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KENZO Season Zero Publié le 09/10/2017

Retour à Précédemment sur KENZO.com
Pour incarner les thèmes de la collection Automne-Hiver 2017, nous avons collaboré avec trois jeunes réalisateurs : Mati Diop, Baptist Penetticobra et Eduardo Williams, dont les œuvres expriment toutes un rapport singulier au monde.

Métisses, expatriés, nomades, ils s’expriment dans leurs films par des juxtapositions de lieux fictionnels ou documentaires, de corps hybrides, incompatibles ou symbiotiques.

Les voyages se font à vélo à travers une ville, dans des monologues pop et référencés ou à travers plusieurs pays, tous territoires d’une étendue parallèle. Bolivie, France, Etats-Unis, Argentine — pays d’accueil, d’origine ou de simple passage — s’incarnent dans des couleurs, des accents et des manières de se mouvoir.
1 Episode 001 of 003
by Mati Diop
by Eduardo Williams
by Baptist Penetticobra
48°50′5″N 2°22′34.4″E
Paris, France

OLYMPE DE MATI DIOP

Une lune pleine au-dessus de Paris. Un jeune homme traverse les quartiers de la ville à vélo alors qu’ailleurs un groupe de jeunes semblant venir d’un autre monde flâne, fume, discute. Les lumières bleutées de téléphones illuminent des visages en attente, le visage du garçon à vélo se détache d’un ciel bleu qui n’est pas encore un ciel de nuit. Le titre du film de la réalisatrice française Mati Diop, Olympe, s’inspire du quartier où elle a posé sa caméra. Elle filme cette nuit parisienne sous les regards et mouvements de son frère, le mannequin Gard Diop. Une musique trap planante accompagne les plans d’Olympe et transforme cette nuit ordinaire en épisode suspendu dans le temps.

INTERVIEW

C’est le premier film que tu tournes pour une marque, est-ce que tu as appréhendé ce projet d’une manière différente ?

J’approche chacun de mes films de manière différente. Les enjeux intimes, narratifs et les dispositifs de production ne sont jamais les mêmes. Mais c’est vrai qu’un projet commissionné ou un film de commande, c’est encore autre chose. Je n’avais en effet jamais été abordé par une marque. Mais lorsque KENZO m’a approché, je n’ai pas eu l’impression d’être sollicitée par une “marque” mais par des artistes réceptifs à mon travail, qui me donnaient la chance de proposer quelque chose, de faire un film libre dans un cadre donné. De plus, il s’agissait d’une carte blanche où les vêtements seraient au service du film et non d’une commande. Ce qui à priori laissait beaucoup de liberté à mon film.

Le jeune homme qui traverse la ville à vélo se trouve être ton frère Gard Diop. Pourquoi l’avoir choisi comme sujet ?

Le désir de filmer Gard est antérieur et indépendant du projet KENZO. Gard vit à Tokyo depuis quelques mois où il travaille comme mannequin. J’ai voulu faire un film avec lui lors de son passage à Paris cet été. La carte blanche de KENZO était l’occasion rêvée de le concrétiser. Je suis partie sur l’idée d’une sorte de portrait imaginaire de Gard, composé de fragments d’instants réels et fictifs, de sa vie de jeune homme et de mannequin, sous forme de traversée de l’été à Paris. Mais au bout de quelques jours de fabrication, j’ai malheureusement dû renoncer à ce film. Je me suis rendue compte qu’au vu de sa dimension intime, romanesque et documentaire, le film devenait trop ambitieux et sauvage pour se circonscrire à un cadre.

On pourrait croire Paris complètement saturée par le cinéma mais il y a encore des lieux qui n’ont pas encore été conquis comme ceux que tu filmes. Comment les as-tu choisi ces lieux ? Quels sont tes liens avec eux ?

Je n’avais pas tourné à Paris depuis Last Night, mon premier court-métrage tourné en 2004 à Max Dormoy et aux Olympiades. À l’époque, les O. (et alentours) était l’un des seuls endroits que je trouvais filmable à Paris. Ce qui a déclenché mon désir de filmer Paris cet été, c’est moins l’envie de filmer des lieux en particulier que de saisir l’atmosphère si particulière que la canicule génère. Il y a quelque chose de l’ordre de l’anéantissement et du dérèglement qui m’intéresse beaucoup. Je trouve très poétique l’idée qu’un vent brûlant du Sahel s’infiltre et colonise Paris. D’ailleurs mon projet initial devait s’appeler Sirocco. J’ai tourné une série de plans « canicule » avec et sans Gard, entre Château d’Eau et la Chapelle mais il n’en reste que quelques secondes dans le film.

Comment as-tu rencontré le groupe de jeunes au centre de ton film ?

