Tête à tête avec Vanessa Torres - Kenzine, le blog officiel de Kenzo

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La culture skate et la ville de Los Angeles sont deux éléments indissociables dont KENZO s’est inspiré à de nombreuses reprises.

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Elle a été célébrée à travers nos collaborations avec Vans, avec un modèle emblématique de skate – les « Era » - revisitées à coup d’imprimés multicolores issus de nos différentes collections.


En novembre dernier, c’est dans le légendaire skatepark indoor « The Berrics » que nous avons lancé notre nouveau sac Kalifornia. Pour l’occasion un crew de skateuses a assuré le show en ridant la table du dîner,  transformée en un clin d’œil en module.
Cette saison, vous pouvez d’ailleurs découvrir les spots préférés de l’une d’elle - Vanessa Torres - dans son interview pour Kenzine.

Plage, surf et sable viennent immédiatement en tête quand on pense à la Californie, principale inspiration de KENZO cette saison.  Guillaume Le Goff présente la deuxième partie de son liste des meilleurs films de surf. 

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"Lords of Dogtown" (2005)

 

« Ils sont partis de rien pour tout changer… » C’est un fait, il y a un avant et un après les Z Boyz. « DogTown & Z-Boyz » (2001) était au départ un documentaire sur la naissance du skate dans une période où la culture dominante était celle de la plage et du surf, plus précisément à Venice Beach (c’est-à-dire « Dogtown ») et Santa Monica. Le documentaire a été réalisé par Stacy Peralta et est narré par Sean Penn. Il contient aussi des contributions originales de Craig Stecyk, le co-fondateur de Zephyr Skate et Glen E. Friedman, le photographe légendaire.
Le film brillamment réalisé rencontra un énorme succès dans le monde. Il évoque l’émergence du skate dans le Dogtown des années soixante-dix et le rôle dominant des « héros locaux du surf et du skate », tels que Jay Adams, Tony Alva et Stacy Peralta de la Zephyr skateboard Team, surnommés les Z Boys. Aux côtés de Skip Engblom, le créateur de planches et manager de la Zephyr Team, ces pionniers ont vraiment établi la transition entre le surf et le skate et ils ont contribué à rendre le surf populaire en ridant dans la rue, les cours d’école et bien sûr, toutes ces piscines vides californiennes, véritable terre promise pour les skaters.
« Les seigneurs de Dogtown » (2005) a été réalisé par Catherine Hardwicke et écrit par Stacy Peralta. Il est basé sur les faits réels. Avec une pincée de drame tout hollywoodien, un scénario habile et une bande-son incluant Neil Young, David Bowie et Black Sabbath, le film a permis de faire connaître la genèse du skate californien à des millions de gens à travers le monde.
 

 

 

"Chasing Mavericks" (2012)

 

Également inspiré d’une histoire vraie, « Chasing Mavericks » est le blockbuster de surf le plus récent d’Hollywood. Jay (James) Moriarty est sauvé de la noyade à huit ans par Frosty Hesson, un big wave rider. Frosty Hesson devient quelques années plus tard le mentor de James et l’entraîne à dépasser ses limites pour arriver à réaliser le rêve de sa vie : surfer Mavericks, un spot de surf légendaire dont personne ne croit à l’existence. Mavericks est l’une des plus grandes vagues de la planète, créée une fois par décennie par la houle dans le Nord de la Californie à Half Moon Bay près de Santa Cruz, en Californie. Après des mois d’une préparation intense physiquement et émotionnellement, un jour, la vague arrive. Devant un large public qui s’est rassemblé sur la plage ou sur des bateaux pour l’occasion, James, après un wipeout mémorable lors de son premier essai, dont la photo finie en couverture de Surfer magazine, arrive à remonter sur sa planche et parvient à conquérir Mavericks alors qu’il n’a que 16 ans à peine. Sa légende vit maintenant pour toujours.
 

