particulier à prendre en compte. Comme "Back 2 The Wild" est un clip, il était nécessaire de placer une interprétation au coeur de la vidéo pour porter la chanson, ce qui signifiait donc qu'il fallait l'écrire d'une façon totalement différente de celle pour laquelle j'avais opté pour "Electric Jungle", qui était plus éditoriale puisqu'elle plaçait la collection au centre du discours.


Je suis vraiment heureux que KENZO ait vu le potentiel de mon travail d'illustration et me demande de réaliser cette vidéo. C'était un rêve de travailler avec eux sur un film de mode et cela m'a permis d'explorer cela pour un clip ensuite. Mes amis se moquent de moi en me disant que j'ai passé les six derniers mois dans la jungle et c'est vrai que même si c'était super, c'est pas mal aussi de rentrer à la maison!

 

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