Rencontrez le jury du Grand Prix de la mode à Hyères - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

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Après avoir assisté aux trois concerts organisés pendant notre weekend à Hyères, KENZINE a eu le plaisir de s'entretenir à Paris avec Laurence Alvart, la fondatrice de l'agence Stage of the Art, qui s' est occupée de la programmation musicale du Festival de mode et de photographie de Hyères.

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Photo par Filep Motwary.

 

KENZINE : Pourrais-tu décrire avec tes propres mots ce qu'est Stage of the Art ?

 

Laurence Alvart : Stage of the Art est une entité dédiée à la création musicale et qui a pour vocation de favoriser les synergies entre la musique et d’autres domaines de création comme la mode, l’art contemporain ou encore le cinéma.


K : Peux-tu nous expliquer comment a débuté la collaboration entre Stage of the Art et le festival d'Hyères?

 

L.A. : Nous avons toujours aimé suivre le festival. Notre collaboration a démarré pour l’édition de 2011 suite à une rencontre coup de cœur avec Jean Pierre Blanc, le directeur du festival. Notre envie était d’apporter un « petit plus » au festivaliers,  un temps de « pause musicale » au rythme soutenu entre les tables rondes, les expositions, vernissages, défilés, rencontres, délibérations. Nous partageons aussi la même philosophie que le festival : aller dénicher et faire découvrir des jeunes talents en devenir.

Portrait de Jaako Eino Kalevi en trench KENZO waves, par Giasco Bertoli.

 

K : Chlöe Howl, Jakko Eino Kalevi et C.A.R. sont les artistes qui étaient invités à Hyères cette année. Comment les as-tu choisis?

 

L.A. : C’est plus de l’ordre du feeling, du coup de cœur. Nous programmons les concerts avec l'équipe du Red Bull Studios Paris, et nous essayons de dénicher des artistes avant leur explosion médiatique. Nous sommes fiers d’avoir fait jouer Connan Mockassin, Les Shoes avec un featuring surprise de Woodkid, encore inconnu à l’époque, les Citizens !, Totally Enourmous Extinct Dinosaurs, Eugene Mc Guinness, et PEREZ découvert en 2012, qui poursuit l’aventure cette année avec une résidence de création à la villa Noailles. Nous essayons aussi de choisir des artistes qui plaisent au public du festival et qui peuvent faire opérer la magie dans l’enceinte emblématique de la Villa Noailles et de ses jardins. Cela a été le cas cette année avec les trois artistes dont nous sommes très fiers. Chlöe Howl a très bien marché avec la cérémonie d’ouverture, Jaako Eino Kalevi nous a livré un concert splendide aux jardins suspendus et C.A.R. a envoûté les festivaliers.

 

K : Le festival d'Hyères offre un moment de soulagement pour les gens qui travaillent dans le milieu créatif, pour faire des rencontres et pour échanger. Dirais-tu que tu es d'accord?

 

L.A. : Oui bien sûr, c’est un endroit où l’on arrive plus facilement à rencontrer et à parler à des gens qui peuvent êtres inatteignables à Paris. C’est aussi un moment dédié à la découverte de la jeune création, ce que l’on ressent très fortement ici, et cela permet vraiment d’ouvrir beaucoup de perspectives.  C’est d’ailleurs cet esprit de découverte qui fait le succès de ce festival et qui fait que chaque année autant de gens aiment y revenir. Sur un plan personnel, même si l’on travaille évidemment beaucoup sur les concerts, le festival nous apporte de nouvelles idées, de nouvelles envies de projets, de nouvelles rencontres.
 

 

A gauche : C.A.R. par Filep Motwary

 

K : Est-ce que tu as eu la chance de voir les collections des concurrents pour le Grand Prix mode, dont Carol et Humberto étaient présidents du jury?

 

L.A. : Oui bien sûr, on a eu nos petits coups de cœur. Nous avons trouvé les lauréats très talentueux ! Nous avons nous même eu un coup de cœur pour Yulia Yefimtchuk et Coralie Marabelle. Nous trouvons que chaque année ces jeunes ont déjà beaucoup de talent et que leur travail est déjà très assez abouti et professionnel. Il y a des créations tellement belles…

 

K : Ton coup de cœur à Hyères?