Dans le 13e, juste après avoir tourné une série de plans avec Gard. Ils étaient assis sur les marches de l’esplanade de la BNF en train de parler et d’écouter du son. J’ai tout de suite eu envie de les filmer. Pas simplement parce qu’ils sont « jeunes et beaux ». Ils sont bien plus que ça à mes yeux. Ils ont tout de suite accepté que je les filme et Gard s’est mélangé à leur groupe de façon assez naturelle et gracieuse. C’est comme ça que Olympe est né. De ce hasard, de cette rencontre, de ce mélange.

Ton film est celui qui met la collection le plus avant, de manière plus “fétichiste.” Comme si tu avais fait un travail de costumière et que tu voulais créer des personnages. Quelle est l’importance des vêtements dans ton oeuvre/travail ?

Dans mes films, où je m’occupe souvent moi même des costumes, les vêtements sont très pensés mais restent invisibles. Ils participent à l’incarnation des personnages, c’est un prolongement de l’écriture. Je pars souvent des vêtements des acteurs comme base de départ, auxquels je mélange d’autres pièces manquantes. Pour Olympe, j’ai procédé un peu de la même manière, en collaboration avec Georgia Pendlebury, en mélangeant les vêtements des jeunes avec des pièces KENZO.

Discover the FALL/WINTER collection

Cast

Eddy Mendy

Eddy Mendy & Adilack Saysourinhong

TZZD DE EDUARDO WILLIAMS

Un elfe s’assoupit dans un métro de Buenos Aires. De quoi rêve-t-il ? Peut-être d’être un jeune bolivien, un fabricant de robots évoluant dans une ville qui semble elle-même tout droit sortie de l’imagination débordante d’un enfant. Dans son film, le réalisateur argentin Eduardo Williams continue son projet de raccorder des lieux terrestres disjoints. Nous passons des couleurs froides de Buenos Aires à celles plus chaudes de La Paz, d’un marchand de fruits et légumes à la taverne sombre où se construisent de grandes figurines en métal. Ou plutôt autre chose. Les territoires se confondent, mais aussi les langues et les sons. C’est très loin dans les bois fantasmagoriques de Fontainebleau que ses expérimentations métalliques prennent vie sous la forme de vogueurs agiles. En quelques minutes, Williams nous fait traverser trois pays, deux continents et à travers les corps qu’ils filment, les voix et sons qu’ils capturent, c’est la terre entière au seuil de nos sens.

INTERVIEW

Comment t’es-tu inspiré du thème “Habiter la Terre”?

C’est un thème qui rejoint facilement ce dont mes films parlent en général. Donc j’ai réfléchi à ce que je voulais exprimer à travers ce format et les différentes contraintes et possibilités attachés au projet. J’aime réfléchir à ce que c’est que de vivre ensemble dans différents endroits de la planète et de partager une diversité de points de vue avec le langage du cinéma.

Dans ton film, les paysages sont défamiliarisés comme s’ils appartenaient à une autre dimension. Les personnages sont également étranges, ils ressemblent à des aliens. Est-ce que tu voulais travailler avec les ficelles du cinéma de genre pour ce projet ?

Je ne pense pas vraiment en termes de genre ou autres manières de catégoriser le cinéma. Ce qui m'intéresse c’est la relation entre une impression de réalité et de fantasme, entre ce qui est normal et ce qui est étrange. Je pense que des lieux et situations ordinaires peuvent être montrés d’une manière qui questionne cette sensation de réalité. Je pense que ces personnages ont chacun leur particularité, chacune étant spéciale à sa façon. Je pense que plus que des aliens, on peut voir qu'ils ont des intérêts et manières de vivre différents.

Dans ton film, c’est comme si les lieux étaient projetés par les vêtements que tu avais choisi.Comment la collection a-t-elle influencé tes choix de mise-en-scène?

C’était assez intuitif. J’ai vu toute la collection et ensuite j’ai pensé à différentes idées pour la vidéo, sans faire de lien logique entre les deux. J’avais plusieurs options pour le film et j’ai pris certaines décisions quand j’étais sur les lieux où je comptais tourner. C’était important pour moi qu’il y ait une un lien entre les personnes et les lieux dans la vidéo, de les voir comme un tout et ne pas avoir les personnes détachées de leur environnement.

Dans quels lieux as-tu choisi de poser ta caméra ? Quelle importance ont-ils pour toi ?

Ce sont des lieux que je trouve visuellement attrayants et dans certains cas, [je les choisi] pour leurs sons aussi. Nous avons filmé à Buenos Aires, chez un marchand de fruits et légumes et dans le métro. C’étaient les deux endroits qui faisaient partie de mon quotidien. Je pense que ce magasin est formellement intéressant, les couleurs et la manière dont les fruits et légumes sont exposés. Il y existe une relation intéressante entre le naturel et l’artificiel, c’est un lieu ordinaire qui peut être aussi assez étrange.

