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YO! MY SAINT Publié le 05/01/2018

Retour à Précédemment sur KENZO.com

Quand la voix des égéries se fait entendre... « YO! MY SAINT » est un projet artistique reposant sur trois axes, qui ne sont autres que la musique, le cinéma et la mode. Toutefois, il ne s’agit pas là simplement d’une chanson, d’un film ou d’un article de mode, mais bien d’un ensemble créatif tout droit venu de la collection Printemps/Été 2018 de KENZO. Les trois axes se fondent sur un thème commun – les muses – et notamment la mise à l’honneur, la célébration et la réinterprétation des instigateurs et des modèles de créativité.

LE VINYLE

Un vinyle présentant la chanson spécialement créée par Karen O pour le projet est désormais disponible dans les boutiques KENZO et sur KENZO.com

ACHETER L’ÉDITION LIMITÉE

LE PROJET

« Nous considérons Sayoko comme notre muse historique, tandis que Ryūichi, que nous idolâtrons, représente notre égérie moderne », s’enthousiasme Humberto Leon. Inattendu et surprenant, le casting 100 % asiatique de notre défilé a été une véritable source d’émotions. Dans les coulisses, les spectateurs, aux bords des larmes à la vue d’un tel spectacle, nous ont réservé un accueil incroyable. Nous avons ensuite passé le relais à la chanteuse du groupe Yeah Yeah Yeahs, Karen O.


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Vous connaissiez-vous avant le début du projet ?

Humberto : Nous connaissons Karen O depuis un bout de temps maintenant, et sommes amis depuis une douzaine d’années. Elle a participé à plusieurs de nos événements et nous l’avons habillée pour certaines occasions.

Karen, pourriez-vous nous expliquer comment vous en êtes venue à travailler sur « YO! MY SAINT » ?

Karen : Je me suis entretenue avec Carol, Humberto, et toute l’équipe en février, pour discuter des influences, des thèmes et des orientations du projet. Humberto, avez-vous généralement un scénario à proposer pour la collection ?
Humberto : Tout à fait ! Nous nous basons toujours sur un scénario pour nous permettre, au moins, de préparer le mood board de la collection. Parfois, il s’agit d’une histoire inventée. Pour cette collection tout particulièrement, nous avions envie de réunir un être vivant et un disparu afin de leur faire vivre une véritable histoire d’amour, au travers de Ryūichi Sakamoto et de la mannequin Sayoko Yamaguchi. C’est ainsi que nous est venue l’idée de ce scénario inventé de bout en bout, et que nous en avons parlé avec Karen. Elle s’est alors mise à écrire une chanson sur ce thème. Peu de temps après, nous avons eu la chance de rencontrer Ana Lily, puis de présenter cette dernière à Karen afin de voir ce qu’elles en pensaient. Je pense que c’est comme ça qu’Ana Lily nous a rejoints.

Karen, avez-vous immédiatement été séduite par ces thèmes ?

Karen : Humberto me l’a vendu en disant : « Il s’agit d’une histoire d’amour entre une égérie et un artiste, mais ça ne doit pas nécessairement être romantique, la relation peut être purement platonique ». C’est ce qui m’a immédiatement intéressée. Ensuite, il m’a montré les photos des personnages et mon imagination s’est directement enflammée en raison de leur origine asiatique, et plus précisément japonaise. Étrangement, étant moi-même à « moitié » coréenne, je suis ravie de rencontrer d’autres Asiatiques ou Américains aux origines asiatiques en vogue. Je pense que mon enthousiasme provient sans doute aussi de l’éducation que j’ai reçue pendant mon enfance, de mon identité, etc. Le simple fait d’imaginer les égéries d’Humberto et de Carol sous la forme d’une mannequin et d’un artiste japonais fait travailler mon imagination primaire et donne naissance à un mélodrame asiatique qui provient du plus profond de mon être. En ce qui concerne l’aspect musical, j’ai tout de suite voulu m’orienter vers le mélodramatique et le romantisme, en suscitant désir et intérêt : une recette magique que l’on retrouve dans tout bon feuilleton coréen. Toutes ces idées se sont simplement présentées à moi. Je voulais ajouter cette touche de romantisme à la fois authentique, mais tellement différente de ce que l’on a l’habitude de voir. J’ai donc pris cette direction.

Il s’agit d’une histoire d’amour entre une égérie et un artiste, mais ça ne doit pas nécessairement être romantique, la relation peut être purement platonique.

Ana Lily, comment analyseriez-vous la dynamique du pouvoir entre le photographe et la mannequin dans le film ? Le personnage du photographe « prédateur » fait débat. Pensez-vous que la chanson « YO! MY SAINT » suscite une attention similaire ?

Ana Lily : Notre culture est en constante évolution. Certains photographes prennent toujours des photos de nos mannequins en vue de mettre en valeur les vêtements, et nous désirons raconter des histoires emblématiques qui suscitent de vives émotions. Nombreuses sont les personnes qui se retrouvent dans la position de l’artiste, qui ont du pouvoir et doivent choisir la manière dont ils traitent leur égérie. Dans le cadre du processus de collaboration créative, chacun doit se sentir écouté et libre de tout jugement. J’ajoute aussi qu’à notre époque, nous avons tendance à juger de manière simultanée l’art et l’artiste. Il nous faut penser à nos intentions véritables. Et si le film nous permet de nous poser les bonnes questions et d’ouvrir le débat, je pense que c’est déjà une bonne chose.