 

L.A. : Enorme coup de cœur pour l’exposition éphémère de Marc Turlan et ses nouvelles oeuvres et bien sûr également pour l’exposition KENZO FOREVER, NO ? Coup de cœur aussi sur les moments musicaux : les trois concerts nous ont beaucoup émus. Chacun était très différent. On remercie d’ailleurs KENZO d’avoir habillé notre beau Finlandais Jaakko Eino Kalevi et son groupe.
 

 

En haut : Jean-Pierre Blanc pendant un concert aux jardins suspendus ; photo par Filep Motwary.

 

K : Quelle est la dernière chose que tu as vu, entendu, lu ou senti qui t'a inspiré ou stimulé?


L.A. : De nombreuses découvertes nous inspirent et nous stimulent régulièrement… Quelques uns de nos récents coup de coeur:


 - Le prochain album de Damon Albarn, artiste qui a toujours su se renouveler et rester dans l’ère du temps. Ces multiples collaborations et projets nous stimuleront toujours!


 - L’exposition Christopher Wool à New York au Guggenheim


 - Les dernières œuvres de Marc Turlan exposées en avant-première pour le 29 è festival international de mode et de photographie à Hyères.


 - Le restaurant CERVICHE à Londres (merci a Guillaume S. pour la decouverte!), et de manière générale l’ambiance créative rafraîchissante de Londres ou de New York.

Filep Motwary a capturé en photo quelques instants pendant lesquels le jury rencontrait les 10 finalistes mode du Festival de mode et de photographie d'Hyères.

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De gauche à droite : Jean-Pierre Blanc ; Carol Song ; Pamela Golbin ; Jay Massacret ; Chloë Sevigny ; Humberto Leon ; Jaime Perlman ; Carol Lim ; Spike Jonze ; Eric Wilson and Maida Gregory (directrice artistique des défilés).

De gauche à droite : Jaime Perlman, Pamela Golbin, Humberto et Carol, pendant la présentation des dix finalistes.

Spike Jonze, en pleine lecture des biographies des finalistes.

 

Chaque finaliste a bénéficié d'une équipe de mannequins afin de construire et parfaire des relations avec leurs "muses" de trois jours. Les créateurs ont présenté leurs collections et inspirations au jury qui leur ont posé en échange quelques questions. Plus tard dans la journée, ils ont eu la chance de pouvoir présenter à la presse, aux festivaliers ainsi qu'au public leurs collections lors d'un défilé organisé par la directrice de casting Maida Gregory.

Présentation au jury de la collection de Kenta Matsushige.

 

Le jury du Grand Prix avec Jean-Pierre Blanc et Maida Gregory.

Présentation au jury de la collection de Yulia Yefimtchuk.

Jaime Perlman et Chloë Sevigny.

Présentation au jury de la collection de Coralie Mirabelle.

Chloë Sevigny.

Spike Jonze et Kenta Matsushige en discussion dans le showroom des créateurs.

Pendant le festival d’Hyères, KENZINE a passé un petit moment dans l’escalier aux couleurs napolitaines de la Villa Noailles en compagnie de Charlie Engman, qui collabore aussi avec KENZO. Il venait d’apporter la dernière touche à son exposition intitulée La Romaine.    

 

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KENZINE : Jean-Pierre Blanc t’a invité à faire une série photos dans la Villa Romaine de Hyères, qui a récemment été abandonnée. Dis-nous comment tu as abordé ce projet…


Charlie Engman : Ce travail a une place différente par rapport à ce que je fais d’habitude. Généralement, je ne travaille pas de cette façon quand c’est un projet spécifique, mais j’étais intrigué. Quand le festival m’a invité à venir voir La Romaine, ils m’ont vraiment donné carte blanche, en me disant que la maison était à moi, que je pouvais y faire ce que je voulais, même si c’était pour seulement en investir un coin minuscule. Je n’étais pas obligé de faire figurer la maison. Mais elle était juste tellement impressionnante, elle était tellement inspirante, même dépouillée de ses meubles et de ses attributs, que du coup cela a fait inévitablement partie du processus narratif. 