C’est aussi intéressant pour une personne qui souhaite être un elfe de travailler dans un endroit qui n’a rien à voir avec ça. Le métro est un autre lieu du quotidien qui est aussi très particulier, avec sa vitesse, le son. J’aime les transports publiques parce que ce sont des endroits où des personnes différentes peuvent se rencontrer. Et cela raccordait bien avec le téléphérique à La Paz, en Bolivie, qui est utilisé de la même manière mais qui bouge à plusieurs mètres au-dessus de la surface. Je voulais aussi révéler la forme particulière de la ville d’El Paz où j’étais l’année dernière ; j’avais été impressionné par ses formes et ses couleurs. Je voulais aussi filmer à El Alto, une ville près de La Paz où il y a une architecture particulière qui s’est inspirée de la culture Aymara mais aussi d’autres influences tels que Les Transformers, comme j’ai pu le découvrir plus tard.

Nous avons tourné avec Esteban Quispe, que j’ai découvert sur internet et que j’admire — il construit des robots avec des éléments qu’il récupère des poubelles. Nous avons donc tourné dans son lieu de travail à Patacamaya comme si nous étions dans la “maison robotique” à El Alto. Je voulais utiliser son travail de fabrication de robots comme connexion potentielle avec d’autres personnes très loin dans la forêt de Fontainebleau. Ce paysage m’est plutôt étrange. J’ai aimé son côté déteint qui contrastait avec les couleurs des vêtements et ses formes abstraites qui contrastaient avec les attitudes et mouvements des personnages. Je voulais mettre en lien l’image de métal et d’étincelles avec celle d’un lieu naturel que les gens exploiteraient d’une manière spéciale.

Peux-tu nous parler des acteurs ?

J’ai découvert Luis Padrón et Esteban Quispe sur internet. Ils sont très différents et ont attiré mon attention pour des raisons différentes. J’aime comment le désir de Luis d’être un elfe se traduit par la volonté de paraître “irréel”, démontrant comment une image peut-être liée à cette impression de réalité pour beaucoup de gens. Le travail d’Esteban est admirable pour moi. Il aime créer différents types de robots, et il le fait avec intelligence et un sens de l’urgence. Dans la dernière partie, j’ai travaillé avec des vogueurs. Je suis allée à plusieurs voguing balls à Paris et j’ai admiré l’énergie, le talent, la force et la place dans la société que se forgeaient les danseurs. C’était la première fois que j’allais à l’encontre d’une telle énergie. Je voulais l’inclure dans la vidéo et tout ce qu’ils expriment à travers leurs mouvements.

Est-ce différent pour toi de réaliser un film pour une marque ? Dirais-tu que film à sa place dans l’univers que tu construis avec tes films ?
C’est globalement différent dans le sens où mes idées seront liées à l’intention de vendre des vêtements quand les personnes verront la vidéo, ce qui n’est pas le cas pour mes autres films. Quelques idées que j’avais n’étaient pas adaptées. Mise à part ça, j’ai pensé librement à ce que je voulais voir dans une vidéo comme celle-ci si j’étais un spectateur, et à ce que je voulais partager de ce qui m'intéresse et ce qui a de la valeur pour moi. La contrainte de durée et de temps pour produire ce film a changé ma manière de travailler, ça c’était un challenge. J’ai continué sans vraiment être sûr que cela représenterait quelque chose qui s’intègrerait dans mon œuvre. Maintenant que j’ai terminé, je sens qu’il reflète certaines de mes idées et mon rapport au point de vue, aux paysages, personnes, connexions, diversité et d’autres choses.

Cast

Esteban Quispe

Gisela Elescano, Luis Padron & Alexis ‘Ipi’ Ayala

UNTITLED (JUICE)
DE BAPTIST PENETTICOBRA

Quelque part dans un studio à Paris. Le format vertical choisi par Baptist Penneticobra pour Untitled KENZO Film donne au film une allure picturale. Au centre, une joconde noire et moderne, d’une grossièreté et poésie réjouissantes, nous parle face caméra..;de jus d’orange. Elle est rejointe par un jeune garçon à l’accent britannique qui lui s’imagine l’incarnation même d’une marque de jus d’orange. La monomanie est partagée et elle s’exprime dans des monologues qu’on ne peut pas identifier : est-ce du rap, spoken word ou la manière naturelle dans laquelle ces jeunes gens s’expriment ? Il en importe peu. Les intonations, les inflexions, les rythmes fascinent et envoûtent. Nous ne sortons jamais de l’endroit sombre dans lequel nos héros sont assis, mais on se perd très vite, désorientés par les descriptions détaillés qui circulent dans ces monologues desquels s’érigent paysages stéréotypes d’Americana.

