California - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

Vous lisez les posts de la section : California voir tous les posts

Load previous posts

Notre cinquième partie du cityguide est dédiée à l'art. Avec une dernière destination mais non des moindres : le LACMA et son programme de films exceptionnel LACMA.

lire la suite

Notre cinquième partie du cityguide est dédiée à l'art. Avec une dernière destination mais non des moindres : le LACMA et son programme de films exceptionnel. 

 

Tous les lieux ont besoin d'un petit coup de peinture de temps à autre et avec l'investissement financier très important apporté par le Saint patron des Arts Eli Broad, le LACMA a gagné dix ans, also known as the Transformation. Designé par le Renzo Piano Building Workshop, la première phase du projet - l'installation BP en plein air qui sert d'entrée est constituée de lampadaires visibles de Wilshire Boulevard, comme l'immeuble de 3 étages et de 5500 m2 du Broad Contemporary Art Museum (BCAM) - qui a ouvert début 2008. L'installation d'inauguration du BCAM met en scène des oeuvres de Richard Serra, John Baldessari, Ed Ruscha, Robert Rauschenberg, Jasper Johns, Jeff Koons (un des artistes favoris de Borad), entres autres. 

 

Prenez votre temps pour faire le tour de la collection impressionnante d'art asiatique et arabe, qui comptent les pièces parmi les plus importantes du monde. Si vous êtes ouverts à diverses formes d'art, allez profiter des concert de jazz durant les mois d'été ou des films du Bing Theater.

 

Note: Avec plus de 100.000 oeuvres d'art qui couvrent une période allant de l'antiquité à nos jours et disséminés sur 9 hectares dans un complexe de 7 immeubles, le LACMA est la plus grand musée de l'Ouest des Etats Unis.

 

Tiré du livre 'The best things to do in Los Angeles – 1001 ideas', by Joy Yoon (Universe / Rizzoli International).

Voir notre carte sur Pinterest !

5905 Wiltshire Boulevard between Fairfax and Curson avenues. 323-857-6000 www.lacma.org

 

Pour le printemps-été 2014, Carol et Humberto ont mêlé punk et minimalisme pour créer les imprimés et les coupes graphiques de la collection printemps-été 2014.

lire la suite

C’est en grandissant à Los Angeles pendant l’âge d’or du punk californien que le duo a été inspiré par cette esthétique englobant aussi bien la musique que la mode et les arts plastiques. On pense au logo d'un groupe culte de la scène d'Orange County, composé de bandes noires et blanches dessinées à l’encre de chine et revisité dans la collection au travers de top ou de pantalons courts droits. On pense également aux vagues dessinées au feutre noir, rattachées à cette scène là et que l'on retrouve imprimées sous forme de clin d'oeil sur des tops ou des accessoires.

Cette saison, KENZO pose ses valises en Californie, là où ont grandi Carol et Humberto. Nous avons demandé à Joy Yoon – auteure du livre “The best things to do in Los Angeles – 1001 ideas” (Universe / Rizzoli International)” – de sélectionner pour nous les adresses les plus surprenantes et inattendues de Los Angeles. Notre troisième catégorie  s'intitule "où manger".

Poursuivons avec une deuxième destination : La ferme de la famille Coleman !

lire la suite

Tomber sur ce stand du Marché fermier de Santa Monica c’est comme atterrir dans la caverne d’Ali Baba de la verdure bio ! Des produits uniques comme le brocoli spigarello, la roquette selvatica, l’épinard néo-zélandais, l’amarante, la menthe poivrée, le chérimolier, le chou portugais, l’origan syrien, et le pissenlit rouge (pour ne parler que de la partie émergée de l’iceberg), ce n’est pas une surprise que la ferme de la famille Coleman, maintenant supervisée par Romeo Coleman, est la destination préférée des chefs en herbe et des foodies en tous genres. Si vous vous demandez quoi faire pour le diner, le patriarche et pas-si-retraité-que-ça Bill Coleman est l’homme de la situation pour vous prodiguer conseils sur de délicieuses recettes très simples à réaliser. En fait… tous les Colemans pourront vous aider ! Et ceux  qui ont besoin d’un autre type de verdure pourront trouver juste à côté des laitues, Delia, la femme de Bill, qui crée de magnifiques arrangements floraux à emporter pour la maison.