K : La Romaine est une villa gigantesque sur les hauteurs d’Hyères, tout comme la Villa Noailles. Quelle impression cet endroit t’a-t-il laissée ?


C.E. : La Romaine a été construite par un homme qui avait l’intention d’ériger le nouveau Versailles. Dans son testament, il l’a léguée à une fondation, qui a vendu à son tour tout ce qu’elle pouvait, en laissant seulement les murs de la maison. Je l’ai trouvée dans cet état. Toutes les personnes que j’ai photographiées habitent la ville d’Hyères. Il y a dans cette maison une atmosphère d’opulence, mais qui a aussi quelque chose de démodé.  Je crois que la disposition des fruits dans mes photos suggère cette idée. Pour moi, La Romaine est un échec baroque et cela m’a servi de référence. J’ai aussi eu l’impression que cela avait dû être une garçonnière gay un peu étrange : il y a des motifs grecs sensuels, une impression d’homosexualité forcée et embarrassée.

K : Quel est le genre d’énergie qui se dégage de La Romaine ?


C.E. : J’ai une relation ambivalente avec La Romaine. Je dois admettre que je l’ai trouvée assez répugnante personnellement, ce qui a des avantages et des inconvénients pour moi en tant que photographe, parce que bien sûr il y a dans le dégoût quelque chose d’assez excitant aussi. Le fait qu’elle ait été vidée par la fondation et que son propriétaire ait en premier lieu daigné la léguer à la fondation est très déroutant. Le bâtiment était en soi dans un sale état : il y avait de la moisissure partout et c’était très dur de respirer dans la cave par exemple. Personne ne prend soin de cet endroit. C’est l’étrangeté même...unheimlich.


K : Ta série est exposée à la Villa Noailles dans l’escalier qui mène au jardin suspendu. Cet escalier est peint en jaune, il est étroit et tout en longueur : est-ce que cet espace qui t’était réservé a eu une influence sur la façon dont tu as abordé le projet ?


C.E. : Quand je prépare une exposition, j’envisage mon travail d’une façon beaucoup plus formelle que lorsque je prépare un shooting mode. Mais pour être honnête, je n’ai pas vraiment songé à l’espace qui m’était réservé jusqu’à ce que je procède à la mise en place et il est vrai que la façon dont les photos sont accrochées de chaque côté de cet escalier ajoute une dimension intéressante à mon travail, avec une progression inévitable en montant les marches, en naviguant de gauche à droite et inversement. J’ai commencé à apporter des modifications, réduisant ou agrandissant des tirages, ajoutant un encadrement, un ornement (Charlie Engman désigne alors une boucle d’oreille en forme de chandelier en or, attachée à une photo). À vrai dire, ce sont des accessoires qu’il me restait du shooting, je trouvais qu’ils s’accordaient parfaitement avec les motifs présents sur cette porte ici…

K : Le fait d’utiliser des accessoires est-il un réflexe issu de la photographie de mode ?


C.H. : Je n’envisage pas la photographie comme relevant du documentaire, parce que je crois que ça engendre trop de choses. Bien sûr, on doit faire face à la réalité, c’est un aspect essentiel qui doit être pris en compte. Pour moi, le jeu est quelque chose d’important, tout comme le fait que l’appareil photo est un participant actif du processus. Je trouve ça plus intéressant d’avoir ma main au milieu de l’image directement, que d’essayer de capter un moment « pur » et sincère à distance. Ainsi, peut-être que le sac rempli d’accessoires que j’ai à portée de main est une métaphore qui rend parfaitement compte de mon travail.

K : Quelle est la chose que tu préfères au festival d’Hyères ?