INTERVIEW

Ta proposition est assez surprenante, comment as-tu appréhendé le thème “Habiter la planète”?

J’avais envie de parler d’un objet prosaïque —ce genre de jus d’orange qu’on file au McDo — et de tirer le fil le plus loin possible, jusqu’à ce que cela devienne quasiment abstrait. Cela me semblait s’aligner avec "Habiter la planète", qui a à voir avec quelque chose d’universel. Un verre de jus d’orange premier prix, c’est à peu près le même partout. J’aimais bien l’idée de partir du plus petit pour parler d’un truc plus large, et en même temps d’aller de plus en plus vers quelque chose d’obscur, de théorique, jusqu’à ce que cela devienne presque stupide, aléatoire.

Tu as réalisé des courts métrages, des clips, une série et donc maintenant un film de commande pour une marque. Abordes-tu ces différentes formes de la même manière ?

Je crois que j’essaie de ne pas tout mettre au même niveau. Ce qui est vrai, par contre, c’est que la musique occupe généralement une place particulière dans mes films, et qu’à l’inverse, j’essaie d’envisager les clips comme des fictions autonomes. Pour ce film, c’était encore autre chose. 3 minutes est un format particulier, ni très court ni très long, mais qui avait l’avantage de permettre d’être plus immédiat, d’imaginer un dispositif plus pur, quelque chose qui va droit au but : 3 plans, 2 personnages, 1 long zoom.

Ce film ressemble beaucoup à un clip que tu as tourné, “Nobody” — là aussi il y a une référence à du jus d’orange. Il y-a t-il a une filiation entre ce court-métrage et le reste de tes films ?

Le monologue, est probablement le motif qui revient le plus souvent ; la nuit, le banal, un certain débit de parole. Pour ce film, j’ai essayé d’étirer l’écriture le plus loin possible en me laissant davantage porter par les sons et le rythme que produisaient le texte que par une réel raisonnement de fiction. J’avais l’impression d’écrire les couplets d’un titre de rap plutôt qu’un film, c’est un changement de logique que j’ai commencé à sentir à partir de For Real, tho, puis sur le texte de Nobody. Mes films précédents ont été écrits ou réécrits après en avoir trouvé les protagonistes en casting —ce qui a été le cas avec celui-ci également —en m’inspirant de ce que sont les acteurs pour faire naître leur discours, tout en dirigeant l’ensemble vers ce dont j’ai envie de parler.

Comment la collection a t-elle influencé ton film ?

J’ai choisi spontanément les pièces les plus simples de la collection. Je voulais éviter la logique de mode, qui donne parfois la sensation que les vêtements ont été posés sur des personnages qui n’ont rien demandé.
J’avais envie que le film se passe dans un jardin ou sous un porche, éventuellement au bord d’une piscine, avec ces chaises en plastique un peu dégueu, un lieu où les gens passent du temps à parler tard le soir, en banlieue, un truc un peu banal et qui soit en rupture avec une collection de mode. Il fallait que les personnages soient cohérents avec leur milieu puisque les vêtements soient cohérents avec leur personnage.

Comment as-tu choisi les acteurs que l’on voit dans le film ?

C’est toujours un processus assez long car je préfère travailler avec des acteurs qui n’ont jamais tourné, que je trouve via Craigslist et une tonne de petites annonces. Pour celui-ci, nous avons rencontré beaucoup de monde à Paris, mais les auditions étaient plutôt décevantes, à l’exception de Jack Robinson, originaire de Newcastle, qui n’avait jamais passé de casting ou joué dans un film, mais qui avait ce "non-jeu" que je trouvais très intéressant. Quelques semaines avant de commencer la préproduction du film, j’étais dans le Michigan, en résidence d’artiste. J’y ai rencontré Karmesha Clark, qui vient de Detroit, que j’ai trouvé sidérante. Très vite, on a décidé de la faire venir à Paris et d’en faire le personnage principal du film.

Les plans sont serrés, c’est sombre. Tout se joue dans le jeu des acteurs, dans les accents et les références. Cela pourrait se passer n’importe où comme si un lieu n’était pas forcément lié à un espace physique ou à un environnement pour toi.

Je suis toujours intéressé par les non-lieux, ces territoires et structures génériques que tout le monde identifie (le parking, le stade, l’aire d’autoroute). Ils ont un double intérêt : ils sont à la fois très évocateurs, en ce sens que quelques signaux permettent de les faire comprendre (un bout de grillage, un gobelet en polystyrène) et fonctionnent comme des unités neutres où les personnages ont la place d’exister et peuvent s’adresser au spectateur. C’est vrai qu’avec ce film, en format vertical, le décor est encore davantage réduit à un réseau de signes, quasi primitifs, et c’est justement ce qui m’intéresse.

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Cast

Karmesha Clark

Jack Robinson

notempty