 

La ferme Coleman Family est au marché de Santa Monica tous les mercredi : Arizona Avenue and 2nd Street, de 8h à 13h30

 

Tiré du livre "The best things to do in Los Angeles – 1001 ideas", par Joy Yoon (Universe / Rizzoli International).

 

Découvrez également notre carte sur Pinterest!

 

 

Cette saison, KENZO pose ses valises en Californie, là où ont grandi Carol et Humberto. Nous avons demandé à Joy Yoon – auteure du livre “The best things to do in Los Angeles – 1001 ideas” (Universe / Rizzoli International)” – de sélectionner pour nous les adresses les plus surprenantes et inattendues de Los Angeles. Notre troisième catégorie  s'intitule "où manger". 

Et notre premier arrêt est le food truck Cool Haus où vous pourrez déguster un délicieux sandwich glacé !

 

 

 

lire la suite

Si vous avez un penchant pour les sucreries, Cool Haus est le camion de glaces qu’il vous faut. Les femmes d’affaires futées que sont Natasha et Freya ont transformé ce simple camion de glaces en véritable chef d’œuvre roulant. Durable, fait maison et bio à chaque fois que c’est possible, les parfums sont amusants et les combinaisons délicieuses. Essayez donc la glace au bacon confit et copeaux de chocolat, ou le plus classique « Mies Vanilla Rohe » (morceaux de vanille et de chocolat) ou encore un « Richard Meier » (peau de citron givré sur gâteaux au gingembre). Vous pouvez même dévorer le papier d’emballage ! Des portions si grandes que vous pourrez sauter le diner et vous contenter simplement du dessert, Cool Haus donne entière satisfaction !

 

Aujourd'hui vous pouvez trouver Cool Haus à cette adresse de midi à 22h : Pasadena Storefront 59 E. Colorado Blvd.

 

Regarder les lieux où se trouve le camion chaque jour ici

 

Tiré du livre "The best things to do in Los Angeles – 1001 ideas", par Joy Yoon (Universe / Rizzoli International).


Découvrez également notre carte sur Pinterest!

Carrie est guitariste et chanteuse du groupe Sleater-Kinney depuis le début des 90s. Elle partage aussi l'affiche de la série de Portlandia avec Fred Armisen depuis quatre saisons. Nous l'avons interviewée la semaine dernière au sujet de la culture et de la scène musicale West Coast.

Voilà sa playlist pour une heure en voiture dans Los Angeles !

lire la suite

Angel Olsen - Hi Five

Kendrick Lamar - Backseat Freestyle
El-P and Killer Mike - Sea Legs
Foxygen - No Destruction
St. Vincent - Bring Me Your Loves
Ike and Tina Turner - It Ain't Right (Lovin' to be Lovin')
David Bowie - Fashion
King Krule - Border Line
John Maus - Hey Moon
Fire Engines - Get Up And Use Me
Dicks - Off Duty Sailor
Dead Kennedys - California Uber Alles
Ministry - The Missing
Misfits - She
Blood Orange - You're Not Good Enough
Ornette Coleman - Theme From A Symphony

 

La californie est l'inspiration principale de la collection printemps-été. C'est aussi l'endroit où Carol et Humberto ont grandi. Avec l'aide de quelques amis inspirés, nous essayons cette saison de mieux cerner ce qui la particularité du golden state et Carrie Brownstein fait évidemment partie de nos interlocuteurs de référence.