C.E. : Ce que je préfère, c’est vraiment l’énergie qui se dégage. Il y a tellement de générosité, tout est tellement excitant. Ils ont une approche qui laisse beaucoup de liberté aux artistes. Généralement, dans ce genre d’environnement on te dit qu’on te donnera tel ou tel espace, mais l’offre de départ est toujours tempérée par des histoires d’égo et d’économie politique. Bien sûr, je ne pouvais pas faire mes tirages sur du papier en or, mais j’ai eu beaucoup de liberté. En photographie, quand tu dois travailler rapidement, il y a de fait de nombreuses limites. La Villa Noailles déborde d’ondes positives. Personne ne dit « non ». Toutes mes propositions ont été prises en compte, même si elles ne pouvaient pas être menées à terme. La façon dont Jean-Pierre Blanc a conçu ce festival est tout bonnement incroyable : la façon dont il a réussi à attirer des personnes qui sont prêtes à tout donner, à tout partager et qui ont des projets qu’elles veulent vraiment réaliser. Je crois que c’est cette générosité qui pour moi ressort de ce festival et le caractérise. 

KENZINE a eu le plaisir de s'entretenir avec Jean-Pierre Blanc, le charismatique directeur et fondateur du Festival International de Mode et de Photographie d'Hyères, qui s'est achevé hier soir après sa 29e édition.

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KENZINE : Vous avez commencé le festival il y a presque 30 ans : comment l’avez-vous commencé et pourquoi ?


Jean-Pierre Blanc : Il y a plusieurs raisons, la première peut-être c’est la ville : j’avais envie de faire découvrir Hyères aux gens. La seconde c’est qu’il y avait un festival du jeune cinéma très international et incroyable qui s’est déroulé à Hyères pendant 20 ans et puis qui s’est arrêté. Inconsciemment, je pense que j’avais envie de prolonger ce moment dans lequel j’ai grandi. Après, il y eut cette découverte de la mode au travers des magazines dans les années 1980 avec l'émergence des créateurs stars. Ça faisait envie parce qu’on en parlait beaucoup, il y avait ce côté glamour, festif, parisien et il se trouve qu’à l’époque j’avais 20 ans et que je faisais des études de commerce. J’avais parmi mes amis de jeunes créateurs pour lesquels c’était compliqué. Du coup, j’ai voulu les aider en créant un moment de rencontre professionnel entre ces jeunes qui sortent de l’école  et des gens du milieu, plus établis. Le festival a commencé de cette façon. Il a bien fonctionné la première année et tout s’est enchaîné par la suite de façon très rapide.


K : Pour vous c’est important d’avoir une chance de faire ces rencontres en dehors de Paris, hors de New-York ou de Londres, des villes déjà établies dans ces milieux de la mode et de la photographie ?


J-P. B. : Tout à fait et d’ailleurs je tiens à préciser que le festival n’est pas une fashion week. On vient à Hyères pour découvrir, partager, on vient pour échanger et pour prendre du plaisir. On vient aussi d’une certaine façon  pour se détendre, ce qui n'est pas forcément le cas pour une fashion week qui est essentiellement une période d’achat.  Du coup les moments de convivialité sont inhérents à la proposition que l’on fait. Les seuls qui ne sont pas détendus sont les jeunes créateurs qui jouent ici leur carrière. Je pense que le mot « détendu » résume bien l’état d’esprit du festival.

 

K : Pourquoi avoir créé un festival de mode et de photographie en même temps ? Quel rapport établissez-vous entre ces deux disciplines ?


J-P. B. : L’image de mode est indissociable de la mode mais chez nous on ne traite pas cela de cette façon et l’on sépare complétement mode et photographie. Le moment où cela se rejoint est l’année d’après, quand le gagnant du concours de la photo réalise les visuels pour les candidats en compétition « mode » de l’année d’après. Peut-être qu’à l’avenir nous mélangerons davantage ces deux disciplines.

K : Cette année le jury vient d’horizon très divers. Voyez-vous la mode comme quelque chose qui doit exister dans le cadre d’un échange ?


J-P. B. : Dans les années 1920-1930, les créateurs étaient des artistes avant tout. Ils avaient des avis, des fois très marqués, des fois très plaisants, sur la musique, sur la littérature, sur l’art en général. Aujourd’hui on a ce besoin, cette envie absolue, de vouloir tout classifier et je n’arrive pas à le comprendre. Avec KENZO, on voit le plaisir que Carol et Humberto ont. Ils sont entourés de gens très différents, ils partagent, ils échangent. C’est cette mode là qui m’intéresse et qui me plait, pas la mode frileuse repliée sur elle-même. Ce qui m'intéresse c’est l’idée de communauté, avec des portes grandes ouvertes. Le festival de cette année représente cela tout particulièrement : le mélange.