Carol et Humberto, pour en revenir aux propos de Karen sur son enchantement à l’idée de participer à un projet rassemblant plusieurs vedettes asiatiques... « YO! MY SAINT » est une jolie façon de boucler la boucle, étant donné que le défilé a rassemblé une sélection de personnalités 100 % asiatiques.

Humberto : Durant tout le projet, Carol et moi-même n’aurions pu être plus fiers. Chez KENZO, nous aimons bien tout ce qui a trait au passage à l’âge adulte, à l’enfance dans les années 1980 et 1990, et au souvenir de l’époque où les Asiatiques n’avaient pas trop la cote. Carol racontait des histoires incroyables sur ses parents qui préparaient du kimchi pour son déjeuner à l’école, et sur ses amis qui lui disaient alors qu’elle avait mauvaise haleine.
Carol : Et aujourd’hui, le kimchi est devenu ultra tendance.
Humberto : Nous songeons à tout le chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui. C’est comme quand tu grandis et que tu prends conscience de certaines choses, qui t’embarrassent profondément, et tu dis alors à ta maman : « on ne mangerait pas plutôt les plats proposés dans l’avion, au lieu d’apporter nos tartines ? ». Et maintenant que nous sommes adultes, notre raisonnement s’est inversé et on se dit plutôt : « On va préparer quelques plats vietnamiens pour le voyage, pour éviter de manger la nourriture dégoûtante servie pendant le vol ! ». Nous vivons à une époque où nous sommes extrêmement fiers de nos origines, et je pense qu’il est important de fêter l’héritage japonais de la marque KENZO, mais également de mettre à l’honneur toute la population asiatique. C’est ainsi que nous avons décidé que notre défilé serait 100 % asiatique ; une première, étonnamment ! C’était vraiment intéressant de s’approprier cette collection dans sa forme la plus pure, pour ensuite travailler avec Karen et Ana Lily afin de passer au niveau supérieur et de créer ensemble une histoire pour montrer chaque aspect de la saison et leur connexion.

Ana Lily, au moment d’imaginer les visuels du film, les vêtements vous ont-ils inspirée ?

Ana Lily : Tout à fait ! Je m’en inquiétais au départ, parce que l’idée n’est pas simplement de faire la promotion de vêtements que chacun doit porter. Mais en réalité, les vêtements faisaient partie intégrante de l’histoire, comme il s’agit du récit d’un photographe qui capture l’image de personnes qui créent des choses, et tout s’est donc déroulé sans accroc. Tous les films et toutes les histoires ne s’y prêtent pas, mais ici, le scénario était juste parfait pour faire place nette aux vêtements. Shirley Kurata, la styliste, a fait un travail remarquable pour faire correspondre les scènes à la collection, ainsi que l’atmosphère. J’adore les différentes palettes de couleurs et les présentations originales. Les vêtements sont saisissants, et splendides. Dans mes films, les costumes jouent un rôle essentiel. Ici, c’était la même chose puisqu’il est évident que les vêtements ont une importance particulière à bien des égards. Nous sommes ainsi parvenus à cerner la personnalité des modèles ainsi que leurs différences.

KAREN O

Depuis le début de sa carrière, Karen O n’a jamais manqué de figurer parmi les artistes les plus éclectiques, influents et promoteurs de changements de l’univers de la musique. Chanteuse principale du groupe de rock Yeah Yeah Yeahs, elle a inspiré toute une génération et a joué un rôle prépondérant dans la renaissance du rock. De plus, elle a travaillé avec les musiciens The Flaming Lips, Santigold, Trent Reznor, David Lynch, et Swans et a participé à plusieurs compositions que l’on peut entendre dans certains films acclamés par la critique. Elle est notamment à l’origine des compositions musicales pour la bande-son du film américain Max et les Maximonstres (Where the Wild Things Are) sorti en 2009 et la comédie dramatique Her).
En 2014, elle sort son premier album solo, Crush Songs. Dernièrement, la voix de Karen O se fait entendre dans l’album du compositeur italien Daniele Luppi MILANO, avec le groupe Parquet Courts, notamment.

ALEX ZHANG HUNGTAI

Après avoir joué des années sous le nom de Dirty Beaches, Alex Zhang Hungtai s’est penché sur la découverte de la musique improvisée, l’approche du free jazz, et sur son nouveau rôle en tant que compositeur. Ses dernières créations reposent principalement sur le saxophone, les synthétiseurs, le piano, l’amplification sonore par ordinateur et les percussions, dans la continuité de ses recherches sur la musique « liminale ». Outre sa carrière solo, il fait partie d’un trio Lisboète expérimental/de free jazz aux côtés de l’architecte/minimaliste David Maranha et du batteur de free jazz Gabriel Ferrandini, tous deux portugais. Alex Zhang Hungtai travaille actuellement comme compositeur de bandes-son pour le cinéma et joue aussi dans des productions indépendantes.

JESSICA HENWICK

Jessica Henwick est surtout connue pour ses rôles en tant que Collen Wing de la série télévisée IRON FIST Marvel/Netflix et Nymeria Sand dans la série phénomène de la chaîne américaine HBO, GAME OF THRONES.
Au cinéma, elle apparaît dans STAR WARS : LE RÉVEIL DE LA FORCE, BALSA WOOD (Ochromi Films et BFI) et SUN NEVER SETS. L’année dernière, Jessica a endossé le rôle de scénariste et d’actrice dans le court-métrage THE HEART OF THE FOREST, récemment récompensé par le prix du meilleur scénario original à l’occasion de l’Asians on Film Festival 2017.

notempty