Carrie s'est faite connaître à l'époque où elle était chanteuse et guitariste de Sleater-Kinney au début des années 90 et elle partage actuellement l'affiche de Portlandia avec Fred Armisen. Elle nous livre ses impressions sur la culture et la scène musicale de la côté ouest aujourd'hui.

lire la suite

KENZINE: Tu es originaire de Seattle, quelles sont selon toi les spécificités culturelles qui ont fait de la Côte Ouest le berceau de la contre-culture américaine ? 

Carrie Brownstein: Je crois que la Côte Ouest a toujours fait figure d’exception. Même d’un point de vue migratoire, l’Ouest incarne l’esprit pionnier, la Frontière. Mais une fois qu’on a atteint l’océan, qu’est-ce qui reste à faire ? Il faut trouver de nouvelles frontières à franchir, de nouveaux espaces à conquérir. Dans le rétroviseur, il y a le reste de l’Amérique ; sur la côte Ouest, on a la chance de pouvoir regarder en arrière, de pouvoir emprunter ou de pouvoir s’inspirer de ce qui est derrière soi, mais aussi de le détourner. Il faut innover. Il y a aussi un paysage particulier dans l’Ouest, qu’il faut intérioriser : un espace vaste, accidenté, avec le désert, la forêt, des couleurs éclatantes et des gris oppressants. Si vous combinez toutes ces choses dans l’esprit de quelqu’un de sensible comme un artiste ou un scientifique, vous obtenez un freak ou en tous cas une certaine folie, et je dis ça dans le sens le plus positif du terme.


K: Comment décrire les différences entre le nord de la Californie et le sud ? 

C.B.: Dans le sud de la Californie, tout est montré, étalé, public, dans le nord, tout est caché. Ainsi, dans le sud, il y a des gens qui jouissent du fait d’être vus et connus, ou qui souhaitent le devenir. L’art, la musique et le roman parlent de cette obsession de tout vouloir étaler et de ce que cela fait de vivre dans un endroit qui est tout autant un signifiant qu’un lieu géographique. Mais il y a aussi un élan, qui émane des artistes mais aussi de l’ensemble de la communauté, pour créer des niches, des abris où règnent le calme et la tranquillité. Je songe ici au surf, aux Summer goths, au punk rock, à la culture des restaurants undergrounds, au skate, à tous ces gens qui se protègent du feu des projecteurs en créant ces espaces d’ombres figuratives où ils peuvent vivre et qui les inspirent. Dans le nord de la Californie, la culture mainstream est née des marges. Ceux qui vivaient cachés ont été découverts et acceptés : je pense à la culture queer, à ceux qui font pousser de la beuh, aux penseurs radicaux, aux nerds férus de technologie. Ainsi, dans le nord de la Californie ce fut un voyage de l’intérieur vers l’extérieur, alors que dans le sud ce fut l’inverse. Ca créé une tension bizarre et cool.


K: Pour KENZO, un autre thème important cette saison est la surpêche… Parlons un peu des grandes causes à défendre. Dans les années quatre-vingt dix, tu as joué un grand rôle au sein du mouvement riot grrrl, qui est né à Olympia. Peux-tu expliquer à nos lecteurs, notamment aux plus jeunes, de quoi il s’agissait ? Quelles valeurs défendiez-vous en tant que femmes et en tant que musiciennes ? 