K : Quelles connaissances Carol et Humberto peuvent-ils apporter à la compétition de mode ? 


J-P. B. : J'apprécie leur état d’esprit joyeux, leur enthousiasme et leur générosité. Si les créateurs comprennent qu’on peut être au niveau où Carol et Humberto se trouvent aujourd’hui et continuer à être des gens « normaux », ouverts et sympathiques c’est déjà très intéressant et très important. Je crois qu’ils incarnent parfaitement un certain esprit de la mode d’aujourd’hui.


K : Ce qui émane effectivement du festival d'Hyères c'est son état d'esprit généreux : les artistes s’y sentent libres.


J-P. B. : La générosité j’essaye de la mettre partout, pas que dans la programmation. Je trouve important que l’on accueille les gens, que l’on parle avec eux, que l’on échange. Notre métier n’est pas dans la routine de la vie : tout ce que l’on fait est inhabituel. Il faut l’avoir en tête et faire en sorte que ces gens se sentent bien dans leur création, que nous soyons là pour soutenir et les encourager : c’est ça qui est important.

La cérémonie de remise du Grand Prix du festival de Hyères 2014 s’est déroulée hier soir. Le jury, présidé cette année par Carol et Humberto, a décerné le Grand Prix, qui s’accompagne d’une dotation de 15 000 euros, au créateur japonais Kenta Matsushige (portrait à gauche).

 

 

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Sa collection tire son inspiration de son pays d’origine, en conciliant le « miyabi », l’architecture urbaine moderne, avec « l’hinabi », la beauté sereine de la campagne.

 

L’Ukrainienne Yulia Yefimtchuk a reçu une mention spéciale. Sa collection sera représentée dans les boutiques d’Opening Ceremony à travers le monde pour deux saisons.


La Française Coralie Mirebeau a quant à elle reçu le Prix du Public de la ville de Hyères. 

KENZINE a recueilli les confessions des membres du jury, qui nous ont parlé des délibérations et de leur expérience à Hyères.

 

Pamela Golbin (commissaire générale Mode et Textile des Arts Décoratifs de Paris).

 

Pamela Golbin : Le choix était vraiment difficile, nous avons eu beaucoup de chance d’avoir dix candidats aussi brillants. Chaque créateur avait une vision différente et cela a créé des désaccords entre nous, mais cela nous a aussi obligés à prendre en compte les critères de notre choix. Est-ce que nous étions en train de juger cette collection en particulier ? Ou bien devions-nous évaluer le potentiel des candidats pour les collections à venir ? Et après avoir pris tout cela en considération, c’est Kenta qui est sorti gagnant. 


KENZINE: Qu’est-ce qui vous a le plus plu dans cette expérience ?

 

P.G. : Carol et Humberto nous ont tous réunis et nous avons chacun notre propre vision. Simplement, cette formidable occasion d’échanger nos points de vue, de débattre, était un vrai plaisir. J’ai l’impression que je quitte Hyères en ayant appris autant que  les jeunes créateurs. C’était merveilleux.

 

 

(à droite : la collection de Coralie Mirabelle)

 

Chloe Sevigny


KENZINE : Yulia Yefimtchuk a reçu une mention speciale. Avez-vous envie de porter ses créations ?


Chloe Sevigny : Tout à fait ! À vrai dire, j’ai essayé quelques pièces hier et j’ai hâte de pouvoir les porter ! La collection de Kenta est aussi superbe, j’adore le manteau avec les manches bouffantes. L’attention qu’il prête aux détails est bluffante et sa collection montre qu’il a beaucoup de potentiel. Je suis absolument ravie pour lui.


Spike Jonze


KENZINE : Comment était-ce de faire partie du jury mode ? 