 

 

"Endless Summer" (1966)

 

Référence incontournable dans le genre du film de surf, « Endless Summer » a fait connaître la véritable expérience du surf à un public plus large et a inspiré la naissance du surf lifestyle, véritable phénomène : faire le tour du monde pour rider et avoir le plaisir d’être sur la plage, au soleil, avec sa bande d’amis.
Pour la première fois à l’écran, le réalisateur et narrateur Bruce Brown, qui est lui-même un surfer californien passionné, suit deux jeunes surfers locaux, Mike Hynson et Robert August, désireux de faire l’expérience d’un été sans fin, à la recherche de la vague parfaite. Pour réaliser leur rêve, ils se rendent dans de nouveaux spots de surf, la plupart d’entre eux n’ayant jamais été vus et ni ridés par personne : ils voyagent au Ghana, à Tahiti, en Australie, en Nouvelle Zélande ou à Cape Town, au célèbre Cape St. Francis. Au cours de leurs périples, ils embarquent avec eux des figures de surf célèbres tels que Rodney Sumpter et Nat Young, tout comme des héros locaux, qui deviennent leurs amis pour la vie. À sa sortie, le film fut décrit par le Time magazine comme « une ode brillante au soleil, au sable et au surf », tandis que le New Yorker le décrivit comme « un film brillant et parfait ». Avec une bande son originale par The Sandals, ce film est souvent considéré comme le meilleur film de surf de tous les temps ; c’est une clef pour comprendre la culture du surf et, plus important encore, pour se réchauffer le cœur.
 

 

 

"One California Day" (2007)

 

En opposition à la tendance des documentaires de surf qui se focalisaient sur des destinations de plus en plus branchées, « One California Day » regroupe des histoires, des expériences et des spots de surf, qui ensemble forment un film divertissant, réalisé par Mark Jeremias et Jason Baffa, qui sont tous les deux nés en Californie et y ont grandi. Filmé sur une pellicule couleur en 16mm, le film révèle des endroits merveilleux tels que Crescent City au Nord d’Imperial Beach dans le Sud près de San Diego. Pour Jeremias et Baff, il n’y a pas besoin d’aller bien loin pour faire l’expérience de la liberté et de la joie qu’offre le short ou le long board. Les plages californiennes et les spots le long de ses côtes, avec ses gens charmants, ses traditions et son histoire originale, offre tout ce qui est nécessaire pour ceux qui cherchent à passer une bonne journée de surf. Filmé avec les excellents surfeurs Joe Curren, Lance Carlson, Alex Knost et Joel Tudor, ils ont même réussi à attaper un Big Wednesday historique, celui de la décennie, dans le Nord. Ainsi, cette journée passée en Californie est absolument parfaite.
 

 

"Little Victories"(2013)

"Little Victories" est un film de surf de 30 minutes réalisé par Perry Gershkow, un réalisateur de Marin Couty en Californie, qui nous emmène le long de la côte dans le nord de la Californie, à la recherche de nouveaux territoires à explorer. C’est un film à la fois simple et joyeux. Ici, chaque vaque conquise est une « petite victoire » pour les protagonistes, un groupe d’amis proches qui vivent pour le surf et qui ont un style cool et de super tricks, comprenant des rippers locaux tels que Tyler Payne, Colin Dwyer, Bryce Adams and Jordan Stern. Regardez cette œuvre pleine d’humilité, prenez le temps d’apprécier sa vibe magnifique et sa bande-son rock géniale. Il y aura alors de grandes chances que vous pensiez à réserver un billet pour Santa Cruz ou San Francisco pour voir enfin cette folie douce de vos propres yeux.

 

Aussi à régarder :


"Thicker Than Water" (2000)

"Momentum" (2001)

"Step into Liquid" (2003)

"A Broke Down Melody" (2004)

"These are Better days" (2004)

"The Seedling", "Sprout", "The Present" (2007-2009)

"Stoked & Broke" (2010)

"The Ductumentary" (2013)

"Secret Sound" (2013)
 

 

 

 

 

 

 

Carol et Humberto se sont inspirés de leur Californie natale pour les collections printemps-été. Afin de définir l’essence de la cet Etat mythique, nous sommes allés à la rencontre de Californiens pur jus. Vanessa Torres fait partie des premiers noms qui nous sont venus à l’esprit. C’est l'une des meilleures skateuses professionnelles au monde et c’est une pionnière car elle est la première femme à avoir gagné une médaille aux X games. Elle a exercé ses talents pour Kenzo à l’occasion de la soirée de lancement Kalifornia à LA en automne dernier. Elle nous parle aujourd’hui de son point de vue sur la culture Californienne et de son influence sur le skate. 

 

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KENZINE: Tu es née et tu as grandi en Californie ? 
Vanessa Torres: Je suis née à Anaheim et j’ai grandi à Buena Park. Je connais bien  la Californie du Sud et un peu le Nord de l’État. 