C.B.: Nous les femmes, nous voulions pouvoir exister sur la scène musicale. À cette époque, la scène punk et indé était dominée par les hommes, il n’y avait pas autant de femmes qui jouaient dans les groupes. Il y avait une vraie frontière dans la musique en termes de sexe. La masculinité définissait tout : la musique, mais aussi le fait d’être une rock star. Etre un musicien et être une femme vous condamnaient non seulement à être en dehors de la scène, mais aussi à être en dehors de la musique, comme si la musique était incompatible avec le fait d’être une femme, comme si cela ne pouvait être quelque chose de naturel. Donc beaucoup de femmes avaient l’impression qu’elles devaient se réapproprier la musique et que pour y arriver, elles devaient réécrire les règles. Les groupes comme Bikini Kill, Heaven to Betsy et Bratmobile évoquaient dans leurs chansons ce qu’être une femme voulait dire. C’était bien sûr la seule expérience qu’elles connaissaient. Elles ont fait preuve d’audace et de courage tout en donnant un nouveau souffle à la narration : elles ont marqué l’histoire de la chanson et réussi à insérer dans l’écriture des morceaux leurs propres histoires et leurs perspectives. Elles ont pris les devants et elles ont essuyé les plâtres, de sorte que les groupes qui ont suivi ont pu parler de tout ce qu’ils voulaient dans leurs chansons et ils ont pu mettre à mal la notion que la musique ou qu’un certain son dépendait d’un sexe en particulier. Mon groupe Sleater-Kinney a été créé vers la fin de cette période. Je suis du coup extrêmement reconnaissante de toutes les avancées qui avaient déjà été faites. Nous voulions juste que l’on nous voie comme un groupe libre de se définir comme il l’entendait. 

 

K: Comment as-tu changé le monde de la musique ? Comment as-tu fait bouger les choses ? 

C.B.: C’est difficile de répondre. Tout ce que je sais, c’est que quand je regarde autour de moi, je vois tellement de créations formidables dans la mode, les films, ou la musique qui sont un héritage direct de la musique des années 90 ou 2000. On avait alors le sentiment qu’une vraie révolution avait lieu, que tout se jouait à ce moment-là. Sauf que de nos jours,  le véritable enjeu est le partage, et je trouve ça génial. Quand tu te bats pour exister et pour tes désirs, tu avances dans la vie les poings serrés. Tu es sur la défensive et tu dois te définir par la négative, par tout ce que tu n’es pas. Tandis que maintenant, il y a le sentiment que la force est au niveau de la représentation. L’art est plus accueillant, la communauté et la générosité l’emportent. 


K: En 2009, tu as travaillé sur la bande-originale du documentaire "Women Art Revolution" de Lynn Hershman Leeson. Est-ce que tu te voies encore comme une riot grrrl ou une féministe ? 

C.B.: Je suis féministe. Et je viens de lire un passage dans le nouveau recueil de nouvelles de Lorrie Moore qui résume parfaitement mon sentiment sur cette question : « En tant que féministe, tu ne dois jamais t’en prendre aux autres femmes. », lui déclara un voisin. « En tant que féministe, je te demande de ne plus m’adresser la parole, » Kit lui répondit. En gros, je ne veux pas que le féminisme serve à faire en sorte que les femmes se sentent mal et culpabilisent. Et j’aime l’idée que les hommes puissent être féministes. Ils le peuvent. Ce n’est qu’une façon, parmi tant d’autres, d’envisager le monde et ses enjeux. 


K: La quatrième saison de Portlandia comporte une liste impressionnante de guest stars. Pourrais-tu partager une anecdote amusante qui ce serait déroulée pendant le tournage ? 

C.B.: Nous étions avec Steve Buscemi en train de filmer la fin d’une scène épique, intitulée « Celery ». Nous jouons un couple sur un yacht, qui vogue vers le soleil couchant (ou plutôt qui navigue sur une rivière sous le ciel gris de Portland). Nous avons fait une centaine de mètres environ avant de heurter un banc de sable et nous avons tous les deux failli passer par dessus bord ! Je ne dirais pas que les stars qui participent à la série ne courent pas de danger, mais au moins on s’amuse. Steve a adoré, c’est toujours un honneur de travailler avec lui, il est tellement brillant. Nous avons vraiment de la chance qu’autant de musiciens et d’acteurs veuillent venir à Portland travailler avec nous. 

 

Carrie porte un perfecto K et une blouse resort.

Cette saison, KENZO pose ses valises en Californie, là où ont grandi Carol et Humberto. Nous avons demandé à Joy Yoon – auteure du livre “The best things to do in Los Angeles – 1001 ideas” (Universe / Rizzoli International)” – de sélectionner pour nous les adresses les plus surprenantes et inattendues de Los Angeles. Notre seconde catégorie explore "les marchés".