Spike Jonze : Pour être honnête, je ne connais pas trop la mode, mais j’ai vraiment apprécié l’imagination, la créativité et l’enthousiasme de ces jeunes créateurs. Leur énergie débordante était communicative et j’ai adoré pouvoir écouter leur histoire : comment ils en sont arrivés là, quelle était l’inspiration pour leur collection… Les couleurs folles de Liselore, la précision de Kenta, l’histoire d’Anne, qui a créé cette élégante collection pour homme en hommage à son père… J’ai eu la chance de rencontrer son père, qui est formidable et si fière de sa fille ! Au moment du défilé, sa collection avait l’air tellement cool, avec ces hommes qui portaient des robes inspirées par Chanel en fumant des cigarettes. Elle a relevé le défi haut la main !

(à gauche : la collection de Yulia Yefimtchuk)

 

Jay Massacret (Senior Fashion Editor des magazines V et Vman)

 

Jay Massacret : Yulia a vraiment réussi à capter l’air du temps et c’est pour cela qu’elle a reçu la mention spéciale. Et nous pensions aussi que n’importe quelle femme pourrait porter les pièces de sa collection, de Chloe (Sevigny) à Carol (Song). Kenta incarne la perfection. Tout était si précis, si détaillé et aussi dans l’air du temps. Il a vraiment rempli tous les critères. C’était effectivement dur de délibérer, mais c’était amusant.

 

Jamie Perlman (directrice artistique du British Vogue).


Jaime Perlman: Les délibérations ont été intenses ; nous étions tous d’accord sur le fait que le niveau des créateurs était très impressionnant et que leurs qualités étaient dans des domaines différents. La collection de Kenta était sophistiquée et parfaitement exécutée, il méritait le Grand Prix et nous pensions que ce prix pourrait lui donner de nouvelles opportunités de carrière. 

Yulia Yefimtchuk, qui a reçu une mention spéciale du jury, s’est aussi confiée à KENZINE:


Yulia Yefimtchuk


Yulia Yefimtchuk : Je ne m’attendais pas à recevoir ce prix, je suis vraiment ravie d’avoir une telle opportunité ! C’est une étape majeure dans le développement de ma marque, que j’ai lancée en 2011. La force, la confiance en soi ont inspiré cette collection.


KENZINE : Quelles sont vos ambitions pour votre prochaine collection ?


Y.Y. : Je vais travailler très dur ! Je vais essayer de faire de mon mieux.

 

Photos des collections par Etienne Tordoir/CatwalkPictures

KENZINE a rencontré Carol et Humberto au festival de Hyères à la veille du vernissage de l'exposition KENZO FOREVER, NO?

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KENZINE : Humberto, Carol, vous présidez le jury mode pour le Grand Prix de Hyères. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?


H : C’est très excitant, nous sommes ici pour représenter non seulement KENZO mais aussi Opening Ceremony et c’est vraiment passionnant de participer à toutes les étapes du festival : rencontrer non seulement tous ces jeunes designers, mais aussi tous ces jeunes photographes, avec  la possibilité de s’entretenir avec eux individuellement.
C : Avoir la possibilité d’entendre les histoires de ces jeunes designers lorsqu’ils présentent leur collection est une expérience unique. C’est un sentiment complètement différent que de découvrir une collection à travers un lookbook ou seulement quelques pièces.


: Qu’attendez-vous avec le plus d’impatience ce week-end à Hyères?


C : Tellement de choses ! Aujourd’hui les dix designers nous ont montré leur collection et puis c’est formidable de travailler avec le jury qui a été choisi et de voir toutes les autres facettes de ce festival, comme la sélection des photographes en compétition. C’est aussi l’occasion de rencontrer tous ceux qui sont venus du monde entier pour être présents.
H : C’est la première fois que nous venons ici, tout comme les autres membres du jury, et nous prenons beaucoup de plaisir à faire partie de cette tradition du festival que Jean-Pierre Blanc a créé il y a vingt-neuf ans.


K : Quel conseil donneriez-vous aux dix finalistes, ainsi qu’aux autres designers ?


