TêTe à Tête: MAT MAITLAND

Hier, nous vous avons présenté la vidéo "Electric Jungle" de l'artiste anglais Mat Maitland et nous avions promis que nous publierions aujourd'hui une longue interview à ce sujet. Voilà donc tout ce qu'il y a à savoir sur le projet.

 

 

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KENZINE: Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ?

M M: Mon travail d’illustration est né de mon travail de réalisation graphique et artistique chez Big Active, où certains projets musicaux m’ont permis de créer des images ainsi que de maîtriser la direction artistique et le design, comme les projets « Black Cherry » de Goldfrapp ou « The Information » de Beck. À partir de là, j’ai créé un portfolio d’images hors de tout projet graphique particulier. Cela m’a permis de me consacrer aux images de mode.

 

K: Vous travaillez beaucoup avec des musiciens ou des groupes… et leurs images sont très proches de certaines marques de mode fortement ancrées dans la pop culture des années 80 ou 90. Quelle serait la principale différence en termes d’approche – s’il y en a une pour vous – lorsque vous travaillez avec une marque de mode ?
M M: En un sens, c’est la même chose, les deux vendent un rêve, même si dans la mode, il y a cette idée que vous pouvez vraiment devenir ce rêve, alors que pour la pochette d’un disque, vous êtes invité dans un monde différent, comme si le public rejoignait le groupe dans son voyage mais ne devenait pas le groupe. Je crois quand même qu’une collection de mode a beaucoup en commun avec un album, les deux ont des thèmes et des codes visuels à respecter.

 

K: Dans votre travail, vous utilisez beaucoup d’animaux de la jungle – et notamment des tigres, que nous aimons tant ici chez KENZO – selon vous, pourquoi les imprimés d’animaux sont-ils si emblématiques dans le graphisme et toujours réinventés au fil des décennies ?
M M: Très simplement parce que les imprimés animaliers sont visuellement éblouissants, ce sont des œuvres graphiques intemporelles toutes faites. Le fait qu’ils soient ancrés dans la réalité implique que chacun peut s’y retrouver, ils constituent un raccourci vers les temps sauvages et la beauté à l’état brut.

 

K: Vous avez un tumblr consacré aux pochettes d’albums. Le terme « digital diary» est très utilisé pour décrire le format des tumblr ; les envisagez-vous comme une nouvelle forme d’expression pour les artistes?

M M: D’une certaine façon, "Leopard Tree Dream" est mon propre dossier personnel et il se trouve qu’il vit en ligne pour que d’autres le voient. J’ai toujours acheté des albums pour leur pochette et j’ai pensé que ce serait sympa de les partager, de célébrer les pochettes que j’aime et les personnes qui les ont créées. En même temps, c’est une expression libre de mon esthétique qui, je suppose, rappelle mon travail, c’est aussi devenu une référence pour d’autres personnes.


K: Pourquoi s’appelle-t-il Leopard Tree Dream ?
M M: C’est le titre d’une chanson que j’adore de Giorgio Moroder, extrait de la bande originale de « La Féline ». Et je suis obsédé par les léopards.


K: Vous avez une identité visuelle très reconnaissable, pourquoi ce genre d’image fait-il un retour en force en ce moment d’après vous ? Pensez-vous que les gens ont besoin d’un certain surréalisme ou d’une « sur-réalité » en ce moment ?

M M: Je ne sais pas trop, en tant que créateur d’images, je travaille dans ce style depuis 10 ans, donc je suppose qu’à un moment il y a une convergence et que vous trouvez un terrain d’entente visuel avec certaines marques. D’une certaine façon, Kenzo et moi sommes très proches, alors c’était fantastique de collaborer avec vous, surtout à un moment où Carol et Humberto travaillent comme directeurs artistiques.


K: Pouvez-vous nous expliquer le concept derrière la vidéo « Electric Jungle » ? Quelle est l’histoire de cette fille qui court d’un univers fantastique à un autre ?

M M: Je voulais que le film soit une extension de mon monde d’illustrations, pour lui donner vie, alors la jungle en elle-même est assez surréaliste, surnaturelle, une sorte d’univers parallèle électrique. Je voulais aussi mêler autant que possible le mannequin et les vêtements, j’ai donc utilisé les motifs de Kenzo pour qu’ils fassent partie intégrante de l’histoire – parfois sur son visage, parfois dans le décor. J’ai imaginé l’histoire comme si elle avait été rêvée par un chat sauvage – des instantanés lucides d’une jungle de néons qui n’ont de sens que dans un rêve.

 

A voir:

 

 

"Lovecat / Issue 5" Image of singer Cassie for Lovecat Magazine. Collaboration with photographer Steven Baillie.

"Nocturne" The first time I worked in black and white. This was a personal piece.

"Eye Of The Tiger" Featuring my cat Quincy. Well, he's the closest we could get apart from having an actual leopard.

"Jungle Love Part 2" Another personal piece which inspired the Kenzo film.

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