Grâce au marché des antiquaires  et des collectionneurs de l’aéroport de Santa Monica, vous pourrez décorer votre maison dans le style des Liaisons Dangereuses !

lire la suite

Un des meilleurs marchés aux puces autour de LA ! Le marché de Santa Monica est celui où les connaisseurs et amateurs d’objets anciens se retrouvent pour acheter des pièces de collection haut de gamme ou des bricoles originales. Les vendeurs s’y réunissent le premier et le dernier dimanche du mois, qu’il pleuve ou qu’il vente, proposant pièces de collection, vêtements et bijoux de l’époque Victorienne aux années cinquante.


AIRPORT AVENUE AU CROISEMENT DE BUNDY à SANTA MONICA. 323.933.2511

 

Tiré du livre “The best things to do in Los Angeles – 1001 ideas”, par Joy Yoon (Universe / Rizzoli International).

Voir notre carte dédiée sur Pinterest.

Cette saison, KENZO pose ses valises en Californie, là où ont grandi Carol et Humberto. Nous avons demandé à Joy Yoon – auteure du livre “The best things to do in Los Angeles – 1001 ideas” (Universe / Rizzoli International)” – de sélectionner pour nous les adresses les plus surprenantes et inattendues de Los Angeles. Notre seconde catégorie explore "les marchés".

Vous vous sentez coupables d’avoir fait trop de shopping? Surmontez tout cela avec un petit tour au marché aux puces du lycée de FAIRFAX, autrement appelé MELROSE TRADING POST !

lire la suite

Vous vous sentez coupables d’avoir fait trop de shopping? Surmontez tout cela avec un petit tour au marché aux puces du lycée de FAIRFAX, autrement appelé MELROSE TRADING POST
Chaque dimanche, quelques deux cents vendeurs hétéroclites viennent vendre leurs marchandises sur le parking du lycée de Fairfax. Supervisée par la Greenway Art Alliance et organisée par les Greenway Friends of Fairfax High School, qui se trouvent juste à côté du lycée, c’est la collecte de fonds la plus réussie de l’histoire des écoles du district de LA. Là-bas, vous pourrez grignoter un bout, écouter du jazz, et tomber sur quelque chose d’incroyable qui rendra à coup sûr vos amis verts de jalousie. Bonus en plus, vous pourrez tomber sur quelques célébrités, seuls les plus intransigeants des gens riches et célèbres de LA sont assez connaisseurs pour aller à ce marché aux puces. 


7850 MELROSE AVENUE. www.melrosetradingpost.org

 

Tiré du livre “The best things to do in Los Angeles – 1001 ideas”, par Joy Yoon (Universe / Rizzoli International).

Voir notre carte dédiée sur Pinterest.

Hala Matar est une jeune réalisatrice californienne. Nous avons publié son court métrage "Automobile Waltz" il y a quelques semaines. Aujourd'hui, elle nous livre sa playlist pour une heure de trajet en voiture à Los Angeles.

 

lire la suite

KENZINE : Ta playlist idéale pour conduire une heure dans L.A. ?

HALA MATAR :
1. Bernard Herrmann – North By Northwest Prelude
2. Philharmonia Orchestra/Efrem Kurtz – Masquerade: Waltz
3. Frank Sinatra – Witchcraft

4. Charles Mingus – Track A - Solo Dancer (Stop! Look! And Listen, Sinner Jim Whitney!)

5. Chet Baker Quartet – I Fall in Love Too Easily
6. Leif Segerstam – (K)ein Sommernachtstraum
7. Budapest Festival Orchestra – Rite of Spring, Part II (The Sacrifice): Introduction
8. Beach Boys - Heros and Villians
9. The Yardbirds - For Your Love
10. Nino Rota – Ballerina Night
11. Air - Don’t Be Light

