Book corner #38

On peut se demander quel est le statut du dessin ou de la peinture, comme pratiques, mais aussi comme objets, quand l’essentiel des images que nous voyons sont photographiques et dématérialisées. C’est à cette étrange expérience que nous invite l’artiste Elizabeth Peyton, augmentant notre trouble puisqu’elle se plait à choisir ses sujets dans l’actualité princière, du sport ou de la pop.

lire la suite

Du coup, un Jarvis Cocker ou Sid Vicious dessinés renvoient à une certaine intimité, celle du temps de la pose, celle du même espace partagé entre qui tient le crayon et le modèle. Peyton nous montre ainsi des personnes que nous ne voyons sinon que comme des images, de télé, d’Internet ou de tabloïds. Mais il y a aussi Napoléon, Elisabeth ou Charles, qui eux aussi deviennent des humains sous le pinceau de l’artiste. Ce livre, qui rassemble près de 200 œuvres choisies par Peyton, est encore un étrange chassé croisé entre photographie et peinture, rejouant les cadrages de l’un dans la pratique de l’autre.

 

"Elizabeth Peyton", 2005, 264 p. Ed. Rizzoli.
Kenzo, 60, rue de Rennes, Paris.