H : J’encouragerais les jeunes designers à envisager leur carrière dans son ensemble. Préparer le design d’une collection et sa présentation est incroyablement grisant mais il faut aussi penser à ce qui vient après, qu’ils souhaitent essayer de se lancer seuls, ou bien qu’ils veuillent trouver une place dans une autre maison.
: Je leur conseillerais également de rester informés et ouverts au monde. Il se passe tellement de choses partout, c’est primordial que votre histoire soit unique. Rester curieux aide à atteindre ce but.


K : Le jury qui vous entoure est incroyablement éclectique et réunit des experts de plusieurs disciplines. Est-ce là la façon dont vous envisagez la mode, un dialogue permanent entre plusieurs cultures ?


H : Nous avons décidé de réunir dans le jury des personnes différentes parce que le plus intéressant dans la mode, c’est l’échange, c’est la communauté que nous avons rassemblée autour de nous. Nous sommes tout à fait convaincus qu’une critique constructive ne vient pas seulement d’une perspective estampillée ‘mode’, l’art, la musique, le voyage, le cinéma, il n’y a pas de limite à ce qui nous inspire. Pour être franc, tous nos projets émanent de conversations que nous avons entre nous ou avec quelqu’un avec qui nous travaillons.


K : Quelques mots sur l’exposition KENZO FOREVER, NO? Nous pouvons y admirer des paires de looks issus des archives de la maison, qui sont installées ici sur des plates-formes pivotantes, en face de looks issus de vos propres collections. Depuis les imprimés cloud et fish jusqu’aux rubans et au color block, ce sont des codes de la maison qui ont été établis par Kenzo Takada. Sont-ils très importants à vos yeux ?


H : Tout à fait. Lorsque Carol et moi avons rejoint KENZO, nous avons proposé notre propre interprétation du style de la maison. Nous avions le sentiment que KENZO avait un véritable impact sur le monde. Nous voulons montrer à travers cette exposition quelques éléments fondamentaux de la marque KENZO et les mettre en regard de ce qu’ils représentent pour nous et pour KENZO aujourd’hui.
C : En ayant les deux côte à côte, c’est vraiment incroyable de voir à quel point Kenzo Takada était innovant et révolutionnaire pour son époque lorsqu’il travaillait dans les années soixante-dix et quatre-vingt. Plus que tout, les installations binaires que nous proposons sont une façon de renforcer l’ADN de la maison et de montrer que nous sommes constamment tournés vers l’avenir.
H : L’innovation et la technologie sont essentielles dans notre processus de création. Je regarde toujours vers l’avant et je me focalise sur le futur. C’est de cette façon que nous allons emmener KENZO vers l’avenir.


KENZO FOREVER, NO? est ouvert au public à la Villa Noailles de Hyères jusqu'au 29 mai.


Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères

KENZO FOREVER, NO ? est l'exposition créée par Carol et Humberto dans l'enceinte de la Villa Noailles à l'occasion de la 29e édition du Festival de Hyères.

 

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L'installation présente douze silhouettes KENZO puisées dans les archives de la maison, disposées en paires assorties et animées par un mouvement de rotation perpétuel. Ces silhouettes retracent l'histoire de KENZO comme une conversation infinie entre le passé, le présent et le futur.

 

 

L'exposition KENZO FOREVER, NO? est ouverte au public jusqu'au 25 mai 2014 à la Villa Noailles à Hyères.

Vidéo : Gregoire Dyer
Direction artistique : Antoine Asseraf
Production : SayWho

Notre collaborateur Angelo Cirimele examine l'exposition de Steve Hiett, président du jury du prix de photographie au festival de Hyères.

 

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J’avais rencontré plusieurs fois Steve Hiett, dans des occasions aussi diverses que la réalisation d’un magazine, un jury d’objets édités ou un vernissage. J’avais toujours été frappé par l’apparent détachement qu’il manifestait, même sil savait très bien ce qu’il considérait comme une « bonne photo ». En posant un regard circulaire sur son exposition dans le squash de la Villa Noailles à Hyères, lors de ce 29e festival, l’impression est la même : pas d’effort apparent, mais toujours le bon cadre. Que ce soit dans les clichés en noir et blanc des années 60, plus sociaux ou les couleurs criardes des années 80, la composition et l’efficacité sont également présentes.
Plus tard, dans l’escalier :
-      Steve, tu as commencé par la photographie ou le design graphique ?
-      J’ai étudié le design puis j’ai fait de la musique, mais j’ai commencé à gagner ma vie comme photographe.