 

K: Comment as-tu commencé le skate ? 
V. T.: Quand j’étais petite, je n’aimais pas trop traîner avec des filles. J’étais plutôt du genre à faire les quatre-cents coups avec les garçons du quartier, qui avaient une grande influence sur moi. C’est grâce à eux que j’ai eu envie d’avoir ma première planche. J’ai toujours été plutôt sportive, donc lorsque les garçons du groupe ont commencé à faire du skate, j’ai demandé ma première planche pour Noël. J’avais douze ans. Après ça, j’allais skater tous les jours après l’école jusqu’à ce que j’en puisse plus. La plupart des garçons avec qui j’ai grandi ont fini par abandonner, mais moi j’ai continué. Sur ma planche, je me suis toujours sentie en paix et en phase avec moi-même. 

 

K: Est-ce que tu penses que c’est parce que tu as grandi en Californie que tu skates ? Est-ce que cela fait partie du mode de vie là-bas ? 
V. T.: Je suis persuadée que oui. Il fait beau 365 jours par an. En Californie, si tu ne skates pas, tu surfes, ou les deux. Où que je regarde, il y a un gamin sur une planche. C’était le cas avant, ça l’est encore maintenant. Le skate a toujours été important ici. 

 

K: Il paraît que tu habites entre San Francisco et San Diego… Pourquoi vivre entre deux villes ? 
V. T.: Après avoir quitté la maison à l’âge de 17-18 ans, j’ai passé beaucoup de temps sur la route. San Francisco et San Diego sont deux villes formidables pour le skate. À cette époque, j’avais cette chance de pouvoir voyager grâce à ma passion. J’ai rencontré des tas de gens géniaux et j’avais envie de tout vivre et donc j’ai habité dans deux villes. J’adorais passer du temps à San Diego parce que c’est près de l’océan et qu’il y fait toujours beau ; on peut y skater toute l’année ; l’expérience du skate à San Francisco est complètement différente pour tout ce que la ville a à offrir : ses collines, son paysage urbain… Ca pousse à être créatif, parfait pour faire des photos ou des vidéos ! 

 

K: Le skate est né en Californie et y a connu ses principales révolutions. Comment expliques-tu cela ? Est-ce que cela pourrait s’expliquer par un environnement particulier ? 
V. T.: Tout est lié à la plage et du surf. Le skate est né quand il n’y avait pas assez de vagues et que les surfeurs avaient besoin de vivre leur expérience autrement. C’était comme « surfer sur l’asphalte » au début et ça n’a fait qu’évoluer grâce à cet infini béton et au perpétuel beau temps californien. 

 

K: Comment décrirais-tu la façon de skater en Californie ? 
V. T.: A mes yeux, le monde du skate et sa culture autour sont très riches. Il y a les skateurs qui sont excellents en technique, ceux qui font surtout de la rampe ou des transitions… J’ai l’impression que tu t’habilles selon la manière dont tu vis le skate. Je trouve que la plupart des skateurs qui ont grandi en Californie sont assez cools, funs, et sociables. 

 

K: Et la scène musicale des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, qui a aussi défini la culture skate ? 
V. T.: Pour être honnête, je suis née en 1986 et je ne me suis pas mise au skate avant la fin des années quatre-vingt-dix ou le début des années deux mille. Quand je pense à la musique de cette époque, elle est dominée par Fugazi, Bad Brains et les Beastie Boys. Je me souviens de grosses sessions skate : un jardin, une piscine vide, un groupe de punk qui joue… 

 

K: Qu’est-ce que les skateurs portaient à l’époque ?  
V. T.: On portait ce qui était confortable pour skater, et c’est devenu comme un uniforme. Pour les chaussures, des Vision Street Wear et des Vans. De nos jours, la mode associée au skate a évolué, les pantalons sont plus près du corps et la musique change en permanence. Il n’y a plus vraiment d’uniforme. Chacun a son propre style et la musique qu’il préfère. J’aime assez les pantalons en velours côtelé et les jeans bruts. Quand je skate, je porte un pantalon en velours côtelé Free People, un t-shirt vintage, et la plupart du temps des Vans aux pieds. 

 

K: Qui était ton idole étant plus jeune ? 
V. T.: Avant même de savoir que les filles pouvaient skater, j’admirais énormément Rick McCrank et Brian Anderson. J’ai tout de suite compris comment le style et la créativité pouvaient s’exprimer sur une planche. Quand j’ai découvert Elissa Steamer et Jaime Reyes, je me suis rendue compte qu’il y avait une vraie place prometteuse pour les femmes dans l’industrie du skate, et j’ai encore eu plus envie de me donner à fond. 

