TêTE à TêTE: RAPHAëL GIANELLI MERIANO

Raphaël suit les défilés KENZO, caméra au poing, depuis le début de la saison. Il a réalisé le petit film documentaire "Above the sky and beyond", en janvier, en suivant la collection homme automne-hiver 2013 à travers les nuages de Londres, Paris, Milan et Florence.

Cette fois-ci, il s'est éloigné de l'apparence formelle du making of et nous montre ce que personne n'a vu lors du dernier défilé: la face cachée de la Samaritaine dans la vidéo mystérieusement intitulée "Humberto et Carol à la Samaritaine". Pour nous, il revient sur ce dernier tournage effectué dans le silence de l'immense bâtiment fermé depuis 6 ans et qui a rouvert spécialement ses portes pour immortalisé une dernière fois avant sa transformation, par KENZO.

 

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Quel est le concept de la vidéo?
La Samaritaine est un lieu magnifique, en le redécouvrant j'ai eu envie d'en présenter un point de vue différent de celui que le visiteur découvre pour la première fois comme un contre champ depuis le bas de l’atrium. Un point de vue d’oiseau. Continuité des portraits de Humberto et Carol réalisés en janvier pour la collection Homme tout en proposant autre chose qu’un portrait. Un peu comme l’extension d’un rêve. C’est comme si on voyageait dans un lieu qui serait point de rencontre d’inspiration d’Humberto et Carol. La Samaritaine est le lieu de rencontre d'Humberto et Carol avec la collection et le public.


Comment est-il né?
Lorsqu'on m’a demandé de réaliser une vidéo autour de la prochaine collection et que j’ai pu visiter le lieu, j’ai tout de suite pensé à un effet visuel que l’on retrouve dans les livres pop up de Robert Sabuda : le puit dans "Alice au Pays des Merveilles". Ce qui m’a toujours plu dans cette vision d’Alice c’est que le lecteur est placé au-dessus du pop up « puit » et que c’est lui qui actionne l’effet. En l’appliquant à la Samaritaine ça donne une vue centrale d’au-dessus de l’atrium.


Avais-tu des souvenirs de la Samaritaine?
J’avais très peu de souvenirs, j’y suis allé quelques fois du temps où elle était ouverte mais les grands magasins ne m’attiraient pas plus que ça à l’époque. Ce n’est que très récemment que j’en ai revu l’intérieur et la terrasse filmés par Leos Carax pour son "Holy Motors". Je peux dire que je l’ai réellement découverte lors de ma première visite pour la vidéo KENZO.

 

Tu filmes durant les défilés depuis le début de la saison, comment perçois-tu la marque KENZO?
Lorsqu’on filme en périphérie les collections, pas directement les vêtements eux-mêmes, le jeu est de trouver une piste, un chemin qui mène à la collection et aux créateurs par la vidéo. J’aime travailler avec le réel, dans le sens de ce qui est sur place lorsque je filme, c’est donc pour cela que nous suivons Humberto dans la première vidéo, c’est lui qui nous amène à la collection. On était au cœur du processus d’élaboration du défilé. Pour cette vidéo j’ai souhaité prendre un peu de recul, ce que le lieu permettait, ne quasi plus montrer la collection si ce n’est à la fin. Tout en gardant un contact avec les créateurs d’où l’idée de l’interview du début. Ensuite, c’est la caméra et le lieu qui nous mènent au défilé. C’est ce processus qui m’amène à découvrir moi-même la marque KENZO comme un paysage à visiter. J’emprunte un chemin et au détour de celui-ci je découvre ce que j’ai filmé via Humberto et Carol, leurs interviews, leurs manières de travailler…etc : la collection même et la marque KENZO. Pour moi KENZO c’est le voyage, dans l’espace mais surtout dans le temps : le mix entre le la vision de ce duo et une marque qui existe depuis plusieurs décennies.


Tu as accès à Carol et Humberto de façon presque intime durant ces tournages, comment décrirais-tu leurs personnalités?
Humberto et Carol ont été très disponibles pour participer aux tournages des deux vidéos. Toujours prêts à essayer autre chose, ils sont très ouverts à la nouveauté. Ils m’ont fait confiance lorsque je les ai suivis en décembre et janvier dernier. Je ne suis pas journaliste donc je filme ce qui me parle, je ne cherche pas à franchir la limite de l'intime et je pense que dans le cadre de notre collaboration c’est un facteur déterminant pour la confiance entre nous. J’ajouterais qu’ils prennent la plus petite chose à coeur, du coup, cela rend les choses faciles.


Comment penses-tu qu'ils aient fait évoluer la marque en 3 saisons?
Ce qui me plaît c’est ce mélange qui naît du fait de revisiter les classiques ou les premières heures de la marque, mais au travers de leur propre filtre, un filtre très moderne. C’est un processus auquel tout créatif est confronté. Il est certain que, de cette façon, KENZO s’est rapproché de nous.

 

www.raphaelgianellimeriano.com