Tête à tête avec Laetitia Hotte

Tête-à-tête avec Laetitia Hotte, une photographe française qui a réalisée de très belles images autour de l'imprimé Forest pour KENZO...Elle nous parle de son travail, de ses obsessions photographiques et de la façon dont elle a joué avec nos imprimés pour cette série.  

 

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KENZINE: Pour commencer, j'aimerais savoir comment tu définierais ton travail?
LAETITIA HOTTE: L'exercice n'est pas évident...
J'aurais du mal à définir précisément mon travail, mais je peux dire que je m'efforce de créer des images plutôt minimales et assez structurées.

 

K: Que cherches-tu à transcrire le plus souvent?
L.H.: Cela dépend pas mal des projets... Certains photographes essayent de raconter des histoires pour chaque série, mais je ne crois pas que ce soit vraiment mon cas. Je travaille plutôt sur le ressenti, en partant d'une idée de composition, de formes ou de couleurs par exemple, un peu à l'image d'un tableau abstrait.
Lorsqu'il s'agit de séries de mode, j'essaye surtout de trouver une manière de mettre en valeur la forme du vêtement et le mannequin. Que ce soit à travers la lumière ou l'attitude des corps, j'aime l'idée que le vêtement et le corps ne fasse qu'une seule masse. Un peu comme dans la danse, une fois en mouvements les danseurs et leurs costumes ne font qu'un...

 

K: As-tu des obsessions photographiques?
L.H.: Oui, j'en ai beaucoup en ce moment, en particulier tout ce qui touche à l'étrange.
Cette série pour Kenzo était justement l'occasion d'approfondir une de mes obsessions que sont les contorsionnistes. Je suis fascinée depuis longtemps par la capacité qu'ont ces filles - car il y a très peu d'hommes - à jouer avec les limites de leur corps.

 

K: Quelles sont les artistes qui t'influencent ou t'ont influencée ?
L.H.: J'ai toujours été passionnée par le travail de William Eggleston, c'est en m'intéressant à ses images que j'ai commencé la photographie. Sinon, la musique de Steve Reich ou des chorégraphes comme William Forsythe ou Anne Teresa de Keersmaeker ont une influence importante sur moi... Tout comme beaucoup de photos amateurs d'anonymes sur les innombrables tumblr qui ont proliféré ces dernières années !

 

K: Dans cette série, comment as-tu utilisé les imprimés Forest et Orchids?
L.H.: Ces imprimés Kenzo sont particulièrement intéressants pour l'aspect déformé de leurs motifs.
J'avais envie d'accentuer cette déformation jusqu'à créer une ambiguïté entre le motif déjà étiré et les formes du corps.
Travailler avec des contorsionnistes permettait, justement, de créer une double illusion, entre l'effet optique déjà présent dans le motif, et ces corps déformés qui se mêlent aux tissus. Chaque fille portait un vêtement pour une figure précise de contorsion, c'était intéressant de donner vie à ce motif, presque jusqu'aux limites du corps.
 

K: As-tu un souvenir particulier lié à KENZO?
L.H.: Oui, j'étais tombée il y a quelques années sur les campagnes de Hans Feurer pour Kenzo dans les années 80, et j'avais été marquée par l'énergie et la couleur particulière de ces images.

www.laetitiahotte.com