 

K: Tu as été la première femme à avoir une médaille aux X Games. Est-ce que tu dirais que c’est dur pour une fille de s’imposer dans ce milieu ? Est-ce que tu te vois avant tout comme une skateuse ou comme « une fille qui fait skate »? 
V. T.: Je me vois d’abord comme une skateuse. Le skate, c’est une forme d’art, un moyen d’expression. J’ai toujours considéré le skate ainsi. Que tu dévales la rue ou que tu enchaînes des figures dans un skate park, ça reste du skate et ça n’a rien à voir avec ton sexe. Ca a toujours été difficile pour les femmes et cela continue de l’être. Je crois qu’une des raisons principales est que notre progression est sans cesse comparée à celle des hommes. Les hommes skate depuis plus longtemps que nous et je pense que nous commençons à laisser notre empreinte. Il faut que les femmes s’imposent davantage dans la culture skate pour montrer que nous en faisons partie et que nous en sommes capables. Nous formons une classe à part entière. Nous progressons, nous nous améliorons. Le skate féminin a connu de grands moments ces dernières années. C’est phénoménal que les ESPN / X Games aient inclus un événement de skate de rue féminin et que ce dernier ait perduré ces dix dernières années. Le magazine de skate THRASHER a récemment diffusé une vidéo de Lacey Barker qui était dingue. Mais de toute façon nous devons continuer à travailler très dur pour que les médias s’intéressent à nous, pour que les meilleurs magazines de skate et les sites internet fassent des sujets sur nous, pour qu’il y ait une progression. 

 

K: Que penses-tu de l’influence de la culture skate sur la mode actuellement ? 
V. T.: Le skate est plus populaire que jamais, donc cela devait arriver. Je pense que  la plupart des marques qui s’inspirent de la culture du skate pour vendre leurs produits devraient faire attention à bien représenter ce qu’est vraiment l’essence du skate. C’est une forme d’art. Si une marque veut en faire partie, elle devrait le faire avec sincérité et chercher à collaborer avec de vrais skateurs et à contribuer ainsi à notre culture. 

 

K: Est-ce qu'aujourd'hui tu aimes autant le skate que lorsque tu es passée pro en 2000 ? 
V. T.: Ma passion pour le skate est restée intacte, elle ne fait que s’intensifier jour après jour. J’apprécie d’autant plus de faire du skate en ce moment que je n’ai aucun contrat à honorer. Je peux faire du skate quand je veux, je n’ai pas de pression ni de date butoir, ce qui est le cas quand on skate pour une grande marque.  

 

K: Tu as une vie sans trop d'attaches, qu’est-ce que tu aimerais faire que tu n'aurais pas eu encore le temps de faire ? 
V. T.: Le skate m’a apporté tellement de choses pendant toutes ces années. J’ai eu la chance de pouvoir voyager en Europe et en Australie de nombreuses fois. J’ai eu l’opportunité de faire du skate dans les endroits les plus prestigieux de la planète. J’ai rencontré des gens formidables. Mais j’ai encore plein de choses à faire. Sauter en parachute a l’air top, ou partir en sac à dos à l’aventure dans une forêt exotique. Je n’ai que 27 ans, donc j’espère avoir encore le temps d’accomplir tout ce à quoi j’aspire dans la vie. 

 

K: Quel est ton prochain voyage ? 
V. T.: Actuellement, Je prépare un voyage au Mexique à Tijuana et Rosarito avec une de mes amies et son organisation caritative appelée Poseidon Foundation. Le but principal de cette fondation est d’inciter les jeunes à poursuivre leurs rêves, que ce soit faire du skate ou n’importe quoi  d’autre. Nous allons skater avec les locaux et organiser des concours de tricks, en faisant gagner des accessoires de skate. L’idée est de venir avec notre énergie positive et d’apporter de bonnes vibrations. 

 

K: Le skate park de Venice Beach est connu dans le monde entier, quels sont tes autres spots fétiches en Californie ? 
V. T.: Le Brooklyn Projects Skate shop pour lequel je ride à LA a une super minirampe. J’adore y aller avec un bon groupe de potes. Je passe aussi beaucoup de temps à Long Beach. Long Beach a beaucoup d’endroits prévus pour faire du skate, avec beaucoup de parcs en ville, tels que Houghton Park et Cherry Park, avec un spot improvisé par les skateurs. La baie de San Francisco a aussi plein de parcs super, à Potrero, Berkeley et Sunnyvale entre autres. Il y a tellement de nouveaux parcs tout le temps que la liste est longue !