C’est tout Steve : trois choses à la fois. Souvent, je pense que j’aurais aimé grandir dans les années 60 : il n’y avait pas tant d’étiquettes, on étudiait l’art puis on se lançait dans une pratique puis une autre, sans que ça surprenne plus que ça. Et effectivement, dans l’exposition, les vitrines qui montrent les livres, magazines ou pochettes de vinyles que Steve a désignées livrent une clé. C’est un directeur artistique qui s’est mis à faire des images. D’où cette science du cadre, qu’il bouscule quand il occulte le visage du modèle ou quand il demande au mannequin de prendre une photo à son tour, jouant à « qui regarde qui ? ». L’extérieur est aussi une grande source d’inspiration, bien plus que le studio. Chez Steve Hiett, on voit des rues, des maisons, des backgrounds documentaires qui basculent dans une autre dimension parce qu’une voiture rouge ou un mannequin perdu entre dans le champ, parce que le grand angle change les perspectives et nous plonge dans un univers cinématographique.
Au fait, l’exposition a un titre : « The Song Remains the Same » et, dernière nouvelle, Steve a reformé son groupe de rock…

Exposition Steve Hiett au Villa Noailles, jusqu'au 29 mai.

Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
http://www.villanoailles-hyeres.com/

Le Festival d'Hyères récompense les nouveaux talents de la photographie et de la mode par le biais de deux concours distincts dont les gagnants seront annoncés dimanche 27 avril à 18h. En attendant, découvrez les dix finalistes du concours de photographie.

 

À gauche : Orianne Lopes (France).

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Anna Grzelewska (Pologne).

Arnaud Lajeunie (France).

Birthe Piontek (Allemagne / Canada).

Charlotte Tanguy (France).

Lorenzo Vitturi (Italie / Grande-Bretagne).

Marie Rime (Suisse).

Marleen Sleuwits (Pays-Bas).

Osma Harvilahti (Finlande).

Virginie Rebetez (Suisse).

LE JURY :


Steve Hiett, photographe, Paris — President du Jury


Manish Arora, créateur de mode, New Dehli / Paris


Stacey Baker, éditrice photo, The New York Times Magazine, New York


Michel Gaubert, illustrateur sonore, Paris


Clare vander Meersch, membre fondateur de la Fondation Magenta, Toronto


Mutsuko Ota, directrice de la publication IMA magazine, Tokyo


Damien Poulain, directeur de création et éditeur, Oodee, Londres


Cathy Rémy, directrice photographie adjointe, Le Monde M, Paris


Brett Rogers, directrice, The Photographers' Gallery, Londres


Oliver Sieber, photographe, Düsseldorf


Andreas Wellnitz, éditeur visuel et consultant magazine, Berlin  

Le festival d'Hyères vient tout juste de commencer et le soleil brille sur la Villa Noailles ! En ce moment, les dix créateurs présentent leur collections au jury du Grand Prix mode...

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...En parallèle, les photographes et les artistes exposants finissent les dernières retouches de leurs installations avant l'ouverture au public. Le jury du Grand Prix de la Mode 2014 est composé de :

 

Carol Lim et Humberto Leon, présidents du jury.


Maurizio Cattelan, artiste et membre fondateur de TOILETPAPER, à qui l’on doit notamment nos campagnes automne-hiver 2013 et printemps-été 2014.


Pamela Golbin, commissaire générale Mode et Textile des Arts Décoratifs de Paris


Spike Jonze, réalisateur américain et ami de la maison.

 

 

Jay Massacret, Senior Fashion Editor des magazines V et Vman et collaborateur de KENZO.


Jaime Perlman, directrice artistique du British Vogue.


Chloë Sevigny, actrice et amie de la maison.

Carol Song, directrice des achats d’Opening Ceremony, prestigieuse enseigne fondée par nos directeurs de création en 2002.

 

Eric Wilson, directeur mode du magazine InStyle US.

 

 

Rencontrez les 10 finalistes en lice pour le concours mode ici. 

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