 

 

La californie est l'inspiration principale des collections printemps-été chez KENZO. C'est aussi l'endroit où ont grandi Carol et Humberto. L'occasion rêvée pour nous de tenter d'en savoir plus sur le golden state, avec l'aide de locaux qui nous inspirent particulièrement. Hala Matar faisait bien sûr partie de ceux-là. Hala a réalisé le court-métrage « Automobile Waltz » que nous avons publié ce mois-ci. Elle nous parle de la relation spécifiquement californienne qui existe entre musique et paysage et fait le tour d'un cliché : écouter la radio en voiture à Los Angeles.

lire la suite

KENZINE : Comme dans « Automobile Waltz », l'action de ton premier film « Streetcar », se déroulait déjà dans une voiture vintage. Qu’est-ce que les voitures ont de si spécial pour un réalisateur ?
Hala Matar : Elles permettent des travellings à l’infini, des jeux de reflet, et des nuages de fumée. La voiture peut voyager à la fois dans l’espace et dans le temps, car quand on écoute de la musique en voiture les souvenirs refont surface et donc on est toujours entre le passé et le présent quand on conduit.

 

K : Quel genre de musique la ville de L.A. évoque-t-elle pour toi ? 
H. M. : La pop baroque et le rock progressif.

 

K : Est-ce qu’on peut expliquer les liens qui existent entre la musique et L.A. par le fait que les gens écoutent tout le temps la radio en voiture ?
H.M. : J’aimerais que ce soit une expérience partagée et qu’on écoute tous la même radio, mais malheureusement c’est très individualiste – selon vos goûts et votre humeur du jour. Donc ce que vous écoutez change tout le temps. De plus, on écoute de moins en moins la radio, mais ses propres playlists. Du coup on passe des heures perdu dans ses pensées, porté par une playlist qu’on s’est créé, et on est terriblement seul. L.A est une ville où on est terriblement seul. La musique que j’associe à L.A est fondée davantage sur mes premières impressions et ma vision romantique de la ville que sur ce que j’écoute en ce moment.

 

K : Combien de temps passes-tu en voiture chaque jour ?
H.M. : Entre trois et cinq heures.

 

K : Écouter la radio en voiture nous ramène à des images de films dont l’intrigue se déroule dans les années 50 et où les couples se retrouvent dans les drive in ou à Mulholland Drive. Crois-tu qu’on ressente encore cette nostalgie de façon inconsciente ?
H.M. : J’allais te répondre que non, persuadée que la compagnie d’assurances Geico n’existait pas dans les années cinquante, mais en fait si.

 

K : Penses-tu que cette idée incarne une certaine image de la liberté dans la culture américaine ?
H.M. : Tout à fait. Prendre le volant quand on en a envie, partir et traverser le pays. Cependant la radio est l’antithèse de la liberté, parce qu’on vous dit quoi écouter et quoi acheter.

 

K : Est-ce qu’on retrouve la même chose au cinéma ?
H.M. : Si l'on songe par exemple à la route 66 sous un ciel radieux ou la fin de « Fear and Loathing in Las Vegas ».

 

K : En France, les radios ne sont pas diffusées par satellite et il n’y a pas beaucoup de choix. Dix stations maximum, en fonction de là où tu roules. Je sais que le choix à L.A. est incroyable, quelle est ta station de radio favorite et pourquoi ?
H.M. : Je n’ai pas de voiture hybride ou de Tesla, qui permettent l’accès à des tonnes de stations. Et puisque je n’écoute pas de pop, il y a seulement deux stations que je tolère, les vieux tubes de K-EARTH 101 ou la musique classique de KUCS. Je choisis du classique, parce que c’est ce que ma mère écoutait en voiture quand j’étais petite. Mais généralement je me connecte à Spotify, la meilleure invention de tous les temps !

