Tête à tête avec TOILETPAPER

TOILETPAPER est de retour cette saison en créant une seconde campagne pour KENZO, teintée de leur sens de l'humour et d'un surréalisme qui est leur est cher.

Ils nous livrent les secrets de leurs photos si particulières.

 

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KENZINE : La campagne automne-hiver 2013 était un franc succès et beaucoup ont même suggéré qu’elle était une des meilleures de l’année… Vraiment pas mal pour une première campagne en équipe ! Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’une campagne est réussie et qu’elle parvient à faire la différence?
Toiletpaper : Les images de Toiletpaper sont faites d’images simples, le genre d’images que l’on peut décrire à des amis à un dîner, sans parvenir cependant à expliquer complètement ce sentiment étrange qu’elles provoquent au creux de l’estomac. C’est la même chose pour la campagne : elle a probablement bien marché parce qu’elle reposait sur cette manière de traiter ce qui nous est familier comme quelque chose de radicalement étrange, et inversement.

 

K : Quels sont les éléments clefs dont vous avez besoin pour créer une campagne pour KENZO (en termes de ton, de couleurs etc…) ?
TP : Il n’y a pas vraiment d’éléments clefs indispensables à chaque fois, car tout changement est bon pour la créativité, alors que la routine ne l’est probablement pas. KENZO est une marque qui correspond à nos idées et à notre vision de la beauté. C’est aussi simple que cela.

K : La première fois où vous avez shooté pour KENZO, je dois dire que l’ambiance sur le set était un peu folle, entre les chevaux, les chatons, le masque d’Humberto… Alors que cette fois-ci, les animaux étaient en plastique. Pourquoi ? Vouliez-vous que cela soit plus sérieux ?
TP : Comme nous l’évoquions tout à l’heure, nous aimons bien de temps en temps tout changer. Cela n’a rien à voir avec le fait d’être sérieux, puisque ces énormes poissons en plastique sont un vrai attentat au bon goût, non ? 

K : Quel était au départ le brief de Carol et Humberto ?
TP : C’est un sentiment étrange, c’est vraiment difficile de se souvenir comment tout a commencé une fois que le travail est achevé… Nous avons probablement parlé de monastères et de l’Orient, et de musique aussi… mais finalement, le brainstorming continue encore pendant le shooting, indépendamment de là où il a commencé, un peu comme le téléphone arabe.

K : Quelles étaient vos sources d’inspiration ? Un peu d’Hokusai ? Le film noir ? La mythologie ? Le surréalisme ?
TP : Pour réussir un bon plat, il faut mélanger beaucoup d’ingrédients, mais aucun ne doit prendre le dessus sur les autres. Souvenez simplement que dans nos plats, ce qui a l’air bon et délicieux peut aussi vous être fatal… Quand vous goûtez, c’est à vos risques et périls !

 

K : Est-ce que vous avez commencé votre travail avec des dessins, des mood boards, des collages ?
TP : Essentiellement des mood boards et des collages, mais nous devons admettre que probablement la chose la plus difficile quand on travaille avec nous est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre une fois que le shooting a commencé : c’est là où les idées se mettent à fuser, comme des grenouilles qui sautent partout dans une mare.

 

K : Qui fait quoi au sein de l’équipe Toiletpaper pendant le shooting ?
TP : il y a des phases de travail au cours desquelles nous discutons tous ensemble, ces moments de partage sont fondamentaux pour préparer le shooting. Puis, naturellement, les rôles se dessinent. Maurizio est un peu comme un deus ex machina qui réussit toujours à garder une distance idéale par rapport aux images, à les critiquer d’une façon neutre. Pierpaolo a cette capacité d’improviser et de réinventer les choses, de modifier une simple virgule ou tout un set, même des choses qui étaient déjà bien établies. Micol est l’œil esthétique et elle sait comment faire pencher la balance au dernier moment, quand le gâteau est prêt et qu’il ne manque plus que la décoration au-dessus.
Dans tous les cas, le territoire de chacun n’a pas de limite claire, et l’invasion des uns et des autres est plus que bienvenue, car il n’y a pas de règles fixes.



K : Comment était-ce de shooter avec des enfants cette fois-ci? Est-ce qu’ils permettent davantage de créativité, de folie, plus d’énergie ?
TP : Nous sommes nous-mêmes des enfants, donc on n’a pas vraiment senti de différence par rapport à d’habitude.

K : Comment était-ce de travailler avec Devon et Paul ?
TP : ils ont été géniaux ! Ce n’est pas facile de trouver des gens qui jouent le jeu et qui respectent les règles !

 

K : Vous avez influencé de nombreux artistes / photographes / designers… quels sont ceux qui vous influencent ?
TP : Un tas d’artistes, de photographes et de designers ! Et beaucoup de gens tout ce qu’il y a de plus ordinaire ! Nous sommes comme des éponges : on se ballade, on voit des choses qui titillent notre imagination et on les absorbe… C’est pour cela que ce n’est pas facile de remonter jusqu’à ceux qui nous ont influencés à l’origine.

 

K : Quel est le meilleur conseil qu’on vous a donné ?
TP : Choisis un job que tu aimes, et tu n’auras pas besoin de travailler un seul jour de ta vie.

 

K : Un secret à nous confier sur le shooting ?
TP : Nous avons ramené le poisson du shooting avec nous et on le garde dans une piscine gonflable. Il est encore là dans notre bureau !

K : Quelles sont vos pièces préférées de la collection printemps-été et pourquoi ?
TP : Nous aimons tellement tout qu’il nous a été littéralement impossible de faire un choix !

 

K : Que partagez-vous avec KENZO en termes de valeurs et d’esthétique ?
TP : On est tous hauts en couleur et on ne se prend pas trop au sérieux…. C’est là le secret pour continuer à être créatif et jeune dans sa tête.

 

K : Pourquoi est-ce important d’être irrévérencieux ?
TP : Parce que si vous l’êtes pas, c’est que vous êtes déjà mort.