 

K : Les musiciens du monde entier évoquent souvent l’idée d’un album « à écouter en voiture à LA ». À ton avis, quels sont les critères pour que ce soit le cas ?
H.M. : Une grande influence des années soixante, beaucoup de soleil, un soupçon d’Hollywood, un mélange de suspense et de meurtre. Et si vous êtes branchés high tech, vous devriez programmer la musique pour qu’elle vous accompagne selon l’itinéraire et le moment de la journée.

 

K : Crois-tu qu’écouter la musique à la radio lui apporte quelque chose en plus ?
H.M. : C’est ce que je préfère, écouter de la musique en voiture, car c’est la meilleure façon de rêver éveillé. Il n’y a rien à faire d’autre que d’être attentif à la route. Cependant, c’est quand même un risque quand on conduit parce qu’il faut être concentré et on ne peut pas vraiment être en pilotage automatique. C’est pourquoi je préfère être assise derrière et en profiter vraiment que d’être au volant.

 

K : Est-ce que tu mets la musique à fond en voiture ? Est-ce que tu chantes ?
H.M. : C’est cela, oui ! Je suis une conductrice très tendue, en fait je n’ai commencé à écouter de la musique que très récemment. J’ai peur d’être déconcentrée et donc je ne mets pas la musique très fort. Mais mettez-moi dans une décapotable dans cinq ans et je me mettrai à chanter.

 

K : Est-ce que tu peux nous donner tes trois extraits de films préférés où les gens chantent en voiture ?
H.M. : Les scènes en voiture dans "Pierrot le Fou" sont très drôles. La tentative de suicide de Kirk Douglas dans "L’arrangement" est épique. Il n’a même pas besoin de chanter. Je n’en n’ai pas d’autres en tête. "8 1/2" ?

 

K : Est-ce que tu aurais une anecdote à nous raconter où tu étais en train de chanter dans ta voiture coincée dans les embouteillages quand quelque chose de drôle est arrivé ?
H.M. : Cela fait seulement un an que j’ai le permis, donc je n’ai pas beaucoup d’histoires amusantes à raconter, mais je peux t’en raconter une qui est terrifiante : j’étais au volant en train d’écouter Devendra Banhart et j’étais complètement absorbée par l’un de ses morceaux. Je ne me suis pas rendue compte que je me dirigeais vers l’entrée de l’autoroute. L’autoroute est ma peur ultime. Je n’ai jamais pris l’autoroute, et je n’en n’ai pas l’intention. Donc je me suis arrêtée au milieu de la bretelle d’autoroute et mis les feux de détresse. Je devais faire marche arrière pour quitter la bretelle et regagner à contresens la route d’où je venais. Toutes les voitures se sont arrêtées pour me laisser passer. C’était un vrai miracle. Jacques Tati aurait été fier de moi !

 

K : Quelle est la musique parfaite pour conduire à LA ?
H.M. : J’aurais insisté sur celle des années soixante, mais j’ai écouté Frank Sinatra dans ma voiture hier et c’était la meilleure expérience de conduite que j’ai jamais eue.

 

K : Est-ce que tu écoutes différents types de musique selon que tu ailles à à Echo Park, que tu roules sur Sunset ou sur la Pacific Coast Highway (ndlr l’autoroute qui longe le Pacifique) ? Crois-tu que le paysage que tu traverses influence tes choix musicaux ?

H.M. : Mes choix dépendent davantage de mon humeur, ou bien de mon titre ou mon album du moment, que du paysage que je traverse. Généralement, j’écoute un morceau ou un album trois jours d’affilée jusqu’à ce qu’en j’aie assez et que je passe à autre chose. J’aimerais explorer davantage les différents paysages de L.A., mais je ne le peux pas à cause de ma peur de conduire et de l’autoroute. Par exemple, je n’ai pas le courage de conduire sur la Pacific Coast Highway. Cependant l’heure de la journée joue vraiment un rôle. J’ai tendance à écouter des morceaux qui bougent le matin, et des titres plein de suspense ou des compositeurs Russes en fin de journée.